Lettre d’une prisonnière imaginaire à un prisonnier fictif

Janine Messadié, Lettre à Tahar Ben Jelloun
Janine Messadié, Lettre à Tahar Ben Jelloun, récit épistolaire, 2021, éditions L'Interligne.
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La journaliste Janine Messadié, dont se souviennent les auditeurs de Radio-Canada à Toronto et les lecteurs de l-express.ca, écrit depuis longtemps ses états d’âme et commentaires inspirés par l’actualité, mais ne les avait jamais «sorti du tiroir».

Elle a choisi de le faire, en ce début de 2021, dans un «récit épistolaire», une Lettre à Tahar Ben Jelloun d’une cinquantaine de pages, publié aux éditions L’Interligne.

Destinataire collectif

«Derrière ce destinataire unique se cache un destinataire collectif», explique-t-elle. «C’est une correspondance ouverte dans laquelle je révèle ma vérité, mais aussi celles des autres et du monde qui nous entoure: sa beauté, sa grandeur, sa misère, sa douleur…»

C’est d’ailleurs plutôt une lettre poétique «inspirée de» Tahar Ben Jelloun: un hommage au célèbre écrivain franco-marocain, dont le roman Cette aveuglante absence de lumière l’a particulièrement touchée.

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Tahar Ben Jelloun, Photo: Claude Truong-Ngoc, Wikimedia Commons

Prison secrète

Le roman raconte l’horreur du bagne de Tazmamart, une prison politique secrète dans les monts Atlas au Maroc, construite en 1972 et fermée en 1991.

Janine Messadié est frappée par la sérénité du prisonnier dans son environnement inhumain.

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«J’étais entrée dans votre livre, Tahar, pour oublier quelques instants l’absurdité de l’existence, et j’ai été happée par une absurdité encore plus terrifiante, la négation absolue de l’homme, consentie, vénérée et appliquée par d’autres hommes.»

Besoin d’écrire

C’est aussi une histoire qui a stimulé son besoin d’écrire. Son texte est émaillé de commentaires comme «dans la solitude, j’existe par l’écriture», «l’écriture apaise la douleur», ou encore «je reprends l’écriture comme on prend l’avion ou le train après une longue absence».

C’est donc écrit à la première personne, au «je», et le titre était décidé depuis longtemps, dit-elle. Mais ce n’est pas une «lettre» qui attend une réponse. Janine Messadié cite d’ailleurs quelques extraits d’ouvrages de Tahar Ben Jelloun, évidemment davantage à notre intention qu’à la sienne.

La journaliste, qui vit maintenant à Ottawa, est attristée que «des événements douloureux se perpétuent d’une époque à l’autre», notamment dans le monde arabe où elle est née (au Caire). Comme si le roman de Tahar Ben Jelloun restait d’actualité…

Janine Messadié participera au Salon du livre de Toronto le dimanche 21 février à 13h.

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