Guide commercial de Toronto

Jean-Michel Dufaux, 300 raisons d’aimer Toronto, guide, Montréal, Éditions de l’homme, 2019, 288 pages, 29,95 $.
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Après New York, Paris, Londres, San Francisco, La Havane et Montréal, les Éditions de l’Homme publient 300 raisons d’aimer Toronto.

C’est Jean-Michel Dufaux qui est tombé sous le charme de la capitale ontarienne ou de «la ville de tous les possibles», comme il le note en introduction.

Boire et manger

D’entrée de jeu, Dufaux donne le ton en dressant une liste de ses 5 TOPS au niveau des œuvres architecturales, de l’art public, des parcs et des plus beaux points de vue.

Il s’arrête surtout et longuement à des lieux où boire et manger: pizzas napolitaines, burgers, torréfacteurs, microbrasseries, bouffe végétarienne et végétalienne, alouette!

Peu d’histoire

Contrairement à d’autres guides, Ulysse par exemple, celui-ci demeure plus souvent qu’autrement avare de renseignements sur l’historique de la Ville Reine.

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C’est en se promenant à vélo que Dufaux «a découvert par hasard le magnifique Étienne Brûlé Park».

Il ajoute ce bref commentaire: «Pour la petite histoire, Étienne Brûlé (1592-1633), qui avait appris la langue huronne, fut l’un des premiers explorateurs français à s’être aventuré au-delà du fleuve Saint-Laurent et le premier Européen à avoir vu le lac Ontario et quelques autres des Grands Lacs.»

Dix quartiers

Le guide divise Toronto en dix quartiers. Dans chaque cas, une carte indique les lieux où boire, manger et dormir, bien entendu, puis magasiner, se promener, visiter des musées ou institutions culturelles et faire quelques activités.

À une exception près, les joyaux de la francophonie torontoise brillent par leur absence; aucune référence au Salon du livre, au Théâtre français, à Cinéfranco ou à L’Express.

L’exception est Franco Fierté qui est mentionnée dans la capsule «Diversité, fierté et party». On peut y lire que, «dans le cadre de Pride Toronto, la Franco Fierté, organisée par l’association FrancoQueer, est une manifestation d’envergure qui permet aux francophones de Toronto et d’ailleurs de festoyer dans leur langue».

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Dépenser

Le guide aurait pu s’intituler «300 raisons de dépenser à Toronto».

Il regorge de photos alléchantes, comme celles des meilleurs endroits pour prendre un verre ou déguster une pâtisserie, et des meilleurs cafés où se poser avec son portable. L’ouvrage est conçu pour générer des achats impulsifs au comptoir. On est dans le monde d’Instagram et de Pinterest.

Les Éditions de l’Homme aurait dû demander à Nathalie Prézeau de rédiger ce guide sur Toronto. Elle y aurait fait briller beaucoup mieux les accents uniques et les émotions culturelles de la capitale ontarienne.

Et la fibre francophone n’aurait pas été quasiment oblitérée.

Sortir de Toronto

C’est peut-être voulu, mais c’est un peu étrange qu’il faille sortir de Toronto pour trouver 300 raisons. Il faut se rendre jusqu’à Mississauga, Hamilton, Niagara-on-the-Lake, voire Kingston et Buffalo.

L’éditeur résume le guide en une petite phrase lapidaire: «La Ville Reine comme vous ne l’avez jamais vue!» C’est une vision qui me semble trop commerciale et quelque peu superficielle.

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