Bout de chandelle, Roméo Dubuc est de retour!

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Roméo Dubuc est ce sergent-détective de la Sûreté du Québec que Claude Forand a créé pour ses romans polars. Son juron favori est «bout de chandelle». La toute dernière enquête de Dubuc s’intitule Le député décapité et nous fait naviguer dans un univers politique assez tordu, merci.

Dès le premier chapitre, le député Marc-André Plamondon annonce la fondation du Parti des libertés individuelles du Québec, une formation d’extrême droite. Puis, à la page 21, il est trouvé décapité dans sa chambre d’hôtel. Nous plongeons donc rapidement dans l’enquête policière menée par Roméo Dubuc.

Je vous préviens que cette enquête sera assez tortueuse, empruntant des méandres ou dédales qui défient parfois une approche somme toute logique.

Roméo Dubuc a 30 ans de service et son patron aimerait bien le forcer à prendre sa retraite. On le trouve avec son fidèle coéquipier Lucien «Lulu» Langlois. «Les deux détectives sont comme un vieux couple: ils se comprennent sans avoir à se parler. Un simple froncement de sourcil leur suffit…»

Le meurtre du député n’est pas le seul ingrédient de cette enquête. Il est question de valise bourrée de billets de banque, d’agent double et de cellule secrète chez les hauts gradés de la Sûreté du Québec. Et je ne vous parle pas d’un rebondissement dans la famille de Dubuc…

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Parlant de rebondissement, Claude Forand aime terminer un chapitre avec un soubresaut inattendu, ce qui a pour effet, bien entendu, de nous tenir en haleine pendant plus de 200 pages. Il garde aussi notre intérêt grâce à des dialogues à la fois réalistes et colorés. En voici un exemple: «Si jamais tu m’as menti, mon enfant de nanane, tu vas me revoir dans ta soupe, c’est juré!»

Un petit bémol, si vous permettez. J’ai personnellement trouvé que l’auteur a abusé des trois points de suspension et, surtout, du juron «bout de chandelle» propre à Dubuc. Il revient à presque chaque chapitre et je l’ai même vu deux fois en 24 lignes!

Cela dit, je m’en voudrais de ne pas vous signaler que Claude Forand est beaucoup plus qu’un bon conteur. Il excelle aussi dans l’art de peindre en peu de mots des personnages complexes. Tout en maîtrisant le développement dramatique de son intrigue, il sait fort bien faire ressortir la fibre psychologique de ses protagonistes.

À l’image de son sergent-détective, le romancier est ici un fin limier de la nature humaine. Chapeau, Roméo… pardon, Claude!

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