Fécondation in vitro: de la vaches laitières à l’humain

Pavneesh Madan, prof, vétérinaire et chercheur au sein du département des sciences biomédicales du Collège vétérinaire de l’Ontario de l’Université de Guelph.
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Pavneesh Madan avait à peine huit ans lorsqu’il regarda un embryon sous un microscope pour la première fois. Ce premier coup d’œil marqua le début de son intérêt indéfectible pour les œufs fertilisés et, en particulier, pour le domaine de la mortalité embryonnaire précoce chez les bovins laitiers.
Ce vétérinaire et chercheur de l’Université de Guelph mène aujourd’hui une recherche qui vise à trouver des moyens de distinguer les embryons de bonne qualité des embryons de mauvaise qualité avant leur utilisation pour le transfert embryonnaire.

«La mortalité embryonnaire précoce coûte très cher aux producteurs laitiers», fait-il valoir. Une enquête des Nations Unies évalue à 1,8 milliard $ par année les pertes dues à la mortalité embryonnaire dans les secteurs du bœuf et des bovins laitiers à l’échelle mondiale.

«Nous pouvons peut-être éviter une partie de ces pertes en comprenant comment l’embryon se développe», dit-il. «Puis comment nous pouvons distinguer les embryons de bonne qualité des embryons de mauvaise qualité au cours des premiers jours de leur développement pour ne choisir ensuite que les embryons de bonne qualité.»

Au cours de l’élaboration d’une méthode non invasive pour l’évaluation de la qualité des embryons de vaches laitières, M. Madan a fait une découverte tout à fait excitante qui pourrait contribuer à alléger les pertes incommensurables associées aux avortements spontanés chez l’humain.

Test de santé des embryons

«Si vous parlez à n’importe quel clinicien du domaine de la fécondation in vitro (FIV) chez l’humain, sa plus grande préoccupation vient du fait qu’il n’existe pas de test adéquat pour évaluer les embryons prélevés et déterminer ceux qu’il convient d’implanter pour obtenir le meilleur résultat possible.»

Il existe une faible corrélation entre l’inspection visuelle d’un embryon au microscope et la viabilité probable de celui-ci pour une grossesse humaine. M. Madan sait qu’un meilleur test est nécessaire: c’est ce sur quoi il travaille.

Chez les vaches laitières, le test de M. Madan sur la santé embryonnaire consiste à placer les jeunes embryons dans un milieu où ils peuvent vivre et croître sur une période allant de quelques heures à quelques jours.

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«Mon hypothèse est qu’un embryon de bonne qualité se nourrira et excrétera différemment d’un embryon de mauvaise qualité. En évaluant des milieux embryonnaires ‘usés’ (qui ont accueilli des embryons), nous sommes en mesure d’identifier des marqueurs de bonne santé et de mauvaise santé embryonnaire.»

Similitude intrigante

Quand il a collaboré avec des cliniques de FIV de tout l’Ontario à l’évaluation de milieux usés semblables qui avait accueilli des embryons humains, M. Madan a constaté une similitude intrigante entre les marqueurs de santé embryonnaire précoce chez les humains et les vaches laitières.

«Les bovins et les humains partagent beaucoup de points communs en ce qui a trait au développement de l’embryon, y compris le taux d’ovulation, le taux de développement et le métabolisme de l’embryon ainsi qu’une gestation de neuf mois», ajoute M. Madan.

Les embryons de vaches laitières offrent l’occasion rêvée pour M. Madan de peaufiner un test d’évaluation de la santé embryonnaire et de transformer celui-ci en vue de son utilisation chez l’humain.

«Mon travail vise à transformer ce processus d’évaluation de la santé embryonnaire en un test simple qui pourra être utilisé dans de plus petits laboratoires avant le transfert d’embryons bovins et humains», résume-t-il.

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