Le Pouzza Fest: la grand-messe du punk rock fait vibrer Montréal

Le festival unique en son genre a rassemblé 25 000 personnes

Pouzza Fest
La légendaire formation britannique Buzzcocks sur la scène extérieure du festival. Photo: Chris Young
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Publié 25/05/2026 par Cindy Caron

Le centre-ville de Montréal a retrouvé son effervescence légendaire à la mi-mai. Les amateurs de distorsion et de rythmes effrénés s’étaient donné rendez-vous dans le Quartier des spectacles pour la plus récente édition du Pouzza Fest. Fidèle à sa réputation, le festival a offert trois jours de pure énergie, rassemblant plus de 150 groupes venus des quatre coins du globe.

Une formule unique et rassembleuse

Fondé en 2011, le Pouzza Fest tire son nom original d’un clin d’oeil culinaire à une combinaison de poutine et de pizza.

Pour les organisateurs, le pari est à nouveau réussi. Le festival a su conserver son ambiance intime et chaleureuse tout en prenant d’assaut des scènes emblématiques de la métropole, des mythiques Foufounes électriques au Théâtre Sainte-Catherine, en passant par son grand site extérieur à L’Esplanade tranquille.

Ce sont pas moins de 25 000 personnes qui ont pris part au festival cette année, soit dans une des huit salles, soit au parc extérieur. 

«Ce qui me motive c’est de voir du monde heureux avoir beaucoup de plaisir à cause de nous», a humblement dit Hugo Mudie, fondateur du Pouzza Fest et chanteur du groupe The Sainte-Catherines, qui a offert deux prestations lors du festival.

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«De voir nos idées un peu folles se concrétiser et surtout offrir une alternative, une vraie, à la culture populaire de masse, aux grosses compagnies qui essaient de présenter la culture comme un simple produit. Nous sommes des amoureux de culture underground, d’art visuel, de musique évidemment. Le temps d’un weekend c’est tout ça qui est mis de l’avant et qui rend des milliers de gens heureux. Je suis satisfait et peut-être même fier.»

Planet Smashers
Matt Collyer, chanteur du groupe The Planet Smashers. Photo: Chris Young

Le Pouzza, c’est plus que de la musique

Ce qui fait la force du Pouzza Fest, c’est aussi sa capacité à sortir des sentiers battus. En plus d’une programmation musicale locale et internationale qui met de l’avant autant les légendes du milieu que la relève, l’événement proposait plusieurs activités connexes devenues de véritables traditions au fil des ans.

Conçu pour rassembler toutes les générations et toutes les passions, le Pouzza Fest a offert cette année une programmation aussi éclectique que captivante. Les festivaliers en quête de sérénité ont pu prendre part à une séance de yoga extérieur, tandis que les plus jeunes s’en sont donné à cœur joie grâce à une multitude d’activités pour enfants.

Pour ceux qui recherchaient de l’action et des sensations fortes, les spectaculaires combats de lutte de 123 Lutte! sont venus électriser l’atmosphère sur le site extérieur.

Enfin, l’art sous toutes ses formes était à l’honneur. Les visiteurs ont pu admirer les œuvres de créateurs locaux lors de l’exposition d’art, ou même repartir avec un souvenir indélébile gravé sur la peau grâce aux tatoueurs de talent réunis sur place.

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Alliant à la perfection esprit de communauté, culture alternative et divertissement, le Pouzza Fest a une fois de plus prouvé qu’il sait offrir une expérience immersive et inoubliable pour chacun.

Lutte
La compagnie 123 Lutte! a diverti les festivaliers tout au long du week-end. Photo: Chris Young

Selon Matthew Seaborn, un habitué du festival, «ce qui rend le Pouzza Fest si spécial à mes yeux, c’est l’amour et la fierté de la communauté punk. Le festival en est l’incarnation parfaite.»

«Le Canada a toujours eu une scène punk incroyable et le Pouzza Fest réunit ces talents exceptionnels lors d’un événement qui met en lumière non seulement nos artistes d’ici mais aussi ceux du monde entier. J’y viens chaque année et c’est vraiment le moment le plus joyeux de mon année. J’y retrouve mes amis, membres de nombreux groupes, ainsi que d’autres festivaliers comme moi.»

«J’ai aussi l’occasion de découvrir de nouveaux groupes, de nouvelles salles, de rencontrer de nouvelles personnes. Nous sommes tous réunis par un amour commun pour l’énergie, l’émotion que le punk et ses courants apparentés nous ont offerte à un moment ou un autre de nos vies.»

Festivaliers
Ces festivaliers ont fait la route depuis Toronto pour prendre part au Pouzza Fest. Photo: Chris Young

Des têtes d’affiche et des nouveaux venus

Cette année, le Pouzza Fest a frappé un grand coup en proposant une programmation musicale d’une incroyable richesse, naviguant avec brio entre nostalgie, hymnes festifs et découvertes percutantes.

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Les amateurs de punk, de ska et de rock alternatif ont vibré au rythme de têtes d’affiche incontournables. Bedouin Soundclash, Planet Smashers, Buzzcocks, PUP, Cancer Bats et les locaux de The Sainte-Catherines ont livré des performances mémorables sur scène.

Loin de se contenter de ses classiques, le festival a également joué son rôle de défricheur en braquant les projecteurs sur la relève et les figures montantes de la scène actuelle, à l’image des prestations remarquées de Blood Command (de la Norvège), General Chaos, Taxi Girls et Somet. Une affiche variée et parfaitement équilibrée qui a su rassembler les générations autour d’une même passion brute.

Bedouin Soundclash
Jay Malinowski, chanteur du groupe Bedouin Soundclash, gagnants d’un prix Juno en 2006. Photo: Chris Young
Blood Command
La formation norvégienne Blood Command a enflammé les Foufounes électriques pour son premier passage en Amérique du Nord. Photo: Chris Young

Une vitrine essentielle pour la scène alternative

Dans une industrie musicale en constante mutation, des rendez-vous comme le Pouzza Fest s’avèrent essentiels pour faire rayonner la culture alternative francophone et anglophone. En multipliant les scènes intérieures et extérieures, l’organisation s’assure d’offrir une plateforme majeure pour les formations qui n’ont pas toujours accès aux grands réseaux de diffusion.

«Pouzza est un endroit très spécial. J’ai l’impression d’y être plus pour passer du temps et rencontrer des gens de la communauté dans une ambiance conviviale que pour y faire un spectacle», confiait Brad Manners, chanteur du groupe School Damage de Toronto, un habitué de l’événement. 

School Damage
Le groupe de Toronto School Damage a joué le samedi soir. Photo: Chris Young .

Après trois jours de décibels, de rassemblements et de sourires partagés, les amateurs sont repartis fatigués, mais la tête pleine de souvenirs. Une chose est certaine, la flamme du punk rock est loin de s’éteindre à Montréal. Les yeux sont déjà tournés vers la prochaine édition qui se déroulera du 21 au 23 mai 2027.

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