L’encre de la tendresse

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Lyne Richard, Les cordes à linge de la Basse-Ville, nouvelles, Montréal, Lévesque éditeur, coll. Réverbération, 2018, 134 pages, 23 $.
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Dans la Basse-Ville de Québec, les cordes à linge font partie du paysage, tout comme le parc Victoria dans le quartier Saint-Roch. On les retrouve dans plusieurs nouvelles que réunit Lyne Richard sous le titre léger Les cordes à linge de la Basse-Ville.

Les cordes à linge se croisent et ce qui pend sur elles parle de ceux qui y habitent. On peut parfois y voir des peines ou des chagrins. Chose certaine, «les cordes à linge de la Basse-Ville, ce sont des générations de gestes d’amour».

Dénoncer un chagrin

Protagoniste d’une nouvelle, un personnage peut subtilement se glisser à côté d’un personnage principal un peu plus loin. C’est le cas du petit Nathan qui se rend au poste de police en lançant «J’aimerais dénoncer un chagrin, commissaire». Sa preuve est une boîte jaune renfermant «des centaines de Kleenex remplis des larmes d’une maman».

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Plus d’un texte revêtent une telle tendresse. Certains sont coquins aussi, comme celui où Laurent ne sait comment apaiser un chien qui le dérange dans le parc. Il finit par le suivre jusqu’au bord de la rivière Saint-Charles et lui lire des poèmes. L’animal frotte alors sa poitrine sur Laurent qui sent une plaquette sur laquelle sont burinés les mots «Je m’appelle Rimbaud»!

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Deux grands-pères

Dans une nouvelle, un garçon raconte qu’il a un grand-père gentil et un qui l’est pas. «Papy René est un vieux cochon. Il paraît qu’on appelle comme ça les papys qui mettent leur main dans les bobettes des enfants.» Suit le récit strident de la perte d’innocence.

Une citation est placée en exergue de chaque nouvelle et donne parfois le ton. L’une d’elles se lit comme suit: «Ton devoir réel est de sauver ton rêve…» – Amedeo Modigliani.

Le texte nous fait connaître Gabriella qui rêve de marcher sous un ciel peint par Amedeo. Elle accroche un tableau de l’artiste et lui dit Buongiorno, Amedeo tous les jours en entrant. Plus tard, Gabriella se trouve au Bataclan… qui devient un Addio, Modi !

Un amour dès l’école primaire

Il est souvent question d’amour, parfois de son contraire. La plume de Lyne Richard trempe toujours dans l’encre de la tendresse. Comme lorsqu’elle décrit le deuil d’une veuve et écrit «Heureusement qu’on se rappelle, n’est-ce pas, sans ça, on serait si seuls».

La plus longue nouvelle, «Anna+David», porte sur un amour qui est fécondé dès le premier jour de l’école primaire, mais qui n’a pu s’éclore qu’après le passage de nuages gris et de vagues houleuses. Pour arriver à sa fin, David devra-t-il renier sa première guitare, Pink Floyd, les Beatles, les barres Caramail et j’en passe…?

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Leonard Cohen

Les auteurs fétiches de Lyne Richard sont peut-être Marie Uguay, Yves Bonnefoy et Jacques Brault… Son chanteur-hanteur demeure probablement Leonard Cohen en qui les femmes «voient toutes un amant, un ami, un père (qui) console et fait rêver».

Chose certaine, la nouvelliste crée avec brio des personnages, se coulant dans leurs vies jusqu’à s’y noyer, «ne revenant prendre de l’air que pour saluer un peu la mienne».

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