Les Franco-Ontariennes âgées et rurales veulent être reconnues

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Janie Renée Myner, directrice générale de l'Union culturelle des Franco-Ontariennes. Elle est aussi chanteuse et conférencière. Photo: Joël Ducharme
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Publié 01/07/2026 par François Bergeron

L’AFO représente tous les francophones de l’Ontario. La FARFO rassemble les aînés. L’Union des cultivateurs franco-ontariens est active en milieu rural… Mais qui parle spécifiquement au nom des Franco-Ontariennes aînées en milieu rural?

Réponse: l’Union culturelle des Franco-Ontariennes et ses «cercles» locaux depuis 1936… dont on entend presque jamais parler dans les médias et même dans le milieu associatif.

Si l’AFO réserve une place pour une représentante officielle des femmes au sein de son conseil d’administration (qui peut compter d’autres femmes), on ne trouve pas, en Ontario, de «fédération des femmes» comme au Québec, ou d’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, comme à l’échelle nationale. Les organismes féminins torontois comme Oasis ou provincial comme Action ontarienne militent d’abord contre la violence.

Les femmes transmettent la culture

«Pourtant, ce sont surtout ces femmes aînées qui transmettent la langue et la culture dans leur communauté», affirme Janie Renée Myner, directrice générale de l’UCFO: l’Union culturelle des Franco-Ontariennes.

UCFO est aussi le sigle de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Ce n’est pas une coïncidence: «historiquement, pendant que les hommes discutaient au salon, leurs femmes se retrouvaient à la cuisine».

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«Quand un cercle local de l’UCFO disparaît», explique Janie Renée à l-express.ca, «c’est souvent une communauté francophone qui disparaît avec lui». En 1986, l’UCFO comptait 3500 membres réparties en 68 cercles. Il reste 20 cercles, totalisant 515 membres.

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Les 20 cercles de l’UCFO: surtout dans le Nord et l’Est de l’Ontario.

Invisibles

Ces femmes, longtemps «indispensables à la vitalité francophone», ont aussi toujours été «invisibles dans les statistiques officielles», déplore l’UCFO dans un premier livre blanc diffusé ce mardi 30 juin, intitulé Elles existent. Mais les voit-on vraiment?

Janie Renée Myner demande aux gouvernements et aux associations franco-ontariennes des statistiques «désagrégées» pour exposer la contribution des aînées rurales. Le livre blanc offre déjà des «sondages internes, témoignages et analyse croisée qui ne sont disponibles nulle part ailleurs».

L’UCFO souhaite être reconnue formellement dans le prochain Plan d’action fédéral sur les langues officielles, ce qui pourrait lui faciliter l’accès a du financement «structurel» au-delà des fonds de projets ponctuels.

«Cette année j’ai fait 24 demandes de subvention pour l’UCFO», indique Janie Renée Myner. «J’en ai obtenu quatre»…

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Internet haute vitesse

L’organisme attend aussi avec impatience «la connectivité internet haute vitesse dans toutes les zones rurales franco-ontariennes».

Il cible aussi «les obstacles aux projets intergénérationnels, notamment les vérifications policières pour les bénévoles qui sont elles-mêmes une population vulnérable». Selon l’UCFO, environ 60 000 heures par année de bénévolat peuvent être créditées à l’ensemble de ses membres.

Enfin, elle demande à l’AFO que son livre blanc soit «lu, cité et pris en compte dans les processus décisionnels en cours», notamment dans la rédaction du livre blanc de l’AFO prévu à automne.

À contre-courant?

Janie Renée Myner rejette l’idée que l’UCFO ramerait à contre-courant de la tendance à la consolidation ou contre l’éparpillement des organismes et des ressources.

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Exemple: l-express.ca sait de source sûre que le gouvernement provincial préfère un seul collège communautaire franco-ontarien, et invite les collèges La Cité et Boréal à envisager une fusion.

Au cours des consultations menées par l’AFO dans le cadre des États généraux de l’Ontario français, on a aussi entendu des arguments contre le dédoublement de certains services sociaux et la multiplication d’associations représentant diverses catégories de Franco-Ontariens et de Franco-Ontariennes.

Le président de l’AFO, Fabien Hébert, indique à l-express.ca qu’il croit «à une plus grande cohérence de l’écosystème franco-ontarien… Mais la consolidation ne signifie pas nécessairement l’effacement des expertises de terrain.»

Des enjeux qui touchent la vitalité de nos communautés

L’AFO dit recevoir  le document de l’UCFO «comme une contribution importante aux réflexions en cours dans le cadre des États généraux de l’Ontario français».

«Le livre blanc met en lumière des enjeux qui touchent directement la vitalité de nos communautés: le rôle du bénévolat, la contribution des femmes francophones, les réalités rurales, le vieillissement, l’accès aux services, la transmission culturelle et la reconnaissance du travail communautaire souvent invisible.»

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Le président Fabien Hébert et le directeur général Peter Hominuk de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Photo: capture d’écran

Fabien Hébert réitère néanmoins que «l’AFO représente l’ensemble de la francophonie ontarienne, dans toute sa diversité: femmes et hommes, jeunes et aînés, milieux urbains, ruraux et nordiques, personnes issues de l’immigration, organismes sectoriels, institutions et communautés locales».

«Les contributions comme celle de l’UCFO sont utiles parce qu’elles permettent de documenter plus finement certaines réalités qui peuvent être moins visibles dans les grands portraits provinciaux».

«La présence de femmes au sein des instances de gouvernance de l’AFO est essentielle, mais elle ne remplace pas nécessairement le travail d’un organisme qui documente et accompagne une réalité spécifique, notamment celle de femmes francophones en milieu rural. Ce ne sont pas des rôles contradictoires: ils peuvent être complémentaires.»

Relancer l’UCFO

Janie Renée Myner confirme qu’en cette année de son 90e anniversaire, l’UCFO cherche à se «relancer», voire à se «réinventer» en accueillant des femmes plus jeunes, immigrantes et urbaines qui chercheraient à s’installer en milieu rural et y redynamiser la francophonie.

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Auteurs

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et numériques, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

  • l-express.ca

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