La justice n’est pas toujours juste

Tony Parsons, Le Club des pendus, roman traduit de l’anglais par Anne Renon, Paris, Éditions de la Martinière, 2017, 336 pages, 34,95 $.


3 décembre 2017 à 13h30

Rares sont ceux qui écrivent des romans traduits dans 39 langues et vendus à plus de deux millions d’exemplaires. Tony Parsons est du nombre et son tout dernier polar, Le Club des pendus, se classe dans «le plus intense, le plus sombre et le plus déchirant».

Je vous ai déjà parlé des deux premiers romans de Parsons, qui mettent en scène l’inspecteur Max Wolfe: Des garçons bien élevés et Les Anges sans visage. Wolfe fait maintenant face à une bande de justiciers qui a décidé de rétablir la peine capitale parce que les peines imposées par le système demeurent trop laxistes à leur goût.

L’histoire dont Wolfe est le narrateur se déroule à Londres, et la peine de mort en Angleterre a été abolie depuis 48 ans. À partir de 1196, plus de 50 000 hommes, femmes et enfants ont été pendus à la potence de Tynburn, près de Hyde Park. C’est là qu’on retrouve le corps de la première victime du club des pendus.

Tony Parsons
Tony Parsons

Les justiciers n’hésitent pas à diffuser leur exécution en direct sur YouTube. Ils ne considèrent pas commettre un meurtre, «ils pensent exécuter une sentence comme si elle avait été prononcée par un tribunal». Ils sont à la fois juges, jurés et bourreaux.

Sans dévoiler les tenants et aboutissants de l’intrigue, je peux vous dire que deux pendaisons et une tentative de pendaison ont lieu dans les souterrains de Londres où 23 stations de métro ont été fermées entre 1906 et 1939. Un immense labyrinthe, des kilomètres de voies ferrées que personne n’emprunte depuis une centaine d’années, sauf quatre justiciers-bourreaux.

L’auteur écrit que le plus gros mensonge de l’humanité est de faire croire qu’il n’y a pas de hasard. Tout ce qui arrive serait prévu. «C’est faux. Certaines choses, celles qui blessent le plus, n’ont absolument aucune signification.»

Vous vous doutez bien que l’inspecteur Wolfe va frôler la mort; il va évidemment s’accrocher à la vie, car «lorsqu’on sent la fraîcheur de la tombe sur notre peau, on désire la chaleur humaine». Celle de sa fille scoute, qui figure dans les trois récents polars de Parsons, et celle Tara Jones, une spécialiste de l’analyse biométrique.

Jones doit analyser les voix, les bruits et les sons enregistrés lors des exécutions diffusées sur YouTube et lors des interrogatoires. Assez curieusement elle est… sourde. Tout se fait par ordinateur. La jeune femme ne considère pas sa surdité comme un handicap, plutôt comme une difficulté à surmonter, à l’instar des autres épreuves qui traversent une vie.

Le Club des pendus illustre comment la justice peut être injuste. Est-elle vraiment là où on le croit? Peut-on faire justice soi-même?

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