Prise de parole décousue des femmes dans Filibuste

Frédérique Côté, Filibuste
Frédérique Côté, Filibuste, roman, Montréal, Le cheval d’août, 2021, 118 pages, 20,94 $.
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Dans son premier roman intitulé Filibuste, Frédérique Côté donne la parole aux femmes parce que, estime-t-elle, ce sont les hommes qui s’en emparent trop souvent.

Une mère et ses trois filles racontent une histoire où le père joue le rôle principal sans jamais prendre la parole.

Comme on le sait, le filibuster désigne une technique oratoire d’obstruction parlementaire visant à retarder l’adoption d’un projet de loi. Pour Frédérique Côté, cela représente un moment où une femme prend la parole et l’utilise comme arme, comme façon de retarder quelque chose qui doit arriver.

Une famille dysfonctionnelle

Publié aux éditions Le cheval d’août, le roman met en scène une famille complètement dysfonctionnelle. La mère et ses trois filles sont des femmes ordinaires, un peu obsédées par leur propre quotidien. L’auteure, qui a deux sœurs, dédie d’ailleurs son roman à sa mère.

Volet créatif d’un mémoire de maîtrise à l’Université McGill, Filibuste était à l’origine une pièce de théâtre. On retrouve une trace dramatique dans les dialogues qui sont très vivants, toujours directs, souvent ancrés dans l’oralité.

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Les trois filles – Delphine, Flavie et Bébé – sont absorbées par leurs chicanes, par leurs peurs, par leurs tracas et par leurs obsessions. La mère et ses trois filles regardent religieusement des téléréalités qui en incitent une à parler vulgairement.

Fait divers

Sans dire un mot, le père demeure dans le décor. En moto, il a foncé sur une voiture qui roulait en sens inverse. Une grand-mère et une mère de famille sont mortes sur le coup.

Chose étrange, on ne connaît pas la suite de cette tragédie qui se retrouvera dans la rubrique des faits divers.

À un moment donné, Delphine dit: «Mon chum couche avec sa sœur.» Il précise: «Je ne pourrai plus jamais avoir une aussi grande complicité sexuelle avec quelqu’un d’autre, j’ai trouvé mon âme sœur. Littéralement.» L’auteure n’appelle pas ça de l’inceste, plutôt une attirance sexuelle génétique.

La mère sait que ses filles ne veulent surtout pas l’avoir comme amie, elles ont juste besoin d’un ancrage maternel, une personne sur qui on peut s’appuyer parce que c’est elle qui dirige la maison. «Une mère qui aime ses enfants, mais qui arrive pas à les garder intacts.»

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Filibuste, un roman décousu

Au sujet de ce roman, Le Devoir a écrit que «les nombreuses et longues digressions sur la téléréalité viennent par endroits plomber, voire freiner, le bon déroulement du drame familial». Je suis parfaitement d’accord.

J’avoue que j’ai rarement lu un roman aussi décousu, je dirais même sans queue ni tête. Ça va dans toutes les directions. Je me suis perdu, voire ennuyé.

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