Baptiste Thery-Guilbert propose de lire son roman par le début ou par la fin

Baptiste Thery-Guilbert, Pas dire
Baptiste Thery-Guilbert, Pas dire, roman, Montréal, Éditions Annika Parance, coll. Sauvage, 2021, 110 pages, 13 $.
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Paris, 1987-1992. Le narrateur est un homosexuel épris d’un homme du même âge que lui. Ce mec n’est jamais nommé (son prénom est noirci dans le texte). Baptiste Thery-Guilbert signe Pas dire, un roman qu’on peut lire en commençant par le début ou par la fin.

L’auteur précise que les lecteurs préférant le sens chronologique choisiront de commencer par la fin, l’expérience étant alors complètement autre.

Avec une telle mise en demeure, on devine que le texte sera trituré ou torturé. Il l’est à souhait.

Essayer les garçons

Thery-Guilbert se demande ce qui vaut la peine de noircir une page : « parfois un détail insignifiant pour les autres ne l’est pas pour moi, sinon je ne l’écrirais pas ».

Il lance des remarques, pêle-mêle, du genre « Le garçon qui n’a jamais essayé les garçons mais qui voudrait essayer les garçons » ferait un bon titre de roman.

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Pour les besoins de cette recension, le personnage aimé mais jamais mentionné sera appellé X. Il s’agit d’un homme qui ne veut pas aimer les hommes, bien qu’il soit fortement attiré vers eux, et bien qu’il cède aisément à son désir trouble.

Difficile d’être toujours faux

L’auteur écrit que « ça doit être difficile d’être constamment faux. […] Incarnant un seul et unique rôle : celui le plus éloigné de lui-même. » L’auteur est le seul à aimer X. Il l’aime comme un père, comme une mère, comme un frère, comme un ami, comme un amant. Intégralement.

Quand X se promène dans la rue avec son ami gai, il s’arrête devant des vitrines pour admirer les dessous féminins et pour montrer que toute cette histoire de cul n’est que temporaire. Pour montrer qu’il est dans l’erreur en couchant avec un homme.

Bien qu’il prenne plaisir à coucher avec des hommes, X les qualifie de « sales pédés gauchistes » ou d’« intellectuels de saunas pleins de bites ». Son plaisir demeure de courte durée. Il fait aussitôt place à une forme de honte, celle d’avoir commis quelque chose de mal.

En pleine période du sida

L’histoire se déroule en pleine période du sida. L’auteur visite un ami qui en est atteint, à l’hôpital. Personnellement, je n’ai pas connu un proche ami ou friend with benefits qui est mort du sida; ce fait explique peut-être que j’ai lu difficilement entre certaines lignes.

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Parlant sida, X dit « Ce n’est pas d’attraper le sida qui me dérange. C’est que les gens vont savoir, ils vont savoir que j’ai couché avec un homme. » X a tellement de difficulté à s’accepter qu’il lance à son compagnon de baise : « Si seulement tu avais des seins ça serait moins compliqué. »

Dans Pas dire, publié aux Éditions Annika Parance, Baptiste Thery-Guilbert décrit une relation violente, intense, cruelle, troublante, mais aussi tendre et passionnante. Les émotions sont toujours à fleur de peau. Il est question de Désir et d’Amour, refoulés ou assumés.

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