L’homme aux mille peaux: entre silences, confidences et vengeances

Ronald Lavallée, L’homme aux mille peaux
Ronald Lavallée, L’homme aux mille peaux, roman, Montréal, Éditions Fides, 2026, 320 pages, 32,95 $.
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 30/09/2026 par Paul-François Sylvestre

Dans son nouveau roman intitulé L’homme aux mille peaux, l’auteur franco-manitobain Ronald Lavallée nous invite à découvrir un Ouest nord-américain et canadien où se confondent rêve de liberté et désir de justice.

L’histoire se déroule entre 1876 et 1897, mais pas de façon linéaire. Si la fin d’un chapitre annonce souvent une suite logique, nous plongeons presque toujours vers un autre temps, un autre lieu, un autre personnage.

Les flash-backs sont nombreux et déroutants. Nous naviguons constamment entre silences, confidences et vengeances.

Chasseur de bisons

L’intrigue nous fait connaître Isidace Lagrâce, dit Couteau, un ancien chasseur de bisons ruiné par la trahison de son associé, et Léo Galli, un ex-policier new-yorkais. Les deux hommes sont unis par une même quête de justice.

Bon an, mal an, Couteau a jadis tué un millier de bisons, d’où le titre du roman.

Publicité

Son univers gravite autour de la rivière Rouge, un cours d’eau d’environ 880 km en Amérique du Nord, qui prend sa source au Dakota du Nord et au Minnesota, puis coule vers le nord à travers l’Ouest canadien pour se jeter dans le lac Winnipeg au Manitoba.

Couteau, le surnom d’Isidace Lagrâce, fait allusion à l’outil dont il se sert pour égorger les bisons. Le romancier écrit que «cette belle pièce […] rappelait l’Ouest d’antan».

Le rivière Rouge du Nord

La rivière Rouge du Nord constitue le royaume de Couteau. Pour lui, les pays lointains se résument au Massachusetts, au Delaware ou au Rhode Island. «Au-delà de la Rouge, il ne connaissait rien, il était perdu.»

La lecture de L’homme aux mille peaux m’a été recommandée par un relationniste des Éditions Fides. J’ai apprécié son geste qui m’a fait connaître Ronald Lavallée, un pilier de la littérature franco-manitobaine. Je n’ai cependant pas été séduit par l’intrigue trop disparate à mon goût.

Couteau reste néanmoins attachant. Cet homme ne songe qu’à «rentrer chez lui, bâtir une maison, une tannerie, un commerce de cuirs fins. Vivre en « considéré ». […] Devenir un okimaw, un gros bonnet.»

Publicité

Vous vous doutez bien que de nombreux obstacles parsèmeront son chemin pour atteindre un tel rêve. De quoi ciseler plus de 300 pages.

Magnifiques protagonistes

Lavallée excelle dans la description détaillée de ses protagonistes: visage cicatrisé, cheveux graisseux, vêtements en lambeaux, bottes rafistolées, allure méfiante ou défiante. Regard, soupir, rot, râle, rien ne semble lui échapper.

Ce style pénétrant se reflète aussi dans le nature writing ou l’esquisse des grands espaces sauvages.

Voici quelques exemples de comparaisons colorées: «les hommes pullulent comme des moustiques… le bonheur lui assénait un grand coup de crosse en plein front… les tuniques blanches comme des hosties… les serveurs glissent autour d’eux comme des hirondelles sur un étang…»

L’homme aux mille peaux oscille entre le roman d’aventures et le polar historique. Lavallée aime nous présenter des personnages dans la peau de joueurs qui, réduits à leur dernière mise, sont toujours étonnés quand les cartes les trahissent.

Publicité

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

    View all posts
  • l-express.ca

    l-express.ca est votre destination francophone pour profiter au maximum de Toronto.

    View all posts

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur