De l’érotisme à fleur de peau chez Marcel Gromaire

Musée Matisse
Nu blonde jambe repliée, 1958, huile sur toile, p. 82.
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Le nom de Marcel Gromaire ne dit sans doute rien à la plupart d’entre nous. Il s’agit pourtant d’un artiste qui, en France, fait présentement l’objet d’une exposition de ses œuvres (au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis, près de Cambrai dans le Nord) avec un catalogue d’accompagnement. C’est donc l’occasion de découvrir ce personnage et d’enrichir ainsi nos connaissances.

Musée Matisse
Marcel Gromaire

Marcel Gromaire est né le 24 juillet 1892 à Novelles-sur-Sambre, un petit village au nord-est du Cateau-Cambrésis, une petite ville du département français du Nord., célèbre par les traités de paix signés en 1559 mettant fin à un demi-siècle de guerres, la France contre l’Espagne et le Saint-Empire romain germanique.

Blessé à la guerre

Marcel Gromaire fait des études classiques dans la proche ville de Douai (65 km env.), puis à Paris, où son père est professeur au lycée Buffon. Il passe un baccalauréat en droit, mais abandonne très vite une carrière juridique. Il fréquente des artistes de la butte Montmartre dès 1911.

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Marcel Gromaire, La Guerre, 1925, huile sur toile.

À 20 ans, il doit accomplir son service militaire selon les obligations qui existaient alors en France. Mais la Première Guerre mondiale éclate et Gromaire, simple soldat, est blessé en 1916. «Pendant la durée du conflit, il recueille des impressions qui seront fondamentales pour sa carrière artistique ultérieure.»

En 1919, il est de retour à Paris et devient critique cinématographique du journal Le Crapouillot, un périodique satirique issu de la guerre. En 1920, la notoriété de Gromaire est incontestée, mais on ne saurait dire s’il a suivi une véritable formation artistique. Il a rencontré et s’est lié d’amitié avec Jean Lurçat, un peintre, céramiste et créateur de tapisserie.

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Nu couché, vers 1950, encre de Chine sur papier. p. 49.

Le docteur Girardin

De plus, Gromaire rencontre celui qui sera son mécène, le docteur Girardin qui, pendant dix ans, lui permettra de vivre de son art. Ce médecin lui achètera régulièrement des peintures à l’huile et des aquarelles.

Il expose La Guerre au Salon des Indépendants de 1925. Et la gloire lui sourit en Suisse. En 1933, se tient à Bâle une rétrospective qui est une consécration. Il reçoit alors des commandes de l’État pour l’exposition internationale de Paris en 1937.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il réside dans le centre de la France et participe au mouvement du renouveau de la tapisserie avec Jean Lurçat, à New York. De 1947 à 1962, il est professeur à l’École nationale supérieure des arts décoratifs. Il obtient aux États-Unis le prix Carnegie en 1952.

Marcel Gromaire décède en 1971 après une longue hospitalisation.

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Nu assis, vers 1930, encre de Chine sur papier.

À Paris aussi

La Galerie de la Présidence, située à Paris en face de l’Élysée, présente une sélection de maîtres de la première moitié du XXe siècle, dont Gromaire, et elle est partenaire de l’exposition du Musée Matisse.

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Cette dernière est en cours jusqu’au 30 septembre 2018. Elle comporte 90 œuvres, dessins, huiles sur toile, aquarelles gravures, livres d’artistes de Marcel Gromaire, avec en complément une dizaine de photos de paysages entourant Novelles-sur-Sambre, faites par Philip Bernard en 1992, à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de l’artiste.

Au total près de 150 œuvres variés sont réunies pour situer les réalisations de Gromaire parmi celles de Matisse, Giacometti, Herbin, Gris, Bazaine et Bonnefoy provenant des collections permanentes du musée Matisse.

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Femme se coiffant, 1923, encre forte sur papier vergé. p. 58.

Catalogue

Mais la possibilité de se rendre au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis (près de Cambrai dans le Nord de la France) ne s’offre pas très facilement. Un catalogue du musée nous permet de prendre connaissance de plusieurs réalisations de Gromaire et de découvrir cet érotisme qui les marque.

Musée Matisse
Le catalogue de l’exposition

Le musée le présente ainsi: «Carnet sur les genoux et plume à la main, Marcel Gromaire fait ce qu’il nomme ses « gammes ». À la manière d’un rituel matinal, d’un exercice pour échauffer le geste, il dessine des femmes. Charnelles, sensuelles et sans pudeur, elles tranchent avec ses peintures de paysages, de guerriers et de travailleurs.»

«Les croquis s’accumulent, mais seuls quelques-uns seront gardés puis signés, considérés par leur auteur comme des œuvres achevées. Privilégiant l’encre au graphite, ils témoignent de l’extrême sensibilité de cet artiste érudit et instinctif.»

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«Présentées au musée Matisse du Cateau-Cambrésis, les académies de nus de Gromaire permettent d’approcher au plus près son art et sa manière.»

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L’oreiller, huile sur toile, 1928, p. 78.

 

Regard(s)

Édité par Les Amis du musée Matisse, ce catalogue de 104 pages ne consacre guère qu’une vingtaine de pages à faire connaître Gromaire et ses œuvres.

À l’exception des huit pages des paysages des environs de Novelles-sur-Sambre, on ne voit que du Gromaire et le plus souvent en pleine page.

On comprend tout de suite le titre de cet article ou de l’exposition, Regard(s), car l’érotisme de l’artiste se manifeste dans toutes les reproductions. On aime, on n’aime pas, à chacun de choisir, mais l’expression artistique de l’auteur est bien présentée.

«J’ai un tel amour de la forme dans sa plénitude vivante que je ne suis jamais content de ce que je fais…» – Gromaire, 1980.

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Le beffroi de Cateau Cambrésis.

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