Les politiques culturelles au Québec: pas prioritaires avant 1976

Fernand Harvey, Histoire des politiques culturelles au Québec
Fernand Harvey, Histoire des politiques culturelles au Québec, 1855-1976, essai, Québec, Éditions du Septentrion, 2022, 444 pages, 44,95 $.
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L’encadrement politique de la culture au Québec suit un parcours assez tortueux. Il n’y a pas eu de ministère des Affaires culturelles avant 1961, alors qu’un ministre s’occupait de culture en Ontario à partir de 1946. Fernand Harvey s’est donné comme mission de retracer l’Histoire des politiques culturelles au Québec, de 1855 à 1976.

L’auteur souligne, au départ, que le gouvernement du Québec n’est pas le seul acteur dans le champ culturel. «Il doit tenir compte de l’Église catholique qui a défini sa propre politique culturelle et éducative.»

La communauté anglophone dispose pour sa part de moyens importants pour financer les arts.

Pas prioritaires avant le PQ

Jusqu’à 1961, les arts, les lettres et le patrimoine occupent une place marginale dans l’ensemble des priorités du gouvernement. Ce sera à partir de René Lévesque qu’une nouvelle ère politique s’installera.

L’essai ne couvre pas cette période, seulement de 1855 à 1976, année de la première élection du Parti québécois.

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Il est évidemment impossible de couvrir chaque tranche d’histoire, chaque gouvernement, dans une brève recension.

Programme de livres dans les écoles

Je signale toutefois que les premières initiatives, à partir de 1855, incluent le programme de livres de récompense dans les écoles, la sauvegarde des archives de la Nouvelle-France et l’enseignement public des beaux-arts par la voie de l’industrie.

Entre 1892 et 1897, les gouvernements conservateurs coupent dans la culture. Entre 1897 et 1905, l’action des gouvernements libéraux équivaut à «un rendez-vous manqué avec la culture».

La vision de Louis-Athanase David

Il faut attendre l’arrivée de Louis-Athanase David, secrétaire de la province (1919-1936), pour l’élaboration d’une «vision culturelle d’ensemble pour l’avenir de la société canadienne-française de son époque».

Sous Maurice Duplessis, premier ministre de 1935 à 1939, puis de 1944 à 1959, la mission culturelle de l’État retient moins l’attention si on s’arrête uniquement aux données du budget de la province.

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Fernand Harvey souligne toutefois que Duplessis distribuait de l’argent «à titre d’encouragement aux arts et aux lettres», selon l’expression de l’époque… Aux amis du parti si on lit entre les lignes.

Retard du Québec sur l’19Ontario

Il est intéressant de noter le retard incroyable du Québec par rapport à l’Ontario dans le développement des bibliothèques publiques.

Cela s’explique non seulement par le manque de volonté politique, mais «par le barrage idéologique de l’Église catholique qui voulait en contrôler le contenu». Le rattrapage ne date que des années 1980.

Pour arriver à une politique culturelle formelle, il aura fallu un Livre blanc de Pierre Laporte (jamais rendu public) et un Livre vert de Jean-Paul L’Allier (1976). Cette période demeure le point de départ des politiques culturelles générales et sectorielles qui vont se développer au cours des décennies ultérieures.

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