Haïti : les deux côtés de la médaille

Plaidoyer pour les activistes pacifiques haïtiens

Rudolf Dérose (RENAPROTS) et Markensy Hyacinthe, directeur-fondateur d’Expérience Jacmel. Photo: Annik Chalifour
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Oui, la décadence politique et la rage sociale en Haïti font les manchettes ces temps-ci. Mais il y a aussi l’autre côté de la médaille: les efforts constants de nombreux Haïtiens résilients, engagés sans réserve pour la prospérité de leur pays.

Oui, il y a aujourd’hui de violentes émeutes, pillages et meurtres à travers Haïti. Mais aussi de nombreuses initiatives menées sur le terrain par des activistes pacifiques. Leur but: réorienter le pays vers une socio-économie locale inclusive et durable, malgré les contraintes d’une extrême instabilité politique qui dure depuis trop longtemps.

En voici un aperçu.

Mobilisation solidaire

Haïti est doté d’un extraordinaire patrimoine culturel, garant de son développement socio-économique durable, méconnu par la plupart d’entre nous, gens du Nord, et aussi par de nombreux Haïtiens. Le Réseau National des Promoteurs du Tourisme Solidaire (RENAPROTS) l’a compris.

Rudolf Dérose, coordonnateur du RENAPROTS, Route du Café. Photo: Annik Chalifour

Créé en 2003, le RENAPROTS s’efforce de mettre en œuvre un menu de parcours écotouristiques axés sur la découverte et la promotion des produits locaux d’Haïti tels que la Route du café et plus récemment la Route du cacao.

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Depuis plus de 15 ans, le réseau œuvre en collaboration avec plus d’une vingtaine de partenaires locaux à travers le pays. Citons:

Expérience Jacmel, entreprise de tourisme responsable basée à Jacmel (Sud-Est);

–  l’Association des Dondonnais en Action engagée pour le tourisme alternatif dans le Nord;

– l’Institut de Recherche et d’Appui Technique en Aménagement du Milieu, regroupant plus de 400 agriculteurs et éleveurs logés en montagne (Nord-Est);

l’hôtel Rayon de Lumière promoteur de la cité fortifiée Marchand Dessalines (Artibonite), haut lieu du patrimoine historique d’Haïti;

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l’Association des Paysans de Vallue, animateurs du patrimoine rural haïtien.

Alain-C. Félix, gérant du site de l’IRATAM. Photo: Claire Binet

«Nous visons à renforcer les liens de solidarité entre les membres du Réseau, à créer des partenariats internes et externes, à promouvoir les produits qu’offrent nos communautés pour contribuer au rayonnement socio-économique du pays», selon Rudolf Dérose, coordonnateur du RENAPROTS.

Alternative agricole

Le secteur agricole en Haïti s’élève à près de 20% du PIB. Il constitue l’une des principales sources génératrices de revenus.

Bien que le pays dispose d’une impressionnante variété de produits agroalimentaires (café, bananes, mangues, cacao, riz, agrumes, canne à sucre, haricots, maïs, pour n’en citer que quelques-uns) et d’une population rurale majoritairement impliquée dans le domaine agricole, la productivité et l’employabilité en agriculture demeurent de grands défis.

Cependant, il y a Vallue, une communauté rurale exemplaire juchée à 750 mètres d’altitude (une heure de route de Port-au-Prince), où Abner Septembre, sociologue et entrepreneur propriétaire de l’hôtel Villa Ban Yen dédie son activisme environnemental et culturel à la préservation, la valorisation et la prospérité du mode de vie paysan haïtien.

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Abner Septembre, proprio de l’hôtel Villa Ban Yen et environnementaliste.

Abner Septembre, passionné de sa terre montagneuse, promeut sans relâche l’agritourisme en Haïti comme «une alternative sûre pour la renaissance du tourisme haïtien par la découverte des savoir-faire agricoles du territoire haïtien, de ses paysages, ses pratiques sociales et des spécialités culinaires découlant de son agriculture. L’espoir d’un avenir meilleur pour tous.»

Citoyens engagés

Nombre d’Haïtiens et Haïtiennes s’engagent pour un avenir meilleur en Haïti. Certains le font par le biais de leur implication citoyenne dans la gouvernance locale de leurs collectivités.

Yolène Jean Baptiste. Photo: FCM

Certains appuient la promotion du patrimoine gastronomique haïtien, dont la cheffe capoise (Cap-Haïtien) Natacha Gomez, fondatrice de l’entreprise Investa Haïti et créatrice de la marque 100% Lokal, également militante pour la planète.

Natacha Gomez au Centre de germoplasme et propagation végétale, région des Nippes, Haïti.

D’autres agissent par la plume dont l’économiste et auteur haïtien Fritz A. Jean et son tout récent ouvrage Haïti, une économie de violence visant à sensibiliser le lecteur à la réalité actuelle de l’État haïtien en pleine décadence et ses dangers, mais aussi à l’espoir d’une transition possible vers un leadership économique partagé à l’ère numérique.

Fritz A. Jean.

Oui, on doit dénoncer la crise haïtienne et ses effets catastrophiques sur le peuple et le pays, mais aussi faire connaître l’inlassable militantisme positif des Haïtiens et Haïtiennes, précurseurs de paix et de progrès pour Haïti.

Conserver l’esprit critique, mettre les pendules à l’heure, dénoncer le négatif, mais aussi appuyer le positif. Faire preuve d’avant-gardisme. Regarder Haïti autrement.

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