Bienvenue au Canada: quand favoriser le bilinguisme profite à l’anglophonie

Le système d'immigration fédéral fait fausse route

Le Canada n'est pas vraiment un pays bilingue. Depuis des décennies nous accueillons des milliers d'immigrants anglophones de partout dans le monde.
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Comme francophone vivant en situation minoritaire en Ontario, il m’est impossible de ne pas réagir face au nouveau critère du système d’immigration fédéral qui, dorénavant, favorisera les candidats bilingues.

Une façon mal déguisée d’avantager la dominance de l’anglais au Canada.

Assimilation favorisée

Il n’y a que cinq autres pays dans le monde qui ont le français et l’anglais comme langues officielles: le Burundi, le Cameroun, l’île Maurice, les Seychelles et le Vanuatu.

La vaste majorité des nouveaux arrivants au Canada sont polyglottes, incluant la connaissance de l’anglais ou du français, rarement des deux langues.

Par ailleurs, ces nouveaux immigrants soi-disant bilingues, favorisés par le système fédéral, s’assimileront rapidement au milieu de travail anglo-dominant partout au pays (sauf au Québec). Le Canada n’est pas un pays vraiment bilingue!

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Depuis des décennies, nous accueillons des milliers d’immigrants anglophones en provenance d’Asie, d’Afrique, de l’Europe et d’ailleurs dans le monde, où l’on estime que l’anglais est la langue d’affaires primordiale.

Ce nouveau système d’immigration me paraît fortement susceptible de porter préjudice aux Canadiens francophones en matière d’équité économique.

Une situation qui, d’une part, affaiblira lourdement la francophonie canadienne. Et, d’autre part, contribuera au renforcement de la Loi 101 au Québec (tant mieux, sinon quoi?).

Commerce anglo-dominant

Par ailleurs, qu’en est-il des intentions de la ministre Mélanie Joly concernant la question de la francisation partout au pays dans le cadre de la modernisation de la Loi sur les langues officielles?

Lors d’une récente entrevue, Mme Joly disait vouloir se pencher sur le commerce international dominé par l’usage de l’anglais. Un constat pour nous faire avaler que le nouveau critère du bilinguisme pour immigrer au Canada serait avantageux pour notre commerce dans les deux langues. Vraiment?

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La francisation durable au Canada doit passer par la mise en œuvre d’une stratégie de développement économique équitable francophone (affaires et commerce en français) comprenant le maintien d’une forte démographie francophone.

Il est temps de revisiter le partage des compétences fédérales-provinciales en matière d’immigration.

Sans rehausser significativement nos cibles d’immigration hors Québec, notre français et notre économie francophone resteront en situation minoritaire imposée.

On pourra continuer de compter sur le Québec pour garantir une dynamique francophone au sein du territoire nord-américain…

Compétences francophones

Entre temps, un certain nombre d’immigrants francophones compétents continuent d’arriver en Ontario (heureusement!).

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En 2018, le Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI)  a dépassé sa cible de 5% d’immigration francophone, atteignant un niveau de 7,7%. C’est un début!

Il s’agit de candidats francophones qualifiés incluant, entre autres, des professionnels de la santé (dont nous avons tellement besoin maintenant!), gestionnaires, ingénieurs, comptables et informaticiens d’expérience à l’international.

Ce sont des professionnels aptes à s’impliquer pour l’avancement des Affaires francophones en Ontario en partenariat avec les autres provinces et plusieurs pays francophones.

401 000 immigrants en 2021

Ces nouveaux immigrants francophones apprennent l’anglais grâce aux programmes de formation dédiés aux nouveaux immigrants diplômés à l’étranger dont le Programme relais du Collège Boréal et le Programme Formation Relais du Collège Glendon.

Ils pourront ainsi contribuer aux Affaires francophones et anglophones, non pas au détriment de notre francophonie.

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Misons sur une forte immigration francophone compétente hors Québec et au Québec, plutôt qu’exclusivement sur des candidats bilingues qui ne feront que rapidement s’intégrer à la masse anglo-canadienne et faire croître les affaires anglophones.

Attendons voir la fameuse modernisation de la Loi sur les langues officielles relativement au commerce international, à la lumière du plan d’immigration libéral visant à accueillir plus de 400 000 immigrants par année à compter de 2021…

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