Calder, forgeron d’art

CALDER, forgeron de géantes libellules, Gallimard/Musée Soulages, 2017, relié, 28x22 cm, 125 illustrations, 208 p.

CALDER, forgeron de géantes libellules, Gallimard/Musée Soulages, 2017, relié, 28x22 cm, 125 illustrations, 208 p.


17 juillet 2017 à 14h00

«Alexander Calder, le forgeron, le bricoleur de jouets et de libellules est à l’honneur au musée de Pierre Soulages à Rodez.» C’est ainsi qu’une journaliste de La Dépêche de Toulouse présente l’artiste qui fait l’objet d’une exposition intitulée Alexander Calder, le forgeron de géantes libellules, qui se tient au musée Soulages de Rodez jusqu’au 29 octobre 2017.

Rodez est une petite ville touristique d’environ 25 000 habitants, du sud de la France, à 150 km au nord-est de Toulouse, célèbre par ses musées.Il n’est donc pas si surprenant d’y trouver une exposition consacrée à Calder, qui ne hantent pas vraiment nos musées d’art canadiens.

C’est l’occasion de découvrir cet artiste et ses œuvres lors d’une visite estivale dans cette région française ou grâce à l’ouvrage qui accompagne cette exposition. Les créations originales de Calder à Paris l’ont fait connaître en France.

Alexander Calder est un peintre et un sculpteur né aux États-Unis le 22 juillet 1898 non loin de Philadelphie, à Lawnton, en Pennsylvanie. Sa riche famille est celle d’artistes, sa mère est peintre et son père sculpteur, sans oublier le grand-père sculpteur lui aussi.

Alexander fait des études classiques suivies par une formation d’ingénieur à l’Institut de technologie de Hoboken, au New Jersey. Mais ses préférences vont plutôt vers ce qu’il a appris auprès de son père, grâce à son matériel, ses conseils et ses outils, l’art.

Réalisme étatsunien

Dès 1906, il avait fabriqué des poupées pour sa sœur et, à Noël 1909, il avait offert à ses parents deux petites sculptures.

Ayant obtenu son diplôme d’ingénieur, il se détourne de cette voie et perfectionne son art à l’Art Students League of New York où il entre en 1923, à 25 ans. Et il commence sa carrière artistique avec des œuvres dans le style de l’Ashcan aesthetic.

Ce que l’on appelle aussi l’Ashcan School est «un style de peinture réaliste étatsunien du début du XXe siècle, qui est caractérisé principalement par des représentations de scènes de la vie urbaine quotidienne des milieux défavorisés». (Wikipedia)

Pour le journal National Police Gazette de New York, Calder devient illustrateur des évènements sportifs et des comptes rendus des tournées du Ringling Bros and Barnum & Bailey Circus, un regroupement déambulant de cirques organisé en 1919. Il fait aussi de nombreuses esquisses d’animaux publiées après son départ pour la France, sous le titre Animal sketchings.

Alexander Calder en 1947. (Photo: Carl van Vechten — Van Vechten Collection at Library of Congress, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=120652)
Alexander Calder en 1947. (Photo: Carl van Vechten — Van Vechten Collection at Library of Congress, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=120652)

Artiste parisien

Alexander Calder arrive à Paris en 1926. Il se fait connaître en 1927 en présentant au «Salon des Humoristes» des jouets articulés.

Par la suite, sa passion du cirque se traduit par le Cirque Calder qu’il expose à Paris en 1929. Ce cirque comprend 200 personnages en fils de fer tordus et des morceaux de chiffons, avec lesquels il présente un spectacle durant environ deux heures. Comme il peut transporter son cirque, il le présente aussi dans différentes villes comme Berlin, New York ou autres.

Les personnages sont souvent des personnages connus dans leur époque. Le Cirque Calder a fait une dernière apparition à Paris du 18 mars au 29 juillet 2009, au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, sous le titre: Alexander Calder, les années parisiennes, 1926-1933.

Calder entre en relation avec l’avant-garde artistique parisienne représentée par Joan Miró, Jean Cocteau, Man Ray, Robert Desnos, Fernand Léger, Le Corbusier, Theo van Doesburg, et surtout Piet Mondrian, qui aura sur lui une grande influence artistique.

Calder n’abandonne pas le fil de fer avec lequel il adopte un style entièrement abstrait. Sa réputation est faite, sa carrière tracée. Il invente des stabiles et des mobiles en acier, souvent peints, pour l’UNESCO, le Centre Pompidou et autres lieux. L’ouvrage du musée de Rodez en présente un grand nombre.

Calder décède à New York le 11 novembre 1976.

L’exposition et le livre

L’exposition du Musée Soulages consacrée à Calder, «l’ingénu ingénieur», présente 104 œuvres allant de 1925 à 1974, prêtées par des organismes des États-Unis, d’Espagne, de Suisse, du Royaume-Uni, de France, qui retracent le parcours de cet artiste, fasciné par l’univers et les formes géométriques.

On peut y voit des sculptures (Mobiles, Stabiles, des sculptures en «fil de fer»), des gouaches, des dessins, des portraits de l’artiste. C’est la grande particularité́ de cet événement que de présenter des œuvres rarement exposées.

Ce superbe ouvrage comporte deux parties. Les premières 74 pages, illustrées de photographies, comptent une dizaine d’articles consacrés à Calder et à ses œuvres. La deuxième partie est le catalogue des œuvres exposées, présentées parfois en double page ou toujours en pleine page.

Ce livre est une visite souvenir de l’exposition ou un remplacement de celle-ci. C’est, comme l’exposition elle-même, l’occasion unique de voir des œuvres de Calder dispersées de par le monde. C’est donc la possibilité exceptionnelle de faire plus ample connaissance avec Calder, en parcourant les textes de spécialistes et en ayant le loisir d’étudier de près les réalisations de l’artiste. On ne saurait mieux dire ni mieux faire.

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