Déficience intellectuelle: des adultes abandonnés par leur famille découragée

Le gouvernement s'engage à suivre les recommandations de l'ombudsman

Le protecteur du citoyen de l'Ontario, Paul Dubé, et son rapport sur les situations de crise impliquant des personnes ayant une déficience intellectuelle.
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«L’échec systémique» de l’Ontario à venir en aide à des familles désespérées et vulnérables, qui se trouvent dans l’incapacité de s’occuper d’un être cher atteint de déficience intellectuelle, a plongé beaucoup d’entre elles dans des situations difficiles et souvent dangereuses, selon l’ombudsman Paul Dubé.

Dans un rapport intitulé Dans l’impasse, paru cette semaine, le protecteur du citoyen rend compte de l’enquête menée par son bureau sur plus de 1400 plaintes de familles d’adultes ayant une déficience intellectuelle, en situation de crise – dont des adultes abandonnés, maltraités, inutilement hospitalisés et emprisonnés.

Ces «cas extrêmes et flagrants» illustrent le besoin de mettre en place plus de soutiens et de services, ce à quoi se serait déjà engagée la ministre des Services sociaux et communautaires Helena Jaczek, ce que M. Dubé juge «encourageant».

«Il y a eu une nette amélioration dans la réaction aux crises», par rapport à l’approche passée plutôt «passive», déclare l’ombudsman.

Les familles étaient frustrées par les incohérences rencontrées dans un dédale d’organismes de services locaux.

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Le gouvernement provincial dépense 2 milliards $ par an pour les services aux personnes ayant une déficience intellectuelle, mais ça n’empêcherait pas des familles découragées d’abandonner un être cher dont elles ne peuvent plus s’occuper.

Le rapport détaille 18 cas d’adultes ayant une déficience intellectuelle et des besoins complexes qui se sont retrouvés sans abri, ont été maltraités, abandonnés ou placés indûment dans des hôpitaux, des établissements de soins de longue durée, et même des prisons.

Un homme de 24 ans a vécu plusieurs mois dans un foyer de soins de longue durée où il a blessé une personne âgée et a été agressé par une autre.

Un homme atteint d’autisme a passé 12 années en unités psychiatriques.

Une femme qui ne pouvait plus rester dans une maison où elle était maltraitée a été déplacée 20 fois en 34 jours.

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Une autre a été abandonnée par une membre de sa parenté, épuisée et malade, après le décès de deux autres aidants familiaux.

Le personnel de l’ombudsman a travaillé directement au règlement de crises individuelles, au fur et à mesure qu’elles survenaient – aidant notamment plus de 20 personnes à quitter un hôpital pour un lieu de résidence plus approprié.

«Il y en a des milliers d’autres dans des situations urgentes qui attendent un secours avec anxiété», écrit M. Dubé dans son rapport.

L’ombudsman a notamment recommandé que le ministère enjoigne ses bureaux régionaux et les organismes de service de ne pas renvoyer des adultes ayant une déficience intellectuelle à des situations de violence, et de ne pas les placer à tort dans des hôpitaux ou des foyers de soins de longue durée.

Lancée en novembre 2012, l’enquête de l’Équipe d’intervention spéciale de l’ombudsman s’est notamment appuyée sur des entrevues faites avec plus de 200 familles et responsables, ainsi que sur l’examen de plus de 25 000 documents, y compris des rapports d’enquête similaires du coroner et de la vérificatrice générale de l’Ontario.

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