La culture peut vaincre le terrorisme

Tahar Ben Jelloum, Le terrorisme expliqué à nos enfants, Paris, Éditions du Seuil, 2016, 160 pages, 17,95 $.


15 novembre 2016 à 9h49

Après Le Racisme expliqué à ma fille (1998) et L’Islam expliqué aux enfants et à leurs parents (2002), Tahar Ben Jelloun publie Le terrorisme expliqué à nos enfants. L’écrivain croit que les jeunes sont une proie privilégiée pour la peur, surtout suite aux attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris. Il cherche donc à les aider à se libérer de cette peur.

L’ouvrage se présente comme un entretien entre Tahar Ben Jelloun et sa fille, dont le nom n’est pas mentionné. On sait que l’écrivain d’origine marocaine a deux fils et deux filles (Meriem et Ismane). Peut-être est-ce à cette dernière que s’adresse le père, mais cela importe peu, car les question/réponses ne sont qu’une technique pour alléger un texte très fouillé, très docte, très dense.

Dès les premières lignes, Ben Jelloun note qu’il ne faut pas sous-estimer la capacité des enfants «à entendre ce qui dérange, à se confronter à l’horreur». Les enfants ont droit à la vérité. Expliquer des faits n’équivaut pas à justifier ni innocenter. Le but est de mieux comprendre.

L’auteur note d’abord que le terrorisme n’est pas une pensée ou une philosophie, mais plutôt un moyen, un mode d’action. «C’est le recours à la force et à la violence contre des personnes ou des biens dans le but d’obliger un gouvernement à satisfaire des demandes…» Le but est de semer la peur, d’amener chaque personne à se dire «cette victime, ce pourrait être moi».

Les réponses sont parfois assez longues car elles traitent de sujet aussi variés que le cas de la Palestine, Boko Aram, l’État de droit, la charia, Daesh, Charlie Hebdo, la fatwa, le kamikaze, etc.

Bien que le terrorisme soit imprévisible, l’État doit respecter les limites imposées par le droit. Il ne peut pas appliquer les mêmes méthodes que les terroristes, soit recourir à la peur. «Il y a autant d’honneur et de noblesse dans la résistance que de lâcheté et d’ignominie dans le terrorisme.»

Ben Jelloum souligne à quel point tout a changé depuis une décennie. La police et encore moins les parents ne voient rien venir. Une mère pense que sa fille est partie en classe de neige et voilà qu’elle reçoit un appel qui lui annonce que son enfant se trouve en Syrie «et qu’elle y a enfin trouvé sa voie».

Ce livre retrace l’histoire du terrorisme et des réalités qu’il désigne, depuis les épisodes les plus sanglants liés à la Révolution française jusqu’au déchaînement actuel du fondamentalisme islamique. Comme il s’adresse aux enfants, quelques illustrations auraient dû enrichir le texte, à mon avis.

Tahar Ben Jelloum conclut que «seule la culture est capable, sur la durée, de vaincre les idées nauséabondes du terrorisme, d’où qu’il vienne». Il faut continuer à douter et à être curieux des autres.

Il invite sa fille à lire, à écouter de la musique, à aller au théâtre, à apprendre les langues, à voyager et à «mettre toujours la culture au-dessus de tous les préjugés».

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