Des outils numériques pour aider les femmes à contrer la violence

Conférence Oasis violence numérique
La conférence d'Oasis Centre femmes était organisée dans le cadre de la Journée du 8 mars.
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Le racisme, l’homophobie et les violences contre les femmes, que l’on connaît depuis des siècles, ont envahi le web… Mais les outils numériques peuvent aussi permettre de combattre ces vecteurs d’injustices.

C’est ce qu’a expliqué Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes à la table de réflexion organisée le 8 mars par l’organisme torontois Oasis Centre des femmes avec CHOQ-FM.

Haro sur la cyber-violence

À l’occasion de la Journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, cette conférence avait pour but d’explorer les défis et innovations sur le web, ainsi que les outils numériques permettant aux femmes de se sentir en sécurité.

On y retrouvait un panel de femmes spécialistes des violences faites aux femmes et des technologies.

Conférence Oasis violence numérique
Le panel des invitées de la table ronde organisée par Oasis Centre des femmes, animé par Janie Renée Myner, de l’Union des cultivateurs franco-ontariens.

Le numérique amène avec lui de nouvelles formes d’agressions. Ce que l’on peut appeler la «cyber-violence», indique Maïra Martin.

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Celle-ci est souvent prégnante dans la violence conjugale, où un conjoint peut exercer un contrôle accru de sa compagne. Il peut ainsi surveiller son courriel, ses réseaux sociaux, la suivre grâce à des applications de localisation… «Autant de possibilités pour manipuler et oppresser sa conjointe, qui y perd malheureusement son intimité et sa dignité.»

Briser la chaîne des violences numériques

Alice Fomen, spécialiste en technologie éducative et conception pédagogique, lutte pour «l’inclusion numérique». «La sécurité sur Internet peut créer une certaine paranoïa», dit-elle. «On a l’impression d’être épié dans tous nos gestes.»

L’enjeu se trouve aujourd’hui autour de nos données, et comment elles peuvent être utilisées contre nous. «On dit souvent aux femmes victimes de violences d’effacer leur historique. Mais cela n’est pas suffisant, il faut aussi pouvoir protéger ses données sur son téléphone pour se prémunir de cyber-violence.»

Or, aujourd’hui, nos données sur Internet ne nous appartiennent plus vraiment.

«Les algorithmes des plateformes numériques nous bombardent de contenus que l’on consomme», explique Marie-France Lefort, coach de vie et consultante en accessibilité numérique.

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«Nous sommes le produit de ces plateformes, qui connaissent nos préférences. Et les informations que l’on reçoit changent aussi nos perceptions de nous-mêmes. Cela a souvent un grand impact sur la confiance en soi des femmes. Il faut pouvoir se prémunir de ces micro-violences ».

Apprendre aux femmes à se protéger

Des outils existent pour se protéger de la cyber-violence, notamment dans le cadre de la violence faite aux femmes. Des applications pour sécuriser les téléphones, des mots de passe compliqués, une géolocalisation désactivée, interdire l’accès aux données aux applications… Tant de techniques pour ne pas se faire piéger en ligne.

Conférence Oasis violence numérique
L’association Oasis est très active auprès des femmes dans la communauté francophone de Toronto.

«Il faut prendre les bonnes mesures pour éviter la cyber-violence», explique Aline Nizigama, directrice des projets stratégiques du Centre francophone du Grand Toronto.

Elle qui travaille à combler le fossé numérique dans les communautés veut pouvoir donner les bons outils pour se protéger, notamment auprès des personnes vulnérables.

«Ce sont parfois les détails qui importent le plus», ajoute Alice Fomen. «Il faut lire des CGU (Conditions générales d’utilisation) des sites, refuser les cookies… » Selon elle, il faut pouvoir trouver l’équilibre entre la prévention et la paranoïa.

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Le soutien en ligne d’Oasis continue de faire ses preuves

À Oasis Centre des femmes, Diewo Diallo est gestionnaire des programmes. Elle gère notamment le programme d’intervention de l’association à travers son service de soutien en ligne pour les femmes victimes de violences.

Ce service à distance et virtuel est une solution d’urgence mise en place quand la pandémie est apparue. Concrètement, il consiste à un soutien en ligne gratuit et des appels fréquents auprès des femmes dans le besoin, pour prendre de leurs nouvelles.

Conférence Oasis violence numérique
Le service de soutien en ligne d’Oasis est disponible à tout moment pour les femmes qui en ont besoin.

«Aujourd’hui, le bilan de ce service est très intéressant», se réjouit Diewo Diallo. «Après en avoir parlé avec nos bénéficiaires, nous avons pu en tirer des apprentissages. Les groupes de soutien virtuels, par exemple, ont attiré beaucoup de monde, plus qu’en présentiel.»

La difficulté s’est trouvée dans l’accompagnement virtuel des victimes de violences. En effet, elles n’ont pas toujours la possibilité de s’isoler pour parler en sécurité.

«La sécurité est notre priorité numéro 1 à Oasis Centre des femmes», rappelle Dada Gasirabo, directrice générale de l’association. «Nous savons que le numérique est encore un facteur d’inégalités, notamment auprès des femmes. Nous voulons les rassurer et leur dire que nous sommes la pour elles.»

Pour rappel, voici le numéro d’écoute Fem’aide: 1-877-336-2433. N’hésitez pas à contacter Oasis Centre des femmes si vous avez êtes victime de violences.

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