Helsinki : ville de pierre, coeur de pierre?

Rendez-vous de navires de toutes les époques à Helsinki. (Photos: Marc Albert Cormier)
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À peine deux heures de traversée séparent Tallinn en Estonie d’Helskini en Finlande. J’ai opté pour le traversier de l’armateur Viking Lines. Quelle surprise en montant à bord: ce traversier est un casino flottant, avec boutique d’alcool en détaxe, un bar à la proue et un autre à la poupe, et je ne parle pas de la barre du capitaine!

Je l’avoue, j’ai bien mis 10 euros dans une machine à sous: c’était pour avoir de la monnaie pour mettre mon sac à dos dans un casier, me libérant pour que je puisse monter sur le pont et humer l’air marin de la mer Baltique.

Plus cher qu’à Tallinn

Arrivé à Helsinki, je me suis rendu à mon Aibnb, en taxi. Fini les trajets à 5 euros de Tallinn, ici c’est 20 euros pour 4 kilomètres.

Je me suis retrouvé dans une espèce de banlieue-dortoir à la tombée de la nuit, sous une pluie battante. La Finlande commençait mal. Le lendemain matin, après avoir pris mes repères, j’ai découvert que j’étais à 200 m de la principale artère ferroviaire du pays, le centre-ville d’Helsinki était à 10 minutes de train.

Mieux, j’ai découvert une machine Lavazza sur le quai de la gare. Pour 1,80 euros, «plop» et voilà un gobelet d’expresso chaud disponible en quelques minutes. Du coup, j’ai commencé à aimer la Finlande!

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Du café Lavazza à la gare.

Suède et Russie

Helsinki est une ville relativement récente. Pas de centre médiéval: cette ville fut construite à la Renaissance par le roi de Suède et fortifiée par la Russie impériale. C’est une ville de pierre, aux influences conjuguées russe et suédoise et, bien entendu, une bonne touche d’Art Déco, notamment à la gare centrale.

Comme ses voisines baltiques, on y trouvera des églises orthodoxes à quelques pas d’églises protestantes luthériennes: le contraste est saisissant.

L’entrée de la gare d’Helsinki.

Les meilleurs poissons fumés

La pluie n’ayant cessé depuis 24 heures, il ne me restait plus qu’une chose à faire pour tuer le temps, une passion personnelle: bien manger. Je me suis rendu dans un des restaurants les plus chics de la ville, au bout de l’Esplanade, avec vue sur la mer.

Kappeli est sous une énorme verrière de fer forgé. Alors que tombait des trombes d’eau, je dégustais la meilleure sélection de poissons fumés que j’ai pu goûter pendant ce voyage: cisco fumé, hareng de la Baltique, saumon mariné, le tout préparé avec délicatesse et raffinement. J’ai fait exploser mon budget Kebab pour deux semaines avec cette petite gâterie culinaire.

Un excellent repas de poisson fumé.

Sourire difficile

La Finlande, comme sa voisine méridionale, est passée au tout informatique. Pour des raisons que je ne vais pas détailler ici, j’ai eu besoin d’imprimer des documents et un formulaire d’une grande importance. Je me suis mis à la recherche d’un café internet. Quelle idée, ça n’existe pas dans un pays aussi branché, voyons!

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C’est en interrogeant un préposé dans une boutique Apple qu’on me dit sans rire: ça fait quatre ans que je n’ai plus d’imprimante, je n’en ai pas besoin, on fait tout en ligne ici. Mais si tu dois absolument imprimer quelque chose: rends-toi à la bibliothèque municipale.

C’est donc ce que j’ai fait, découvrant ce qu’était une bibliothèque finlandaise: poste de travail pour la couture, des livres bien entendu, ordinateurs tournant sur Linux et un personnel qui ressemblait à s’y méprendre aux musiciens d’un groupe de death metal : T-shirts noirs, hagards et balafrés. Ils m’ont néanmoins dépanné avec sympathie et gentillesse.

Mais on ne sourit pas beaucoup dans ce pays, pas plus que dans les autres pays de mon périple, il faut le dire. L’Amérique du Nord est le continent du sourire permanent… Je m’égare.

La cathédrale orthodoxe Ouspenski.

Hillaa de Laponie

La pluie ayant décidé d’une mi-temps, j’ai pu alors découvrir le marché du port, et que vis-je? Pour 10 euros, je pouvais avoir quelques grammes de ces baies jaunâtres et dorées qu’on retrouve dans mon île natale de St-Pierre, à Terre-Neuve, dans le nord du Québec, en Norvège, en Suède et bien entendu en Finlande.

Platebière, plaquebière, chicoutée, cloudberry… en Finlande on nomme ce fruit de la «hillaa». La vendeuse s’est empressée de m’expliquer ce que c’était et que ça venait de la Laponie. Que de souvenirs s’empressent quand une saveur particulière emplit votre bouche!

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Sur ce même marché, beaucoup d’artisans et d’artistes, l’endroit idéal pour se trouver un souvenir original fabriqué à la main.

Des baies «hillaa» au marché.

Restos népalais

Dernière curiosité d’Helsinki: il y a des restaurants népalais partout. Pourquoi le Népal? Il semble que ce sont tous des immigrés du même village et qu’après le succès du premier restaurant du genre, d’autres cousins et parents sont venus en ouvrir d’autres!

Il y a bien d’autres choses à faire à Helsinki, bien entendu, mais pris par le temps et agacé un peu par la pluie, me voici sur le départ pour Stockholm. Dernière pause-café croissant à l’aéroport, ça sera 18 euros…

Souvenir insolite: vous pouvez acheter des peaux de renne détaxées avant votre envol.

J’oubliais! À Helsinki vous êtes à la même latitude que le sud du Groenland ou les îles Shetland. Le soleil se couche à 23h lors du solstice d’été puis se lève à 4 heures du matin. Fin juillet, les journées sont plus courtes, le soleil se couche à 22h.

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Le port industriel d’Helsinki.

Verdict

• Est-ce que j’ai aimé? Tout à fait, c’est un pays remarquable.

• J’y retournerai? Pas à Helsinki une seconde fois, je pense que j’irai ailleurs dans ce grand pays.

• Est-ce que je recommande? Oui, sans hésiter.

• En quelques mots : poisson fumé et platebières.

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