Le polar, un genre qui change l’ordre des choses 

polar, Michel Bélair, Chroniques d’un monde qui s’écroule
Michel Bélair, Chroniques d’un monde qui s’écroule: 36 polars remettent en question nos certitudes, Montréal, Éditions Somme toute et Le Devoir, 2026, 204 pages, 25,95 $.
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Publié 08/08/2026 par Paul-François Sylvestre

Quand on fait allusion au polar, on pense le plus souvent à des histoires de police, à des flics invincibles aux airs de superhéros.

Michel Bélair présente une vision bien différente et bien singulière dans Chroniques d’un monde qui s’écroule: 36 polars remettent en question nos certitudes. Il illustre comment le polar se penche sur ce dont on n’ose pas trop parler habituellement.

Journalistes

Tous les textes de ces chroniques ont d’abord été publiés dans le magazine en ligne en-retrait.com. Ils ont tous été écrits par des journalistes retraités du Devoir, de La Presse et de Radio-Canada. Ils font tous référence à des livres publiés depuis l’automne 2021.

Les polars dont il est question ont été écrits en français ou traduits d’une autre langue. Ils ont été publiés par des éditeurs européens et québécois. Parmi les polars d’ici, mentionnons Le mois des morts de Chrystine Brouillet, Civilisés de Patrick Senécal et L’homme aux chats de Michèle Ouimet.

Chaos

Les chroniques ont été regroupées selon trois thématiques: Le monde à l’envers, Des repères de plus en plus flous, Violences ordinaires et autres.

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Chaque section comprend douze textes. Dans leur ensemble, ils «illustrent à leur façon la théorie du chaos… qui semble désormais prendre un sens de plus en plus concret un peu partout à travers le monde».

Les polars se caractérisent par leur étourdissante diversité: violents, mafieux, gores, historiques, psychanalytiques, politiques et même à l’eau de rose. Peu importe son accent, «le polar naît et se nourrit des tensions et des inégalités du monde».

Société

La théorie du chaos mentionnée ci-avant fait référence au désordre, à la désorganisation, à la confusion, voire à l’anarchie. Michel Bélair explique comment ce chaos, dans les polars à l’étude, est «presque toujours relié à la rupture, à la remise en question tous azimuts et, souvent même, à la destruction de l’ordre établi. Bref, au désastre. À l’apocalypse.»

Chroniques d’un monde qui s’écroule illustre avec brio comment le polar demeure, par définition, un genre littéraire qui reflète les tiraillements agitant la société dans laquelle il s’incarne.

Tous les jours ou presque, une suite ininterrompue d’évènements — sociaux, politiques, culturels, climatiques, économiques, pandémiques — forcent notre monde à se remettre en question, parfois brutalement.

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Changement

C’est précisément ce choc de la réalité la plus quotidienne, souvent ordinaire, qui constitue la trame de fond de tous les polars, d’où qu’ils viennent et de quelque type qu’ils soient.

«Le polar s’abreuve de tout, oui, mais d’abord de ce qui ne va pas. Des pulsions les plus inavouées comme de ce qui est perçu comme injuste ou, à l’opposé, enviable et désirable. Et il se définit toujours par la volonté d’une prise de pouvoir au moins momentanée, temporaire mais souvent brutale et parfois aussi létale, dans le but avoué de changer l’ordre des choses. »

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

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