Les Collectionneurs d’images : roman sur l’identité des îles Féroé

Féroé, Joanès Nielsen, Les Collectionneurs d’images
Joanès Nielsen, Les Collectionneurs d’images, roman traduit du danois par Inès Jorgensen, Saguenay, Éditions La Peuplade, coll. Fiction du Nord, 2021, 480 pages, 27,95 $.
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Sous le contrôle du Danemark depuis 1388, Féroé regroupe 52 000 habitants répartis sur 18 îles perdues dans l’Atlantique-Nord. Pour faire connaître l’identité de cet archipel, Joanès Nielsen signe un roman insulaire intitulé Les Collectionneurs d’images.

Marin pêcheur puis ouvrier du bâtiment, Jóanes Nielsen est poète, dramaturge et romancier. Il est né et a grandi à Tórshavn, capitale des îles Féroé. Son livre s’avère assez complexe, voire compliqué, car nous avons tour à tour droit à un roman identitaire, mystique, politique et sexuel.

Six garçons dans les années 1950

Le roman suit la destinée de six garçons de la classe de 1952 de l’école Saint-François de Tórshavn. Il couvre environ quarante ans, de l’éducation religieuse à la révolution sexuelle, en passant par les luttes pour la culture féroïenne et l’exil sur le continent européen.

Djalli meurt le premier d’une méningite. Ingimar est emporté au fond de l’eau par un filet de pêche. On retrouve le corps de Staffan dans la commune libre de Christiania à Copenhague. Fríðrikur est lâchement assassiné. Olaf meurt d’une maladie interdite à Féroé (sida). Kári fait leur éloge funèbre. C’est lui qui raconte leurs trajectoires.

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Le destin de ces six garçons est présenté à la manière d’instantanés qui sont autant de récits d’apprentissage dans un environnement social et géographique difficile. Le roman devient dès lors le portrait tendre, littéraire et populaire d’une génération féroïenne.

Vie rude aux îles Féroé

Publié aux Éditions La Peuplade, Les collectionneurs d’images, c’est la rudesse de la vie sur les îles, la masculinité toxique, l’homophobie, l’éternelle domination danoise et les lois de l’exil obligé. C’est la manière dont l’archipel, comme l’ogre des contes, dévore parfois ses propres enfants.

Entrelaçant devenirs intimes et collectifs, le roman déploie une fresque sociale et familiale qui retrace avec émotion l’entrée dans la modernité de cette partie isolée et méconnue du royaume du Danemark. Jóanes Nielsen offre un bel exemple de la littérature nordique.

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