Charles Hedrich parti compléter ses derniers 1000 km à la rame

Passage du Nord-Ouest à la rame


18 août 2015 à 9h32

Lancé à l’assaut du Passage du Nord-Ouest en solitaire à la rame à l’été 2013, du Pacifique vers l’Atlantique, l’aventurier français Charles Hedrich vient de repartir pour les 1000 derniers kilomètres d’un défi interrompu par deux fois par le retour des glaces dans l’Arctique.

«Charles est reparti jeudi 13 août vers midi, de Taloyoak (au cœur du Nunavut), et cela fait deux jours qu’il rame maintenant», a expliqué dimanche matin à l’AFP sa femme Patricia: «Il est contre le vent, et la progression est difficile.»

Face à son étrave, il reste quelque 1000 km à parcourir entre les îles du Grand Nord canadien pour Charles Hedrich, ex-homme d’affaires reconverti depuis une dizaine d’années en aventurier multicartes.

Son pari de 6000 km entamé le 2 juillet 2013 depuis le minuscule village tchouktche de Wales, en Alaska, a pour objectif de relier la mer de Béring (Pacifique) à la Baie de Baffin (Atlantique), via le mythique Passage du Nord-Ouest bloqué la majeure partie de l’année par le froid et les glaces.

C’est un exploit jamais réalisé en solitaire à la rame.

D’autres tentatives

Son canot très spécial de 160 kilos en kevlar-carbone et au fond plat, il l’a acheté d’un autre aventurier qui avait tenté l’Arctique en 2011. «Je peux le tirer seul sur la glace», avait-il expliqué en entrevue à L’Express l’été dernier, «et il est fait pour naviguer dans des zones où il y a très peu d’eau.

La navigatrice bretonne Anne Quéméré a, par deux fois, tenté ce même passage en solitaire, en 2014 et 2015, en kayak. Tout comme l’aventurier suisse Raphaël Domjan cet été. Mais tous deux ont échoué, terrassés par une météo défavorable et le refroidissement de l’Arctique observé ces dernières années.

Lors de sa première étape, à l’été 2013, Charles Hedrich avait parcouru près de 3000 km avant de devoir laisser son «rameur des glaces» à l’hivernage, en septembre 2013, à Tuktoyaktuk, dans le Grand Nord canadien, aux confins du fleuve McKenzie et de la mer de Beaufort.

Rebelote à l’été 2014: il parcourt quelque 2000 km cette fois, mais c’est à Taloyoak, dans la baie de Rasmussen, qu’il doit une nouvelle fois laisser son bateau à l’abri.

«Amundsen a pris trois ans lui aussi pour compléter ce périple» en 1906, se console-t-il.

Succès à tout prix

«Maintenant, soit je réussis, soit je réussis!», avait expliqué avec humour ce Lyonnais de 57 ans à l’AFP, à Paris, le 3 août, avant de repartir pour le Canada retrouver son embarcation: «J’en ai tellement bavé, je ferai tout pour boucler le truc cette année.»

Rameur aguerri, auteur en 2012 du premier aller-retour en solo sur l’Atlantique, en 141 jours, il veut terminer son aventure d’ici un mois au maximum. Après 130 jours d’expédition en 2013 et en 2014, soit environ 45 km par jour en moyenne, il devrait rallier Pond Inlet, dans la baie de Baffin, d’ici la mi-septembre.

D’ici là, il lui faudra cependant choisir son itinéraire. «J’ai deux options», expliquait-il avant le départ: «Passer par le Peel Sound, et contourner complètement la péninsule de Boothia et l’Ile Somerset par l’Ouest, le parcours le plus normal, un peu plus long, mais plus naturel; ou prendre le détroit de Bellot, entre la péninsule et l’île, pour rejoindre directement le Golfe de Boothia, puis le Lancaster Sound. C’est un raccourci, mais les courants peuvent être extrêmement forts et violents.»

Commanditaires et conférences

Admirateur de l’aventurier américain Steve Fossett, il a expliqué à L’Express avoir financé lui-même ses expéditions les sept premières années.

Aujourd’hui, à travers son organisation Respectons la Terre, qui fait la promotion du sport-aventure en même temps que de la protection de l’environnement, il est appuyé par plusieurs gros commanditaires, dont la pétrolière française Avia, il participe à des émissions de télévision, diffuse des films et a écrit deux livres abondamment illustrés racontant ses voyages et ses exploits.

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