Caillebotte, le peintre longtemps oublié

Une rue de Paris par temps de pluie, vers 1877.
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Le nom de Gustave Caillebotte devrait figurer dans la liste des célèbres peintres français du 19e siècle à côté de ceux de Manet et de son élève Berthe Morisot, Bastien-Lepage, Bazille, Fantin-Latour, Renoir, Boudin, Monet, Sisley, Pissarro, Degas, pour citer quelques noms connus. Mais il n’en est rien, on a vraiment oublié Caillebotte.

On peut se rendre au Musée d’Orsay à Paris, pour voir quelques-unes de ses œuvres, mais on peut aussi se procurer le livre d’art ou catalogue qui donne une reproduction des tableaux de cet artiste – et notamment des Raboteurs de parquet, un chef-d’œuvre refusé au Salon des Indépendants

L’œuvre de Caillebotte représente 475 tableaux. Le catalogue de ses peintures et pastels est édité par la par la Bibliothèque des arts dans une nouvelle édition revue et augmentée avec le concours de Sophie Pietri, critique d’art.

Gustave Caillebotte, catalogue édité par la Bibliothèque des arts (315 pages).

Troisième épouse

Gustave Caillebotte est né à Paris le 19 août 1848. Son père, Martial Caillebotte, a d’abord perdu ses deux premières épouses avant de se marier avec Céleste Daufresne (1819-1878), fille d’un avocat, dont il aura son fils Gustave.

Celui-ci fait des études classiques au lycée Louis-le-Grand (Louis XIV), à Vanves, en Île-de-France, et obtient en 1869 un baccalauréat en droit puis une licence en droit. Mobilisé ensuite dans la garde nationale, il participe à la défense de Paris pendant la guerre franco-prussienne.

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Au balcon, boulevard Haussmann, Paris, 1880.

Ateliers et amitiés

En 1871, Caillebotte entre dans l’atelier du célèbre peintre Léon Bonnat (1833-1922), puis il effectue un voyage à Naples chez son ami le peintre Giuseppe De Nittis qui l’avait introduit auprès d’Edgar Degas.

À cette époque il fait la connaissance de Marcellin Desboutin, d’Henri Rouart et de Claude Monet, qui habite alors à Argenteuil.

Gustave Caillebotte se lie d’amitié et d’intérêt avec des artistes impressionnistes, exposant à leurs côtés. Il achète certaines de leurs toiles, finance et organise des expositions.

Habitant avec son frère Martial Caillebotte l’hôtel particulier familial. Il va désormais s’adonner à la peinture tout en collectionnant des œuvres d’art..

Les raboteurs de parquet, 1875.

Pas besoin de vendre

De son vivant, Caillebotte expose avec ses amis, même si son aisance financière lui épargne le souci de vendre. Au fil des années, à mesure qu’il épouse la cause de ses amis impressionnistes, il s’efface comme peintre. Il ne se considère pas à l’égal des autres.

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Pourtant Joris-Karl Huysmans (1848-1907), critique d’art sous ce nom, écrit en 1882 à propos de L’exposition des Indépendants en 1880: «Il semble être enfin parvenu à se débrouiller l’œil qui est bien, dans l’état normal, l’un des plus précis et des plus originaux. Celui-là est un grand peintre, un peintre dont certains tableaux tiendront leur place à côté des meilleurs.»

Le 21 février 1894, après avoir pris froid en travaillant à un paysage dans son jardin, une congestion cérébrale provoque le décès à 45 ans, de ce peintre connu plutôt comme collectionneur que comme peintre.

Autoportrait, 1893.

Redécouverte

Curieusement, c’est aux États-Unis que l’on reconnaît d’abord le talent pictural de Gustave Caillebotte. C’est son rôle de «mécène éclairé», pour reprendre une expression qui lui avait été attribuée, qui le caractérise dans son pays.

C’est seulement dans les années 1970 que l’on a découvert ce peintre oublié, à l’initiative des collectionneurs étatsuniens et finalement par le grand public francophone à partir des années 1990.

Selon la ville d’Yerres, qui restaure et entretient la propriété où le peintre a réalisé plus de 80 tableaux, «expositions et évènements évoquent à longueur d’année la mémoire de Caillebotte. À partir de l’exposition rétrospective en 1994, au Grand Palais de Paris, d’importantes expositions internationales, à Chicago en 1995, à Lausanne en 2005, à Brême en 2008, au musée Jacquemart André à Paris en 2011, constituent des apports importants pour la connaissance de l’œuvre picturale de Gustave Caillebotte.»

Les rétrospectives de ses œuvres sont désormais fréquentes, comme pour rattraper le temps perdu.

Photo de Gustave Caillebotte avec son chien Bergère sur la place du Carrousel, 1892.

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