Du pain sur la planche pour le Comité permanent des langues officielles

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Un unifolié sur l'édifice du Parlement canadien à Ottawa. Photo: Ericka Muzzo, Francopresse
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Le Comité permanent des langues officielles a un nouveau président. Le député acadien de Madawaska-Restigouche au Nouveau-Brunswick, René Arseneault, y a été élu à la mi-décembre. En entrevue avec Francopresse, il discute de sa vision des langues officielles, de ses nouvelles fonctions et de celles du comité.

Comment entrevoyez-vous ce nouveau rôle de président du Comité permanent des langues officielles?

C’est moi qui cumule le plus d’années d’expérience au comité: six ans. Humblement, je suis fier d’avoir été proposé comme président.

Langues officielles
René Arseneault

Ça change un peu pour moi, dans ma façon de travailler au sein du comité. Quand on n’est pas président, on est dans l’action, on peut poser des questions, on peut aller chercher les réponses. Quand on est président, notre rôle est de prendre un peu de recul et de laisser les membres faire ce travail.

Ce sera une adaptation, mais ça va bien aller, sachant que les membres de ce comité, tous partis confondus, sont d’une qualité extraordinaire.

Comment le Comité pourra-t-il en profiter?

Par exemple, la plus jeune recrue, Arielle Kayabaga qui vient des nouvelles bulles de création de francophonies au Canada.

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Je m’explique: quand j’étais jeune, la francophonie hors Québec était assez bien définie. C’était en Acadie, dans le Nord ou dans le sud-est de l’Ontario, à des endroits bien précis dans les Prairies. Mais aujourd’hui, il y a beaucoup de mouvance de cette francophonie hors Québec, et Arielle Kayabaga en fait partie.

Langues officielles
Arielle Kayabaga

Parmi les nouveaux venus, il y a aussi Marilyn Gladu, une anglophone de l’opposition qui maîtrise bien la langue française. Elle est sensible au bilinguisme.

De même pour Francis Drouin et le secrétaire parlementaire aux langues officielles Marc Serré, deux Franco-Ontariens. Et Niki Ashton, de l’ouest du pays, qui est parfaitement bilingue. Elle connait cette réalité à l’Ouest, loin des grands pôles francophones du pays.

Il y a les anciens comme Joël Godin, Mario Beaulieu [les deux vice-présidents du comité] et Marc Dalton, qui apporte la réalité francophone de la Colombie-Britannique, ce qui est un plus.

Il y a aussi Emmanuel Dubourg, ancien président de ce comité, Jacques Gourde et Patrizia Lattanzio, une juriste qui connait bien l’enjeu des langues officielles. À titre de président, je ne peux pas demander mieux que d’avoir ces membres-là autour de la table.

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Aussi, pour moi, ce comité est celui où l’on retrouve le moins de partisanerie.

Comment expliquez-vous ça?

J’imagine que, lorsqu’on vient de l’Ontario francophone, ou de l’Alberta francophone, c’est un sujet sensible. On connait mieux la situation.

Langues officielles
Joël Godin

Moi-même, je suis Acadien du Nouveau-Brunswick, une province bilingue, alors je suis peut-être plus sensible à la Loi sur les langues officielles, qui fait partie de mon quotidien depuis que je suis à l’université.

Tous les gens qui gravitent autour de ce sujet ont une sensibilité à la modernisation de la Loi pour toutes sortes de raisons, que ce soit pour leur francophilie, par intérêt pour d’autres langues, pour le droit sur les langues officielles…

Pour l’une de ces raisons, chaque membre du comité s’y retrouve. C’est pourquoi je pense qu’ils vont mener à bon port les rapports futurs.

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Quelles sont les grandes orientations du Comité en vue de la reprise des travaux parlementaires, le 31 janvier?

C’est un peu tôt pour le dire. Lors de la première réunion officielle de cette législature que nous avons eue, il a fallu mettre le comité en place.

La motion de M. Godin demandait la création d’un sous-comité pour qu’on puisse gérer et voir l’ordre de priorité pour les prochaines questions… Tout en gardant à l’esprit que, d’ici peu, il devrait y avoir un projet de loi sur la modernisation des langues officielles.

Avez-vous déjà discuté des dossiers chauds au Comité?

(Avant les Fêtes, plusieurs dossiers chauds ont touché la question des langues officielles, notamment l’affaire de l’unilinguisme du PDG d’Air Canada, la cible ratée en immigration francophone, le report du projet de modernisation…)

On n’a pas encore déterminé les témoins à faire venir au comité en priorité. Mais, c’est sûr que plusieurs députés, de trois partis sur quatre au sein du comité, veulent rencontrer Air Canada au sujet de l’affaire Rousseau. Il a aussi été question de tous les partis de l’examen de l’immigration francophone.

On souhaite faire une étude, en sous-comité, de toutes les attentes soulevées par les membres.

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Dans quelle mesure allez-vous travailler avec le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration?

C’est très possible qu’on le fasse. Un travail est aussi envisageable avec le Comité sénatorial des langues officielles, pour maximiser les résultats et éviter que les efforts ne se dédoublent.

Par rapport à l’immigration, lorsqu’on apprend qu’on ne fait même pas 2% d’immigration francophone au Canada, qu’on n’arrive même pas à atteindre la cible, ça suscite des interrogations. De façon générale, c’est sûr que ça va faire l’objet d’une étude [au Comité permanent des langues officielles] parce que tous les membres en ont glissé un mot. De plus, ce sujet faisait partie d’un avis de motion pendant la réunion.

Cela, tout en gardant à l’esprit que le projet de loi [sur la modernisation des langues officielles] va tomber dans les prochaines semaines. Mais oui, on va tenter de mener des études, entre autres sur l’immigration.

À quand la modernisation de la Loi sur les langues officielles?

En tant que francophone hors Québec, le fait que la modernisation de la Loi sur les langues officielles ne faisait pas partie de l’urgence des quatre projets de loi prioritaires avant les Fêtes, je trouve ça plus sage.

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Élections fédérales, circonscriptions, candidats
Ginette Petipas Taylor, ministre des Langues officielles.

Je pense que la modernisation qu’on s’apprête à faire, tous partis confondus, est un projet qui va avoir un impact sur les prochains 50 ans. À ne pas prendre à la légère, donc.

Sur une base personnelle de député, des présidents ou présidentes d’associations qui œuvrent dans la promotion des langues officielles au pays, et avec qui je suis en contact régulièrement, me disent à la quasi-unanimité que les 100 jours ne sont pas si importants, tant que le projet de loi rend compte de nos principales préoccupations.

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