Jean-Rock Boutin au service des aînés

Président de la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario

Jean-Rock Boutin, président de la FARFO; Daisy Wai, adjointe parlementaire; le ministre ontarien des Aînés, Raymond Cho; Barbara Ceccarelli, directrice général des Centres d'Accueil Héritage; Carol Jolin, président de l'AFO.
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«Ne pas être engagé dans sa communauté équivaut à ne pas vivre pleinement.» Voilà la règle qui guide Jean-Rock Boutin depuis bientôt cinquante ans. Pour ce Beauceron devenu Franco-Ontarien, «il est nécessaire de redonner ce qu’on a reçu, surtout lorsqu’on a toujours été bien entouré».

Né à Saint-Prosper de Beauce, Jean-Rock Boutin entrecoupe ses études d’une période de travail dans la construction aux États-Unis à l’âge de 18 ans. De retour au Québec, il songe à devenir prêtre ouvrier et obtient un baccalauréat, puis une maîtrise, en théologie.

Jean-Rock Boutin estime que les aînés francophones de Toronto n’ont pas beaucoup de services dans leur langue.

Intérêt de longue date

Il finira plutôt par décrocher une maîtrise en service social, avec spécialisation en gérontologie. Sa thèse prend la forme d’un guide d’intervention et d’animation de groupe auprès des aidants naturels de personnes âgées.

Jean-Rock Boutin, président de la FARFO.

L’idée de travailler pour les personnes âgées remonte à l’adolescence de Jean-Rock. «J’ai toujours eu une bonne relation avec ma grand-mère maternelle, j’aimais l’écouter et je me nourrissais de son empathie. La gérontologie s’est naturellement imposée.»

Pas assez de services à Toronto

Ouvertement homosexuel, Jean-Rock perd en décembre 1991 son partenaire de dix ans, fauché par le sida. Un ami lui souligne que les Centres d’Accueil Héritage (CAH), au service des aînés francophones à Toronto, recherchent un gestionnaire de cas et coordonnateur des bénévoles.

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Le moment est propice pour tourner la page. La Ville Reine l’attire, car elle se compare bien à plusieurs villes américaines qu’il affectionne.

Engagé comme premier travailleur social des CAH en avril 1992, Jean-Rock est «choqué de voir que les aînés n’ont pas beaucoup de services dans leur langue».

Il multiplie alors les interventions pour que des services de soutien communautaires soient offerts en français aux aînés, à leur famille et aux aidants naturels. Il milite aussi pour que ces services soient disponibles pour les personnes vivant avec le VIH/sida.

Encouragé par Omer Deslauriers

L’un des mentors de Jean-Rock a été Omer Deslauriers, ancien enseignant, militant franco-ontarien, haut fonctionnaire provincial et animateur communautaire.

Omer Deslauriers.

Pour Deslauriers, il importait de créer des organismes à but non lucratif capables d’aller chercher les fonds qui leur étaient destinés.

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Jean-Rock a suivi ce conseil et a cofondé FrancoQueer, puis Action positive VIH/sida à Toronto.

«Je ne m’étais jamais vu comme un militant gai, mais comme le dit Diane Dufresne dans la chanson Hollywood Freak, “Faut qu’y en aye qui le fasse, pis je donnerai pas ma place!”»

Jean-Rock et son partenaire actuel, Jason Brown, ont aussi appuyé la première rencontre LGBTQ francophone à Hamilton, où il vit depuis trois ans.

De la théologie au communautaire

Jean-Rock a collaboré comme concepteur et coordonnateur du projet Histoires de Fiertés, un site internet qui présente les récits de vie de six personnes de l’Ontario français, aînées et LGBT (2012). On lui doit aussi le documentaire 70 ans… et au placard, réalisé par Médiatique pour Radio-Canada en 2014.

Jean-Rock Boutin et son compagnon Jason Brown.

Il est présentement président de la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO).

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«C’était presque écrit dans le ciel que je m’embarquerais dans la FARFO. Pour moi, il n’y pas assez de services pour les aînés, en particulier pour ceux dans la marge: les LGBTQ, ceux vivant avec le VIH/sida, les immigrants, les gens aux prises avec des problèmes de santé mentale», énumère-t-il.

Jean-Rock Boutin admet que son engagement actuel est probablement teinté des relents de la morale chrétienne. Au lieu de devenir prêtre ouvrier, il a embrassé l’animation communautaire avec brio!

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