Henning Mankell nous sert un drame touffu et débridé

Henning Mankell, Les Bottes suédoises, roman traduit du suédois par Anna Gibson, Paris, Éditions du Seuil, 2016, 268 pages, 34,95 $.
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L’auteur suédois le plus connu est sans doute Henning Mankell. Il est décédé le 5 octobre 2015 à l’âge de 67 ans. Son tout dernier roman s’intitule Les bottes suédoises et nous démontre que les gens ne sont pas toujours ce que nous croyons. Cela vaut pour tout le monde, y compris pour soi.

Le roman est «la suite indépendante» des Chaussures italiennes (2009). Pas besoin d’avoir lu le premier pour apprécier le second. Le personnage principal est Fredrik Welin, 70 ans, qui vit seul sur une île de la Baltique et dont la maison brûle mystérieusement en pleine nuit.

Dans la panique, Welin a juste le temps de sortir en enfilant deux bottes gauches dépareillées, d’où le titre du roman. Il sauve sa peau, c’est tout.

Le septuagénaire est soupçonné d’avoir mis le feu à sa propre maison, mais cet incendie n’est que le premier acte d’un drame touffu et débridé. D’autres maisons brûlent aussi mystérieusement au fil des mois. Welin est résolu de ne pas laisser un incendie lui voler sa vie.

L’histoire prend divers tournants. Welin a une fille qui vit à Paris et qui ne lui donne pas souvent signe de vie. Elle arrive en catastrophe et apprend à son père qu’elle est enceinte. Ce dernier découvre aussi que Louise vit du métier de carterista ou pickpocket.

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Raconteur par excellence, Henning Mankell sait mêler rebondissements et réflexions. Son intrigue est toujours farcie de remarques philosophiques ou psychologiques. Il écrit que «pour fonctionner, le mensonge doit se fonder sur des choses vraies; seuls certains éléments sont faux et détournent complètement le sens de ce qu’on raconte.»

Il n’y a pas que le mensonge ou l’énigme de la filiation qui ressort de ce roman finement ciselé. Il est aussi question du désir et de la soif d’amour, du sentiment de culpabilité et du besoin de rédemption.

En postface, l’auteur note que certains lecteurs croiront peut-être identifier un certain nombre d’îlots suédois, voire de personnages. «Pourtant, aucun archipel au monde ne correspond à la carte géographique et humaine que j’ai dessinée dans ces pages.»

Henning Mankell, écrivain engagé, mobilisé par les enjeux de solidarité et de justice, a partagé sa vie entre la Suède et le Mozambique. Outre la célèbre série policière Wallander, il est l’auteur de romans sur l’Afrique et sur des questions de société, souvent récompensés par de nombreux prix littéraires.

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