L’état d’esprit du voyageur urbain

Mini-balades pour les curieux de Toronto

Une trottinette matinale dans le quartier Leslieville. Photos: Nathalie Prézeau
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Il y a quelques années, je me suis lancée dans un défi amusant, le Morning Walk Project, sans savoir qu’il me préparait à la période de déplacements limités que nous vivons présentement.

Pendant tout un mois, j’ai quitté la maison tôt le matin pour marcher durant une heure. Je m’étais donné comme consigne de ne jamais emprunter la même boucle deux fois, prenant chaque matin un chemin différent.

Errance

On marche en moyenne un kilomètre en 15 minutes, soit 4 km/h. J’ai donc exploré plus de 124 kilomètres de rues et ruelles autour de mon quartier, dans l’Est de la ville.

Observant tous les détails sous mes yeux, dans les jardins, sur les clôtures, sur les murs, aux fenêtres des habitations, sans agenda, par curiosité, pour le pur plaisir ludique de découvrir, dans le moment présent. Bref, j’étais entièrement dans l’état d’esprit du voyageur.

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Les gens ont tendance à marcher le long des trottoirs bordés de commerces. Le lèche-vitrine est attirant. Or, Toronto regorge de ruelles, peu fréquentées (surtout en dehors des heures de commerce, qui permettent de se délier les jambes tout en assurant la distanciation voulue.

C’est maintenant le bon temps d’explorer celles de votre quartier. (Voir la galerie complète de l’article pour vous inspirer.)

Le côté intime de la ville

Qui dit ruelle dit cours arrière des voisins. Si on ose moins avec la façade de notre demeure, on prend beaucoup plus de libertés avec cour et balcon arrière. Se balader dans les ruelles offre donc un regard plus intime sur les gens de notre quartier.

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Pour certains, la cour est un fourre-tout, où l’on accumule pêle-mêle vieux meubles de jardin, projets de réparation abandonnés, et recyclage qu’on n’a pas encore réussi à écouler. Pour d’autres, elle est une extension de la maison, offrant une pièce supplémentaire pour relaxer et recevoir.

Curiosités

Dans tous les quartiers de Toronto, devant ou derrière les habitations, artistes et rigolos s’expriment.

Parmi les curiosités les plus amusantes ou intrigantes que j’ai eu la chance d’observer dans mon coin: le petit comique qui a donné un gros sourire à son tournesol, l’enseigne Closed tricotée du marchand de laine, la collection de couvertures de presse du vieux barbier local, la chaise balançoire suspendue au grand érable mature.

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Et un peu partout, l’art de la rue, sous forme de graffiti, de murales et d’auto-collants. L’art public et les sculptures privées ajoutent aussi au plaisir de la marche.

De plus, ici et là, en bonus, des enseignes et affiches qui parlent aux passants, parfois même en français. L’exaspéré «If you did not plant it, do not pick it» dans un bosquet de fleurs. L’encourageant «Happy days are here again» près d’un centre de services sociaux. «Education is important but coffee is importanter» près d’un café. «Je ne regrette rien» sur un lampadaire.

Arbres et clôtures

La vitalité de la nature urbaine est manifeste, le matin, quand le soleil levant fait flamboyer les fenêtres et les oiseaux se réveillent dans les buissons.

Souvent, les arbres prennent de l’expansion en s’incrustant dans les clôtures et laissant leurs racines déborder sur les trottoirs.

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Il y a aussi les petits bouts de terrains exploités au maximum par des jardiniers talentueux, et les nombreux parcs de quartier, propres à Toronto.

La vitalité urbaine

Puis, il y a la vitalité de la ville même, en constante évolution. Sur les murs, je vois des traces de fenêtres disparues, de maisons envolées. Entre les maisons, on découvre des raccourcis permettant aux marcheurs d’arriver plus rapidement à l’artère principale, ou à l’école locale.

J’ai vu un terrain privé offert en jardin public en hommage à un ancien résident (au 53 Allen Avenue dans Riverdale). Un cimetière caché (Holy Blossom, le premier cimetière juif de Toronto sur Pape Avenue au sud de Gerrard). Dans Riverside, un arbre immense coupé dans le petit terrain de jeu McCleary a été transformé en meubles pour ses visiteurs (au 75 McGee Street).

En cours de route, on a bien entendu le plaisir d’admirer de jolies façades et de beaux éléments architecturaux.

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La vie de quartier

Les urbanistes s’entendent pour dire que la qualité de vie est maximale quand on trouve tout ce dont on a besoin en dedans de 15 minutes de marche ou de vélo de notre logis.

Je croyais bien connaître mon quartier, mais mon projet m’a fait découvrir tous les commerces et services que j’avais manqués. J’ai pris d’innombrables notes mentales lors de mes explorations.

Par exemple, j’ai découvert un artisan qui fabriquait des bâtons de marche avec des branches, qu’il affichait depuis son balcon privé. J’ai localisé un sculpteur offrant des cours dans son atelier et un forgeron. J’ai remarqué un rembourreur aux vitrines démentes et un fabricant de meubles friand d’art de la rue.

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Partout dans nos quartiers foisonnent une myriade de détails nous livrant un petit aperçu dans la vie des gens qui forment une communauté. Une belle façon de voyager, qui ne coûte rien.

La chronique d’aujourd’hui est un complément au dernier guide de marche de l’auteure locale Nathalie Prézeau: Toronto BEST Urban Strolls que vous pouvez vous procurer sur amazon.ca ou en communiquant directement avec l’auteure à [email protected]. Vous pouvez faire un pick-up au 299 Booth Avenue et l’auteure livre dans Toronto.

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