Engagement civique et entrepreneuriat des femmes noires: le MOFIF au front

Plus de 2,2 millions $ pour deux projets

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Selon le MOFIF, la relance économique post-pandémie passe par les entreprises des femmes. Photo: Christina Wocintechchat, Unsplash
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Le Mouvement ontarien des femmes immigrantes francophones (MOFIF) vient de recevoir plus de 2,2 millions $ du gouvernement fédéral pour réaliser deux de ses projets phare: l’un pour mousser l’engagement civique des femmes, l’autre pour soutenir entrepreneuriat des femmes noires.

Engagement civique

Le projet de trois ans Femmes d’action, femmes engagées: pour favoriser l’engagement civique et l’inclusion équitable des femmes immigrantes francophones reçoit 500 000 $ du ministère des Femmes et de l’égalité des genres.

«Nous savons que les femmes immigrantes francophones étaient aux premières lignes de soutien en ce qui concerne la réponse à la CoViD-19», indique la présidente du MOFIF, Assiatou Diallo.

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Assiatou Diallo, présidente du MOFIF.

«Or, les barrières à leur plein épanouissement sont encore bien présentes. C’est pourquoi notre projet vise à assurer la participation pleine et entière de celles-ci aux décisions et à la vie publique.»

Ce projet vise à mettre sur pied une communauté d’une centaine d’intervenant-es du milieu «afin de développer des solutions de fond autour de la participation des femmes immigrantes francophones à la vie démocratique».

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Ambassadrices du changement féministe

Ces «ambassadrices du changement féministe» dans les lieux politiques et décisionnels participeront à un programme d’engagement civique afin de favoriser l’intégration de mesures et politiques concrètes pour résorber ces inégalités.

MOFIF, femmes
Le MOFIF veut que les femmes immigrantes soient présentes et influentes dans les instances décisionnelles.

Elles recevront des formations sur divers enjeux d’équité et d’inclusion afin de renforcer leur capacité à être des instigatrices de changements dans divers milieux.

La première partie du projet visera la mise en place d’une communauté où siégeront plusieurs partenaires communautaires, institutionnels et gouvernementaux. La seconde partie vise à assurer la participation des femmes immigrantes francophones dans la mise en œuvre des mesures identifiées dans cette communauté.

«Nous avons souvent la fausse conception que les femmes immigrantes ne sont pas dans les postes décisionnels par manque d’intérêt», indique la directrice générale du MOFIF, Carline Zamar.

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Carline Zamar, directrice générale du MOFIF.

Le MOFIF s’attaque aux racines de l’exclusion

«Or, les recherches démontrent que l’intérêt est bien présent, mais les obstacles, comme le manque de réseaux, le racisme, le manque de formations ou encore de représentation expliquent les raisons pour lesquelles il y a un manque de représentation des femmes immigrantes francophones.»

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«Quand il est question de relance féministe, on ne peut faire l’économie de la participation de celles qui sont marginalisées et dont les vies ont été plus que touchées par les effets de la pandémie.»

Le MOFIF veut remettre au centre de la relance post-pandémie «l’importance de lever les obstacles systémiques auxquels sont confrontées les femmes marginalisées pour assurer une société équitable, inclusive et forte».

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Le MOFIF veut permettre aux entrepreneures de prospérer. Photo: Christina Morillo, Pexels

Entrepreneuriat

L’autre projet, Envol des entrepreneures noires, reçoit 1 757 552 $, sur trois ans aussi, du ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, pour stimuler l’écosystème de l’entrepreneuriat chez les femmes noires.

«Ce projet vise le soutien de 300 femmes et filles entrepreneures francophones noires en Ontario et va favoriser la création de 300 emplois par la préservation des entreprises gérées par des femmes noires existantes en situation vulnérable», détaille le MOFIF.

On veut aussi «soutenir la croissance des entreprises gérées par des femmes noires favorisant ainsi l’embauche de nouveaux employés, et la création de nouvelles entreprises à travers les nouveaux partenariats qui naîtront de l’écosystème mise en place par le MOFIF».

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«Ce financement montre la nécessité d’investir dans les petites entreprises afin de soutenir les communautés marginalisées», assure Assiatou Diallo, qui est elle-même une entrepreneuse en vue à Toronto.

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La place des femmes: autour de la table où sont prises les décisions. Photo: Christina Wocintechchat, Unsplash

Le MOFIF créera des occasions de réseautage

Le projet du MOFIF vise à soutenir les femmes noires par le biais de formations, de conférences, et par la mise en oeuvre d’occasions de réseautages «pour renforcer leur entreprise ou leur désir d’en créer».

Plusieurs études démontrent que les femmes se lancent de plus en plus en affaire. Toutefois, selon l’organisme basé à Toronto, le constat est que les femmes noires peinent encore à être soutenues.

«Selon Statistique Canada, les demandes de crédit soumises durant la pandémie par des entreprises détenues par des personnes de minorités visibles, des Autochtones et des femmes sont plus souvent rejetées que celles des autres entreprises.»

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L’affiche d’un webinaire du MOFIF en 2020.

Réseaux interprovinciaux

«Être une femme en affaire est déjà difficile, car les obstacles liés au sexisme sont encore bien présents», soutient Carline Zamar.

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«Être une femme et une femme noire complique de manière différente le parcours de l’entrepreneuriat. Pour ces raisons, ce projet permet une réponse plus ciblée. Nous avons besoin que toutes réussissent pour affirmer l’équité dans nos communautés.»

Le projet Envol des entrepreneures noires visera finalement le développement de réseaux provinciaux et interprovinciaux, notamment avec des entrepreneures noires du Québec.

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