La santé mentale, c’est aussi la santé!

Mieux vaut prévenir que guérir

Santé mentale, dépression
Les signes d'anxiété et de dépression sont multiples: évidents ou subtils. Il ne faut pas hésiter à demander de l'aide... mais où? à qui? comment? Photo: iStock.com/kieferpix
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Publié 21/04/2022 par Stan Leveau-Vallier

Des problèmes de sommeil? Un enfant qui s’isole? Il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous, encourage Estelle Duchon, directrice des services de santé du Centre francophone du Grand Toronto (CFGT), qui incluent la santé mentale.

Des besoins croissants de services en santé mentale

Depuis deux ans, un climat d’anxiété s’est installé. La pandémie a éprouvé tout le monde.

«On observe souvent une forte hausse des besoins en santé mentale en sortie de crise», explique Estelle Duchon. Les services de santé mentale du CFGT ont aidé près de 2000 personnes cette année, et les capacités ont été renforcées.

Centre francophone, CFGT
Estelle Duchon.

Le Centre francophone a cette particularité de pouvoir accompagner à la fois les adultes et les enfants, gratuitement, en français.

Il propose une panoplie étendue de services, de la thérapie brève aux démarches plus profondes, des thérapies cognitivo-comportementales aux analyses plus poussées.

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Le Centre travaille avec des psychiatres, et en partenariat avec d’autres institutions, comme l’hôpital SickKids et CAMH.

À la Clinique de psychothérapie francophone de Toronto, les thérapeutes n’ont jamais reçu autant de demandes. Isabelle Bonsaint explique que les difficultés apparaissent souvent en raison d’épreuves de la vie (perte d’emploi, de logement, deuil, déménagement…).

Les travailleurs de premières lignes aussi

Avec la pandémie, les travailleurs de premières lignes, très sollicités, ont souvent tenu bon par nécessité. Mais ils doivent faire très attention au contrecoup et à la prise de conscience de l’épuisement accumulé.

Donna, une autre thérapeute, a observé que la pandémie a fait remonter des déséquilibres anciens chez beaucoup de ses patients. Le calme et le vide des moments de confinement ont favorisé l’introspection.

Et le climat de tension ambiante, la difficulté à subir l’enfermement et l’isolement, le rappel régulier de la maladie et l’idée de la mort – voire le deuil pour certains – ont servi de déclencheurs.

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Elle remarque que les gens s’écoutent et s’observent peu. Et qu’ils se réconfortent parfois avec des stratégies qui ne leur sont pas bénéfiques à long terme.

Des signes aussi communs que l’insomnie, la mauvaise humeur, le manque d’entrain, la perte de plaisir pour des activités auparavant appréciées, l’envie de s’isoler davantage, la hausse de la consommation d’alcool ou d’autres drogues, ou même le fait de ne pas savoir mettre des mots sur ses émotions, devraient nous mettre la puce à l’oreille.

santé mentale
Plus un adolescent passe du temps sur les réseaux sociaux, plus il est à risque de dépression ou de développer des facteurs de risque comme le manque de sommeil, une faible estime de soi ou un sentiment de solitude. Photo: Pxhere, CC

Les bénéfices du soutien en santé mentale

La thérapie consiste d’abord à offrir une écoute bienveillante: laisser émerger les émotions, les valider, les normaliser, et mettre en place une stratégie d’adaptation.

Une relation thérapeutique, c’est une relation de confiance, confidentielle, qui permet de gagner en lucidité sur soi.

Une fois qu’on a identifié les raisons de ses réflexes de défense, on a fait l’essentiel du travail.

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Trouver la source des problèmes de santé mentale

Donna décrit l’étonnement et le soulagement de la plupart des patients, quand ils mettent le doigt sur une source de leur mal-être, s’expliquent leur propre comportement, et retrouvent une estime d’eux-mêmes.

Kevin, psychothérapeute indépendant, s’émerveille de son métier. Il se réjouit de changer le monde «un patient à la fois».

Il observe souvent des patients devenir dithyrambiques après une thérapie, même courte. Dénouer de vieux blocages peut changer la vie. Le plus tôt le mieux!

Il estime que cela serait un excellent investissement de société que de donner une formation à tous les étudiants. Par exemple sur la psychologie de l’attachement, pour encourager chacun à analyser ses relations avec ses parents.

Même sans problème grave, il est naturel que ces relations essentielles puissent parfois nous peser et nous limiter.

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Santé mentale, dépression
L’actualité peut être anxiogène, comme une foule de «petits» événements. Photo: iStock

Des commentaires éclairants

Au Centre francophone aussi, on reçoit avec plaisir les commentaires de patients soulagés d’y voir plus clair.

«Grâce à l’accompagnement du service de santé mentale, j’ai pu rapidement connecter avec une intervenante qui m’a aidé à trouver des allocations financières pour me permettre de me remettre sur pied.»

«J’ai rencontré une thérapeute avec laquelle je m’améliore de jour en jour et j’ai pu être référé à un médecin du Centre.»

«Je suis très reconnaissant des services que j’ai eu et je remercie le Centre de tout mon cœur.»

Des options variées pour les francophones de Toronto

La pandémie a changé la façon de travailler des thérapeutes. La possibilité des rendez-vous virtuels rend les services beaucoup plus accessibles.

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Au Centre francophone, on commence souvent par rencontrer un thérapeute à l’une des deux adresses auxquelles des soins de santé sont prodigués – au centre-ville (555, rue Richmond Ouest) ou à North York (5, Fairview Mall Drive, bureau 280) – avant de poursuivre les séances en virtuel, une fois le contact établi. Toutes les formules sont possibles.

médecin de famille
La télémédecine est en plein essor, notamment depuis la covid et ses confinements. Photo: Tumisu, Pixabay

Le gouvernement de l’Ontario offre aussi du soutien en santé mentale virtuel avec la plateforme Mindbeacon, avec des contenus et quelques thérapeutes francophones.

Avec la pandémie, Estelle Duchon regrette que le Centre francophone n’ait pas pu se rendre dans les écoles autant qu’avant.

Sans la possibilité d’échanger avec les jeunes et de les sensibiliser à leur propre santé mentale, il y a peut-être un mal-être qui couve chez cette génération. D’où l’importance d’aborder le sujet avec tous.

Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches!

– Explorez gratuitement la plateforme MindBeacon.

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– Contactez le Centre francophone du Grand Toronto, même pour des «petites» inquiétudes.

– Contactez la Clinique de psychothérapie francophone de Toronto.

– Utilisez l’annuaire des psychothérapeutes en Ontario (on peut filtrer par langue).

– Jeunesse, J’écoute: 1 800 668 6868.

– Service de crise du Canada: 1.833-456-4566 (interlocuteurs francophones disponibles).

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– Et bien sur le 911 pour les urgences (interlocuteurs francophones disponibles).

Auteur

  • Stan Leveau-Vallier

    Journaliste à l-express.ca, le média franco de Toronto et du Centre-Sud de l'Ontario, Stan Leveau-Vallier est passionné par Toronto, qu'il habite depuis 2012. Il couvre des sujets culturels et sociaux. L’Initiative de journalisme local (IJL), un programme financé par le gouvernement du Canada, est gérée par Réseau.Presse et ses journaux membres.

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