Les mushers du Yukon: une passion plus grande que nature

mushers traîneaux à chiens Yukon
Les chiens Hobbit et Hermione, Bison et Gamine (rangée de gauche), Hug et Hazel, Inshala et Huslia (rangée de droite). Photo: Florian Boulard
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Bien que la pandémie ait forcé l’annulation de la traditionnelle course de traîneaux à chiens Yukon Quest et a un impact majeur sur l’industrie du tourisme, la passion des mushers est toujours aussi vibrante.

Que ce soit pour participer à des courses, pour organiser des tours pour les touristes ou simplement pour faire des sorties personnelles sur les pistes près des chenils, l’univers des mushers yukonnais est très vaste… comme le territoire.

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Musher: «bien plus qu’un sport» selon Marcelle Fressineau, propriétaire d’Alayuk Adventures à une trentaine minutes de Whitehorse. Photo: Chrystelle Houdry

Sport et mode de vie

Être musher va bien au-delà de la pratique sportive. «Ce n’est pas un sport comme les autres, c’est plutôt un mode de vie, car nous partageons tous les instants avec nos chiens, pas seulement les moments de compétition ou d’activité», explique d’entrée de jeu Marcelle Fressineau, musher et propriétaire d’Alayuk Adventures depuis 2007.

La relation qu’elle entretient avec ses chiens est très précieuse. «Je les côtoie depuis leur naissance et je partage avec eux leur progrès. J’en ai fait mon travail parce que c’est gratifiant de faire ce que l’on aime et de le partager», explique-t-elle.

Chrystelle Houdry abonde dans le même sens. D’abord ingénieure de formation, elle a quitté sa vie de bureau en France pour venir s’établir au Yukon en 2008.

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Depuis, elle est devenue une musher et en a fait une véritable passion, ayant elle aussi possédé à un moment une entreprise dans ce domaine.

«J’aime ça parce que ce n’est jamais la routine. Il y a une part de routine, mais chaque jour est une aventure. Chaque jour on apprend des choses. On apprend toujours quelque chose en travaillant avec les animaux et les chiens!», s’exclame-t-elle.

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Chrystelle Houdry compte bientôt participer à sa deuxième course de chiens de traîneau, d’une distance de 56 km. Photo: courtoisie Chrystelle Houdry

La Yukon Quest annulée

En septembre dernier, la Yukon Quest International Association (YQIA) a pris la difficile décision d’annuler la 38e édition de cette course internationale. Se déroulant entre Fairbanks et Whitehorse, elle devenait impossible à réaliser cette année en raison de la pandémie.

«La Yukon Quest s’appuie fortement sur des bénévoles et des vétérinaires de partout au Canada et aux États-Unis et, avec des restrictions de voyage en place, il aurait été extrêmement difficile d’organiser une course qui offre le même niveau de soutien que celui auquel nous sommes habitués», explique Josi Leideritz, directrice générale de la YQIA.

L’aspect du financement par l’entremise des commanditaires était également à considérer. «Beaucoup de nos merveilleux commanditaires et supporteurs ont eux-mêmes traversé des moments difficiles cette année et n’auraient pas pu nous soutenir dans la même mesure», ajoute-t-elle.

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Déçue de l’annulation de la Yukon Quest, Marcelle Fressineau participera cependant à la course de 400 km entre Pelly Crossing et Whitehorse qui se tiendra le 23 février 2021.

La prolongation possible de la fermeture des frontières pourrait cependant venir brouiller ses plans pour la suite des choses. «J’ai aussi l’intention de participer à l’Iditarod en Alaska au début mars, mais il reste encore beaucoup d’incertitudes concernant la frontière avec les États-Unis», explique-t-elle.

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Chrystelle Houdry est arrivée quatrième à la course yukonnaise Carbon Hill, d’une distance de 16 km. Photo: courtoisie Chrystelle Houdry

Escortée par des caribous!

D’autres courses demeurent néanmoins réalisables sur le territoire yukonnais.

Chrystelle Houdry s’était d’ailleurs donné comme résolution cette année de participer à une course, ce qu’elle vient tout juste de réaliser en participant à la Carbon Hill, d’une distance de 16 km. «J’étais super fière parce qu’on a vécu une magnifique aventure avec mes six chiens de course», raconte-t-elle.

Escortés pendant un certain moment par des caribous et bénéficiant d’une luminosité splendide, elle et ses chiens ont obtenu une quatrième position. Forte de cette première expérience, elle s’est déjà inscrite à sa seconde course, la Silver Sled, d’une distance de 56 km, qui aura lieu le 23 janvier prochain.

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La musher ajoute également qu’elle attend encore avant de s’inscrire à la Percy DeWolfe, une course historique au Yukon qui est réservée aux équipes locales cette année. «Il y aurait plus de chances que je m’inscrive si j’avais des commanditaires», commente-t-elle.

Malgré l’annulation de certaines courses, le fait de vivre au Yukon s’avère un avantage pour un musher. «Les frontières sont fermées, mais on a quand même un grand territoire au Yukon où l’on peut s’amuser avec nos chiens. On est chanceux», s’enthousiasme Chrystelle Houdry.

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Le vaste territoire du Yukon permet aux mushers de continuer à pratiquer leur sport durant cette période difficile. Photo: Chrystelle Houdry

L’industrie touristique chamboulée

Au fil des années, Marcelle Fressineau a remarqué d’importants changements dans sa clientèle. Alors qu’il y a 25 ans, les clients aventuriers désiraient faire des expéditions de plusieurs jours et passer la nuit en forêt, ils demandent à présent des séjours de plus en plus courts.

«Maintenant, les clients veulent goûter l’expérience sans faire trop d’efforts», décrit-elle.

Au cours de la dernière année, les restrictions au niveau des voyages ont apporté bien des conséquences dans l’industrie touristique. Majoritairement en provenance de l’Asie, de l’Australie et des États-Unis, la clientèle d’Alayuk Adventures n’est plus au rendez-vous comme avant.

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«La fermeture des frontières du Yukon a eu un gros impact sur mon entreprise. Avec les clients locaux, je ne fais même pas 10% d’une année normale», rapporte Marcelle Fressineau.

À son avis, l’aide gouvernementale qu’elle reçoit pour son entreprise n’est pas suffisante pour pallier les difficultés de la dernière année. «Le gouvernement nous paie la nourriture des chiens, les frais vétérinaires, l’assurance d’entreprise et nos frais d’internet et de téléphone. Ça nous permet de survivre, mais c’est loin de combler nos pertes», conclut-elle.

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