Musique : histoires de francophonies d’adoption

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Le mélomane Marc Lalonde partage régulièrement avec nous ses coups de cœur de la musique franco-canadienne. Photo: Tibor Janosi Mozes, Unsplash
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Juin, c’est le mois de la Saint-Jean-Baptiste. Les francophones, les francophiles et les francocurieux de partout au pays fêteront, le 24 juin, leur francophonie à leur façon. Je trouvais l’occasion trop belle pour vous présenter des artistes qui partagent leurs richesses culturelles avec leur francophonie d’adoption.

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L’album Kintsugi de Yao.

Yao, le slameur au verbe d’or

Le kintsugi est une «méthode japonaise de réparation des porcelaines brisées au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or», comme l’explique Wikipédia. Voilà la métaphore que nous propose le slameur francophone Yao, d’Ottawa, pour nous interpeller sur l’humain et ses blessures. Avec Kintsugi, son 4e opus, Yao révèle une âme plus profonde, plus fragile, mais déterminée.

L’artiste originaire de la Côte d’Ivoire dépose sa plume sur une toile de fond aux tons pop sur un afro-beat électro jazz qui nous transporte dans diverses gammes d’émotions. Chaque mélodie est très bien construite pour créer l’univers sonore qui vient approfondir le propos du texte qui l’accompagne.

Il l’illustre d’ailleurs très bien dans le premier vidéoclip de l’album, Effet placebo.

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Yao nous offre des slams encore plus personnels sur cet album. Des textes qui nous interpellent sur des états d’âme familiers qui dévoilent une certaine fragilité ; celle qui est souvent ensevelie sous l’orgueil de soi.

Sur l’album de 11 titres, allant des pièces Funambule à Comme il est là, Yao exprime de la compassion, de la vérité et de la fragilité. À l’écoute, on est témoin d’une plume d’intériorité profonde.

L’album débute avec Funambule, dont l’énoncé de l’équilibre démontre bien la prémisse du projet. La pièce Encore hier évoque le souvenir, comme un pilier de l’inconnu.

Puis, il nous emmène vers Les naufragés, un des meilleurs textes de l’album, qui illustre l’unicité comme source de motivation.

Après une absence de six ans sur disque, Yao vient encore une fois nous interpeller avec son univers particulier. Sa plume est poétique et engagée, sa musique pop, aux multiples teintes, nous berce et nous accompagne comme une brise sonore envoûtante.

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Un album qui coule dans notre espace-temps comme rivière devient fleuve.

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L’album Yousque l’hell de Aubin pi la scb.

Un fier acadien au milieu du Nunavut

J’ai fait une belle découverte ces derniers jours. Riel Gallant dit Aubin, m’a fait parvenir le premier disque acadiana arctique Yousque l’hell de la formation Aubin pi la scb (Sea Can Band) d’Iqaluit, au Nunavut.

Cet acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, que la vie a amené dans les paysages nordiques du Nunavut, avait plusieurs chansons dans ses valises pour produire un premier opus.

L’album Yousque l’Hell se classe dans le style bluegrass électrique avec des touches de folk et de blues.

À la première écoute, on est surpris par la force des musiques qui accompagnent des textes sur les souvenirs, le présent et l’adaptabilité.

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Tout au long de l’album, on ressent une dualité entre la rigidité nordique et la chaleur du sud. Par moments, on est charmés, par moments on se fait brasser.

Entouré d’excellents musiciens et de Rémi Arsenault à la réalisation, Aubin nous offre une douzaine de chansons qui ont toutes leur propre personnalité.

Les extraits Train et Yousque l’Hell exploitent une musique country bluegrass à la Cayouche… Alors que Magané et Cabane nous transportent dans une chaleur folk réconfortante.

L’auteur-compositeur-interprète Riel Gallant dit Aubin enfile également trois bonnes chansons blues, soi 4WD, La bière est trop chère et Mission.

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La réalisation de cet album signée Rémi Arsenault, un autre acadien de l’Île-du-Prince-Édouard des plus talentueux, a été faite de main de maître. Yousque l’hell est une belle découverte à faire.

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L’album Le bonheur domestique de Colleen Power paru en 2013.

L’amour pour le français langue seconde

J’ai profité des dernières semaines pour retourner dans ma boîte à souvenirs et remettre la main sur le deuxième album en français de Colleen Power, artiste francophile de Terre-Neuve Labrador.

Lors d’une rencontre, il y a plusieurs années, Colleen m’avait glissé quelques mots sur la venue possible d’un deuxième album en français.

Chose promise, chose faite! En juin 2013, elle nous offrait Le bonheur domestique, un clin d’œil humoristique au quotidien, mais charmant, portant sur l’essentiel de la vie.

L’album débute la chanson Mon copain, une java qui met en vedette une espèce en voie d’extinction avec humour: le macho.

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L’album se poursuit avec un de mes coups de cœur, L’histoire d’amour. Un texte qui décrit le besoin essentiel d’amour sur une belle musique folk aux accents celtiques.

J’aimerais porter à votre attention deux autres chansons que j’aime bien. Mes électroménagers, un petit blues à deux voix, un harmonica et… des électroménagers comme instruments de base dans lequel est chante: «Oui, je t’aime, je t’aime comme mes électroménagers». Un petit bijou quoi!

Et finalement, C’est Clare est une petite chansonnette qui rend hommage à sa fille Clare Marie, tout à fait charmante.

Il y a déjà 9 ans que Colleen Power nous offrait son album en français. Personnellement, j’en prendrais encore!

Bon mois de juin à tous les audiophiles!

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