Kees van Dongen et le Bateau-Lavoir

Van Dongen

Van Dongen & le Bateau-Lavoir, Somogy, Éductions d'Art, 2018, broché avec rabats, 26x19,5 cm, 252 p, 19 €. En couverture: Fernande Olivier, 1907.


4 mars 2018 à 11h00

Le nom de van Dongen apparaît à 3 ou 4 reprises dans des articles de L’Express, sans être accompagné de la moindre explication. Mais en France, au cours de la présente année culturelle néerlandaise à laquelle nous avons consacré un précédent article, le Musée de Montmartre présente une exposition consacrée au peintre van Dongen intitulée Van Dongen et le Bateau-Lavoir. 

Cette exposition qui a lieu jusqu’au 26 août 2018 ne manquera pas d’attirer tout voyageur qui se rend à Paris au cours de cette période, mais aussi tous les amateurs d’art qui ne s’y rendent pas grâce à un merveilleux livre-catalogue dont les 150 pages présentent une centaine d’illustrations reproduisant souvent en pleines pages des tableaux de cet artiste.

L’exposition, qui réunit plusieurs œuvres que l’on retrouve dans le catalogue, parmi lesquelles des huiles sur toile, des dessins, des photographies et des lithographies, propose un parcours chronologique permettant de suivre la vie de van Dongen et de découvrir l’évolution de son œuvre au cours de ses différents lieux de vie et de travail, notamment au Bateau-Lavoir.

Van Dongen
Lutteuses du Tabarin, 1907-08.

Ni un bateau, ni un lavoir

Il peut sembler étrange d’associer un artiste et un bateau-lavoir. Mais c’était une particularité parisienne de l’époque. Le Bateau-Lavoir n’est ni un bateau ni un lavoir. C’est une construction sur un terrain en dénivellation de la butte Montmartre, comportant un seul étage à l’avant, côté rue, et un autre étage à l’arrière. On l’appelait la «Maison du Trappeur» avant de la surnommer le «Bateau-Lavoir».

L’explication du nom serait assez simple. Cette construction, qui remplace une guignette effondrée, comporte un long couloir semblable à celui d’un bateau, et une fontaine se trouve au milieu de ce bâtiment. Cette maison abrite des artistes. Et ce serait le poète et romancier Max Jacob, qui a séjourné dans ce «bateau» en 1904, en compagnie notamment de son grand ami Pablo Picasso, qui aurait formé le surnom Bateau-Lavoir.

Le premier artiste à s’y installer, en 1892, est le prolifique peintre Maxime Maufra (1861-1918) dont on a déjà recensé plus de mille œuvres. Rapidement, de nombreux artistes de l’époque vont venir s’y retrouver: Paul Gaugin, Kees van Dongen, Amedeo Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob, Henri Matisse, Georges Braque, Fernand Léger, Maurice Utrillo, Guillaume Apollinaire, Jean Cocteau et bien d’autres. C’est alors que Max Jacob surnomme le Bateau-Lavoir le «laboratoire central de la peinture».

Van Dongen
Danseuse espagnole, p. 129.

Van Dongen

Parmi tous ces artistes, on a noté la présence de van Dongen. Dans le précédent article sur Les Hollandais à Paris, on peut lire qu’il fait partie de ces très nombreux peintres venus se ressourcer en France. Il séjourne pour la première fois à Paris entre 1897 et 1898, et à la fin de l’année 1905, il emménage avec sa famille au Bateau-Lavoir, probablement sur l’invitation de Picasso.

Van Dongen a alors 28 ans. Il rencontre de nombreux artistes, dont Vlaminck et Matisse, précurseurs du fauvisme. Il suit de près l’art d’avant-garde qui se manifeste à Paris. Son style pictural évolue et le situe dans «un mouvement entre postimpressionnisme, fauvisme et primitivisme, à l’écart des recherches cubistes».

Il choisit pour sujet la vie nocturne à Montmartre, peignant de nombreuses scènes inspirées des spectacles de cirque et de music-hall. En 1907, Fernande Olivier, l’amie de Picasso, devient son modèle. Alors que sa femme et sa fille sont rentrées aux Pays-Bas, il quitte le Bateau-Lavoir et emménage dans une rue parisienne.

Ses toiles s’agrandissent en fonction de la taille des ateliers dans lesquels il travaille. Sa rivalité artistique avec Picasso s’affiche, notamment avec son tableau Les Lutteuses de Tabarin, en opposition aux Demoiselles d’Avignon.

Il s’installe à Montparnasse en 1912, obtient la nationalité française en 1929, et mène grande vie. En 1951 il achète une villa à Monaco et la nomme «Bateau-Lavoir», un signe de l’importance qu’il attribue à cette période de sa vie. C’est là qu’il décède en 1968, à 91 ans.

Van Dongen
Chinagami (danseuse), 1906, p. 113.

Le catalogue

«Cet ouvrage passionnant montre à quel point le court séjour de Kees van Dongen au Bateau-Lavoir fut déterminant pour l’évolution de sa carrière. Plusieurs œuvres phares présentées illustrent les moments-clés de cette période», peut-on lire en quatrième de couverture du livre-catalogue qui accompagne l’exposition du Musée de Montmartre.

Cinq articles très illustrés précèdent le catalogue proprement dit: Van Dongen et le Bateau-Lavoir, Dialogue raisonné entre Picasso et van Dongen avec une reproduction des Demoiselles d’Avignon, Van Dongen à la recherche d’une reconnaissance nationale, Les souvenirs nostalgiques du Bateau-Lavoir, Les premiers Néerlandais au Bateau-Lavoir.

Le catalogue qui suit est divisé en sections par des pages en couleur qui présentent en ordre chronologique les œuvres de van Dongen exposées au Musée de Montmartre.

Ainsi, des Débuts (titre de la première section, p. 70) jusqu’à la Peinture mondaine (titre de la dernière des sept sections, p. 140), on peut suivre l’évolution artistique du peintre tout en ayant le plaisir de découvrir ses œuvres, qui nous sont souvent inconnues.

Un excellent ouvrage à petit prix pour mieux connaître Kees van Dongen et ses œuvres.

Van Dongen
Mai 2011.

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