Le Labo d’arts médiatiques: 20 ans d’exploration et d’adaptation

Le Labo d'arts médiatiques
Des membres et invités du Labo sur le toit du 401 rue Richmond Ouest le 23 septembre. Photo: Martine Rheault, l-express.ca
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Publié 30/09/2026 par Martine Rheault

Le Labo d’arts médiatiques de Toronto a fêté son 20e anniversaire et lancé sa saison d’activités sur le toit du 401 Richmond Ouest, où se trouve son studio, par un potluck qui a attiré une bonne quarantaine de personnes ce 24 septembre.

Grâce à des casques de réalité virtuelle, les invités ont pu découvrir Biidaaban: Première lueur, une oeuvre futuriste autochtone interactive de l’ONF qui a gagné plusieurs prix et nominations en 2018 et 2019.

Dans cette vision de la cinéaste anichinabée Lisa Jackson et du concepteur 3D Mathew Borrett, la ville de Toronto est inondée et la nature reprend ses droits dans ses décombres.

ONF
Une scène de Biidaaban: Première lueur. Toronto après l’inondation.

20 ans, 20 images

Pour rappeler ses 20 ans, la page d’accueil du site lelabo.ca affichera 20 images d’activités passées au fil des mois, accompagnées de narratifs, en commençant par l’exposition du photographe Marc Audette en 2006.

Ce projet 20 ans, 20 images, géré par Laura Demers, fera l’objet d’une exposition de février à avril.

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La saison 2026-27 du Labo a déjà commencé avec l’exposition Kylie, une microvitrine de Ron Loranger conçue pour le studio 277 du 401 Richmond Ouest. Inaugurée en juillet, l’expo se poursuit jusqu’au 11 octobre. D’autres microvitrines sont prévues de novembre à juin.

Le mois prochain, une sélection de films du Labo fera partie de la programmation de Cinéfranco, avec des artistes présents pour discuter de leurs oeuvres avec le public. Une autre soirée cinéma est prévue le 14 avril dans le cadre du festival REEL Canada.

Le «Cabinet de curiosités», l’encan annuel permettant aux membres de vendre, acheter ou admirer leurs travaux, aura lieu le 3 décembre.

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Lors du vernissage de l’exposition Kylie, de Ron Loranger (de dos) au Labo. Photo: Facebook

Arts et technologies

Au cours des deux décennies du Labo, les technologies ont profondément transformé les pratiques artistiques, mais aussi la façon dont les artistes créent, collaborent et se rassemblent.

Pour la directrice générale Dyana Ouvrard, cette histoire est avant tout celle d’une communauté en constante évolution. «Un organisme, c’est comme un être humain: il traverse différentes phases de croissance.»

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Les archives témoignent, selon elle, de ces différentes étapes, mais aussi d’une communauté qui n’a cessé de se renouveler. «Les gens y entrent, en sortent, puis y reviennent.» Un mouvement qui lui rappelle d’ailleurs Toronto, «une ville de passage».

Cette mobilité constitue à la fois une richesse et un défi. «Le va-et-vient fragilise la structure d’un organisme», constate-t-elle. Pourtant, le Labo a réussi à maintenir un espace de rencontre et de création pour les artistes francophones en arts médiatiques.

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La directrice générale Dyana Ouvrard.
CA
Les membres du CA Katia Café-Febrissy, Valentina Cavani, et Alexandrine Torres de Figueiredo.

De la technologie à l’accompagnement

À ses débuts, le Labo investit notamment dans l’équipement. Il devient un véritable terrain de jeu pour les artistes, un lieu d’exploration où l’on peut expérimenter, se tromper et recommencer.

Le contexte technologique a toutefois radicalement changé. Dans les années 2000, les équipements étaient coûteux et complexes, ce qui rendait leur accès difficile pour les artistes. Les organismes comme le Labo jouaient alors un rôle essentiel en mettant ces outils à leur disposition et en favorisant les rassemblements.

Aujourd’hui, la technologie est devenue beaucoup plus accessible et individuelle. «Elle est entrée dans la sphère individuelle. C’est un changement majeur», souligne Dyana Ouvrard.

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Cette transformation amène nécessairement le Labo à réfléchir à son propre rôle.

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Une partie du studio du Labo. Photo: Facebook

Quid de l’intelligence artificielle?

Alors que l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et les installations interactives offrent aux artistes des possibilités toujours plus nombreuses, une question se pose: que peut encore apporter un organisme spécialisé en arts médiatiques lorsque les outils de création sont de plus en plus accessibles à chacun?

«Est-ce que notre organisation est toujours aussi pertinente? Je me pose ces questions à l’aube de nos 20 ans», reconnaît la directrice générale.

Pour elle, la réponse passe peut-être moins par l’accès à la technologie que par une nouvelle conception de l’accompagnement, qui constitue aujourd’hui le cœur de sa mission: aide aux demandes de subventions, permis de résidence, mentorat et soutien des artistes à différents moments de leur parcours.

La jeunesse occupe également une place particulière. En 2027, le Labo proposera des ateliers, des camps et des activités dans les écoles et souhaite ainsi contribuer à former les artistes de demain.

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C’est le 17 juin qu’est prévue la soirée de clôture des 20 ans du Labo, avec performances et levée de fonds.

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