Donna Leon: quand l’âpreté du gain conduit au crime

Donna Leon, Les Masques éphémères
Donna Leon, Les Masques éphémères, roman traduit de l’anglais par Gabrielle Zimmermann, Paris, Éditions Calmann-Lévy, 2022, 342 pages, 36,95 $.
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Donna Leon signe une trentième enquête du commissaire Guido Brunetti, qui s’intitule Les Masques éphémères. L’action se déroule encore une fois dans les environs de Venise. Elle nous plonge dans le crime organisé à une échelle maritime.

Bien qu’il soit agréable de siroter un verre de grappa sur le balcon, tout en regardant au loin le campanile de Saint-Marc, le commissaire Brunetti doit traquer des criminels dans des eaux dangereuses.

Deux corps policiers

Deux corps policiers s’entrecroisent dans cette enquête: l’un traitant les problèmes liés à la mer, l’autre censée s’occuper des problèmes liés à la terre.

Brunetti fait de nouveau équipe avec la commissaire Claudia Griffoni. Ils ont développé «un véritable état de symbiose lorsqu’il s’agit de tromper et de leurrer les suspects». Bel exemple du bon cop bad cop.

L’un et l’autre cherchent simplement la faille et s’y engouffrent, «aussi instinctivement que des requins». Le premier est Vénitien, la seconde est Napolitaine, et cela donne lieu à de savoureux échanges, confrontations et conversations.

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Incompétents aux commandes

On retrouve aussi la signorina Elettra, adjointe du questeur, qui a le don de dénicher des renseignements secrets sur des suspects.

La romancière aime décrire ce qu’elle porte: «un costume en velours bleu foncé, orné d’un fin liséré rouge sur le revers et le long des jambes du pantalon».

À Venise, un canal et une église sont courants à presque chaque angle de rue.

Comme dans la grandes villes, peu importe le pays, de fieffés incompétents sont propulsés en haut de l’échelle grâce aux réseaux politiques de leurs familles, «ou à la suite de chantages purs et simples».

Bateliers véreux

Brunetti doit enquêter sur un réseau de corruption impliquant des bateliers véreux.

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Il découvre la pointe de l’iceberg grâce à deux jeunes hommes impétueux, vulnérables et fragiles. L’un est épris de son meilleur ami, «d’un amour qui n’ose pas se nommer». Brunetti a la délicate tâche de persuader l’amant de trahir son meilleur ami qui est mêlé à un crime.

Encore une fois, Donna Leon décrit un Brunetti qui éprouve un élan envers ceux qui sont «dans des situations difficiles et ne se rendent pas compte qu’ils sont des gens biens. Au sens éthique du terme.»

Bien entendu, le suspect ne figure pas parmi les «gens biens».

Interrogatoires et conversations

Il arrive parfois que le guide spirituel soit l’âpreté du gain. C’est le cas de cet homme à la tête d’un réseau criminel. Lorsqu’on lui demande s’il sait ce que signifie le mot «assez», il répond: «Bien sûr que je le sais. Cela signifie “un peu plus”.»

Lors des interrogatoires et au cours de simples conversation, le commissaire sait jouer, «tel un chêne, la carte de la patience, de la bienveillance et de l’assurance».

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Brunetti informe son épouse des tenants et aboutissants de l’enquête qu’il mène. Il le fait avec force détails. Elle lui répond: «Les gens s’ouvrent à toi, Guido. Ils te font confiance.»

Nous pouvons encore une fois faire confiance à Donna Leon.

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