Le livre franco-ontarien: un point d’honneur sans points de ventes

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Le premier Forum de concertation du livre franco-ontarien, tenu à Ottawa les 30 et 31 mars dernier, a donné lieu à un constat somme toute contradictoire. L’Ontario français regorge d’auteurs chevronnés, d’éditeurs expérimentés, de produits variés, de publics assoiffés, mais souffre d’une terrible lacune: les librairies sont à peu près inexistantes, les points de vente sont quasiment nuls.

Outre les auteurs et éditeurs, le Forum a réuni des représentants du monde scolaire, des bibliothèques publiques, des médias et divers paliers gouvernementaux. Ces quelque 60 participants ont tour à tour discuté des moyens à prendre pour mieux faire connaître la littérature franco-ontarienne, pour améliorer l’accès au livre franco-ontarien et pour intéresser les jeunes et moins jeunes à la lecture. Ils en sont venus

rapidement à la conclusion suivante: il faut créer une table de concertation qui réunirait tous les intervenants et qui établirait les priorités parmi les multiples pistes proposées au cours de ce forum de réflexion.

Ces pistes allaient d’un Festival provincial de la lecture en milieu scolaire à un attaché de presse commun pour l’ensemble des éditeurs franco-ontariens, en passant par des outils pédagogiques ou fiches de lecture à l’intention des enseignants, des mécanismes d’animation littéraire et des clubs de lecture.

C’est Marcel Ouellette qui avait été invité à prononcer la principale conférence du Forum. Cet ancien directeur général des Éditions d’Acadie est présentement consultant dans le secteur du livre aux niveaux provincial, national et international. Il a expliqué comment la Loi 51 (Québec, 1981) oblige les institutions scolaires et les bibliothèques à acheter leurs livres au plein prix dans les librairies de leurs régions. Cela a pour effet d’assurer le fonctionnement minimal de tout un réseau de diffusion du livre à la grandeur du Québec. Si une telle loi existait en Ontario, les puissants éditeurs et libraires de Toronto perdraient leur monopole.

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M. Ouellette a fait l’éloge du Regroupement des éditeurs canadiens-français (RECF) dont la majorité des membres sont franco-ontariens (8 sur 14). Il a souligné que le plus grand succès du RECF a été la mise en place d’un agent commercial qui fait le placement des livres franco-canadiens au Québec. Résultat: les ventes des membres du RECF sont passées de 20 000 $ en 1993 à 67 000 $ en 1995, puis à 245 000 $ en 2006. Pour mieux rejoindre les lecteurs des autres provinces, le RECF a lancé le catalogue Livres, Disques, Etc.

Le Forum a permis de rappeler certaines tristes réalités. Cinquante-deux pourcent de la population franco-ontarienne souffre d’analphabétisme fonctionnel. Les librairies francophones en Ontario se limitent à la région d’Ottawa, à Toronto et à Hearst (il y a parfois un petit comptoir de livres dans certains centres culturels).

En 2006, une seule bibliothèque publique de l’Ontario a fait venir un auteur franco-ontarien dans le cadre du programme des rencontres littéraires du Conseil des Arts du Canada. Des douze hebdos franco-ontariens, seuls L’Express a toujours publié des critiques de livres.

Au cours du Forum on a souvent fait l’éloge du Prix des lecteurs Radio-Canada ainsi que des salons du livre de Sudbury et de Hearst. On n’a jamais mentionné le Prix Christine-Dumitriu-Van-Saanen ou le Salon du livre de Toronto.

Une soirée de lectures, dédiée à la mémoire du poète Robert Dickson (1944-2007) a mis à l’honneur une dizaine d’auteurs primés en 2005 et 2006. Juste avant cette soirée, l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) a annoncé que l’écrivaine torontoise Marguerite Andersen faisait son entrée dans le club sélect des membres honoraires de l’AAOF.

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