La couronne de Noël


20 décembre 2010 à 15h41

En cette période de Noël, il est de tradition de voir de nombreuses naissions décorées avec des couronnes de verdure et de fleurs, accrochées aux portes ou arborées aux fenêtres. Mais on peut se demander d’où vient une telle tradition qui ne semble guère avoir de lien avec Noël, la fête de la Nativité.

Le solstice d’hiver

Pour retrouver les sources de cette tradition, il faut remonter dans le temps, aux fêtes du solstice d’hiver, célébré dans le monde romain comme dans le monde germanique ou scandinave. Cette fête marquait l’espoir de la renaissance du soleil, qui cessait de décliner sur l’horizon et reprenait vigueur en prolongeant la durée du jour.

C’était le triomphe de la Lumière sur les Ténèbres, le temps de la renaissance après la mort, la fête de la Vie en somme.

De nombreux symbolismes servaient à concrétiser cette vision de renaissance de la vie. Les Romains décoraient déjà les maisons avec du feuillage vert, pou manifester la persistance de la vie, une tradition qui s’est maintenue longtemps.

Au XIe siècle, un évêque de Worms, en Allemagne, interdisait à ses ouailles de décorer leur maison «avec de la verdure prise sur les arbres», ce qui montre qu’une telle pratique était toujours répandue et considérée comme «païenne».

Roue symbolique

Certains peuples, comme les Germains, tressaient des roues de feuillage et leur faisaient dévaler les pentes, après les avoir enflammées. Ils réunissaient ainsi plumeurs symboles, la verdure, le feu, symbole de la lumière solaire, et la roue.

Car la roue est riche de symboles anciens: celui du cycle solaire, qui passe et repasse. C’est un signe de renouvellement, de nouveau départ. C’est la roue du temps qui s’écoule et donc du mouvement perpétuel, du devenir, du retour. La roue est ainsi étroitement associée à la renaissance.

Comme on l’a vu dans l’article de L’Express du 20 décembre 2005, Sous le soleil de Mithra, en 354, le pape Libère désigne officiellement le 25 décembre comme fête de la naissance du Christ. Mais, ce faisant, il y associe des traditions de la célébration du solstice d’hiver, comme la verdure (décoration, arbre), la lumière, le feu de la bûche, dont il a été question dans plusieurs articles. Et la roue se trouve aussi transposée sous la forme d’une couronne, un nom plus noble.

On la trouve sous deux formes, la couronne de l’Avent et celle de Noël.

La couronne de l’Avent est mentionnée au XVIe siècle. Elle reprenait les symboles de la roue: le déroulement du temps, le retour de Noël auquel il faut se préparer, en attendant le retour du Christ.

La couronne est faite de branchages de couleur verte, symbole de vie, d’espoir.

On la posait à plat ou on la suspendait avec quatre bougies marquant les quatre dimanches ou semaines de l’Avent. On en allumait une de plus à chaque fois, en retrouvant ainsi le vieux symbolisme du feu associé au solstice.

C’est une adaptation spécifique à la fête de Noël de la couronne de l’Avent, sans doute pour en prolonger l’esprit et le symbolisme. Au début, on les suspendait au plafond, tel un luminaire, ou on les déposait sur une table.

Les feuilles et le feu

Mais en Allemagne et dans les pays scandinaves, on a aussi utilisé de telles couronnes comme éléments décoratifs, en les suspendant aux portes ou aux fenêtres. Traditionnellement, ces couronnes de branchages ou de feuillage de couleur verte étaient nouées et suspendues par des rubans de couleur rouge, celle du feu et du soleil.

En passant, en Angleterre, la couronne suspendue à la porte des maisons s’est enrichie d’une nouvelle signification. Une couronne accrochée à la porte d’un domicile est signe d’hospitalité. Elle évoque l’accueil chaleureux que recevront ceux qui en franchiront le seuil.

Les Européens ont importé ces traditions en Amérique du Nord, au fil du temps, et elles y sont devenues populaires. La couronne de Noël a perdu le sens de ses origines, trop lointaines pour qu’elles soient encore très présentes.

La couronne d’épines?

De plus, on s’est efforcé de christianiser sa signification, comme ce fut souvent le cas avec des traditions trop ancrées dans les coutumes pour qu’elles soient déracinables. On a même évoqué une préfiguration de la couronne d’épines du Christ, en y attachant sans doute des feuilles vertes de houx, munies de piquants.

Les couronnes modernes, le plus souvent en plastique, n’évoquent plus guère la pérennité de la vie, que symbolisaient les feuillages toujours verts utilisés autrefois. Et le fait de parler de couronne nous éloigne de la roue et de ses riches symboles, évoqués plus haut.

Objet décoratif, la couronne de Noël n’en reste pas moins attachée à la célébration antique, qui persiste encore dans certaines régions, du solstice d’hiver, qui marque la renaissance de la vie et de l’espoir, avec la lumière et la chaleur du soleil.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

On est de plus en plus «connecté» sur notre santé

Les médecins se méfient encore des bidules permettant à leurs patients de mesurer eux-mêmes leur état de santé. (Photo: Hamza Butt / Flickr / Creative Commons)
Applications capables de surveiller poids, tension, glycémie, alimentation, exercice...
En lire plus...

17 octobre 2017 à 14h44

Ateliers de théâtre

1-1
Amoureux du théâtre bonjour, Vous êtes francophone ou francophile? Ekin Agency Arts offre des ateliers de théâtre intensifs en francais Coprs, espace et voix: – prise de parole en...
En lire plus...

ONU: on attend beaucoup du Canada

L'ambassadeur du Canada à l'ONU, Marc-André Blanchard.
Des objectifs de développement durable ambitieux
En lire plus...

16 octobre 2017 à 18h54

Un jardin de plantes médicinales cérémoniales chez Manuvie

Devant le jardin au QG de Manuvie: le sous-ministre adjointy Shawn Batise;  Peter Wilkinson, vice-président principal des Affaires réglementaires et publiques à la Financière Manuvie; l'ainé Gary Sault de la Première Nation mississauga de New Credit; David Zimmer, le ministre ontarien des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation; la sous-ministre Deborah Richardson.
Réconciliation avec les Premières Nations
En lire plus...

16 octobre 2017 à 18h06

Un «happening» sur l’enracinement de la francophonie à Toronto

Marie-Claire Marcotte et Maxime Robin (Photo:Manuel Verreydt)
Pour les 50 ans du TfT
En lire plus...

16 octobre 2017 à 9h00

Profitez de votre soirée dans Yorkville

Le Heliconian Hall: la seule église en bois encore debout à Toronto.
Avant et après le concert de Benoît LeBlanc au Heliconian
En lire plus...

16 octobre 2017 à 8h55

Lisa Simone: 1000 vies pour atteindre la sérénité

Lisa Simone (Photo: Alexandre Lacombe)
À la place des arts de St. Catharines le 26 octobre
En lire plus...

16 octobre 2017 à 8h53

Un mystérieux portrait de la princesse Anastasia

Jim Watt et Veronica Kvassetskaia-Tsyglan tenant le portrait d'Anastasia.
Bientôt dévoilé au Arts and Letters Club de Toronto
En lire plus...

16 octobre 2017 à 8h52

Protéger l’environnement de/pour l’humanité

Plastic China, de Wang Jiuliang
Des films percutants au festival Planet In Focus du 19 au 22 octobre
En lire plus...

16 octobre 2017 à 8h50

Les réalisatrices autochtones veulent casser les clichés

Six femmes autochtones du court-métrage Creatura Dada.
18e édition du festival du film autochtone ImagiNATIVE
En lire plus...

16 octobre 2017 à 8h45

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur