Comment affirmer son identité alors qu’on se tient sur des sables mouvants, entre deux cultures? Voilà la question à laquelle une jeune fille adoptée tente de répondre dans Rire jaune, roman d’introspection que signe Camille Beauchamp.
Julie Boucher, alias Jing Hé, apprend à quatre ans qu’elle a été adoptée lorsqu’elle avait six mois. Comprendre qu’une inconnue l’a mise au monde en Chine pour ensuite l’abandonner va teinter le reste de son existence.
On lui rappelle constamment qu’elle est différente, «exotique», mais la jeune Julie se sent Québécoise. On l’insulte sans le vouloir en lui lançant des blagues stéréotypées. Même si ça lui rentre dedans, elle rit… jaune.
Alter ego
Née elle aussi en Chine, l’autrice Camille Beauchamp a été adoptée par des parents québécois à l’âge de six mois. Cette expérience lui inspire l’écriture de Rire jaune, roman qui met en scène – on le devine – son alter ego.
Même si le père et la mère de Julie l’aiment de façon inconditionnelle, même s’il est inconcevable qu’elle puisse penser à d’autres personnes comme étant ses «vrais» parents, la fillette commence à faire des crises de panique dès l’âge de sept ans. Elle a une peur viscérale d’être abandonnée, rejetée.


