Keith Jarrett, maître de l’improvisation

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Avec une programmation de qualité, le Festival de jazz de Toronto réserve toujours de bonnes surprises aux mélomanes à l’oreille affutée. Entre découverte de nouveaux talents et artistes dont la réputation n’est plus à faire, ce festival, qui prenait fin ce weekend, fait vivre le jazz à Toronto depuis maintenant plus de 25 ans.

Cette année, Keith Jarrett, pianiste de génie évoluant sur scène depuis les années 1960, a honoré de sa présence le Roy Thomson Hall mercredi dernier. Bien plus qu’un concert, un cadeau pour un public suspendu aux touches du piano du musicien.

Depuis les débuts de sa carrière, Keith Jarrett pratique un piano à la croisée des genres, oscillant entre jazz et classique, sans oublier de s’aventurer de temps à autres dans des sonorités folk ou gospel.

Avec ce concert, c’est un florilège du meilleur de ce que le musicien a à offrir dont a pu se délecter le public torontois du Festival. En interprétant une dizaine d’impros différentes, le musicien aux doigts magiques s’est montré généreux avec son audience.

Avec une première pièce qui n’était pas sans rappeler les sonorités du fameux Köln Concert, enregistré en 1975 à l’opéra de Cologne en Allemagne, Keith Jarrett a posé les bases des deux heures d’improvisations à venir. Tantôt puissant et grave, tantôt léger et hypnotique, le son du piano a su se muter pour venir caresser les spectateurs, qui ont pu entendre des pièces inédites, tout droit sorties de l’imagination géniale du musicien.

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Entre deux morceaux, le pianiste se lève, parle avec son public, plaisante («Ne me demandez pas pourquoi je fais ça, je n’en ai aucune idée! J’imagine que je suis né fou!»), fait rare et surprenant pour le musicien dont la réputation est plutôt d’être froid et distant avec son public.

Quand Keith Jarrett joue, il semble comme possédé, se levant, chantant, grimaçant, tendant l’oreille à la mélodie qu’il créé sous nos yeux ébahis.

Après une pièce subtile, évoquant la douceur de Melody At Night With You (1995), l’artiste se lève et entame un jazz aux accents de Lousiane, dansant et tapant du pied à son clavier. Les improvisations s’enchainent, toutes plus magiques les unes que les autres.

Affublé de ses lunettes fumées, Keith Jarrett ne semble pas vouloir quitter la salle, et revient une, deux, trois fois sur scène pour des rappels. Le délice du public est à son comble, et l’on passerait bien la nuit entière à écouter les notes s’échappant du piano.

Toutes les bonnes choses ont une fin malheureusement, et c’est sous un tonnerre d’applaudissements à n’en plus finir que le musicien quitte finalement la scène, nous laissant flotter quelques minutes encore dans la béatitude de ce concert exceptionnel.

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