Ambiance kompa-zouk cet été à Toronto avec Woodney Pierre

Couverture du single "ICI" de Woodney Pierre
Couverture du simple «ICI» de Woodney Pierre
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Le premier simple de la chanteuse torontoise d’origine haïtienne Woodney Pierre, intitulé ICI, sort ce vendredi 28 mai sur les principales plateformes de diffusion. Il nous promet un été aux ambiances musicales kompa-zouk.

Un mois après avoir produit un premier morceau, La Perle des Antilles, à l’issue de sa participation aux Rencontres qui chantent de l’Alliance nationale de l’industrie musicale (ANIM), la chanteuse nous partage un peu de sa culture en nous transportant dans son univers musical. Elle s’est confiée à l-express.ca :

Woodney Pierre chanteuse de kompa-zouk
Woodney Pierre

Le titre «La Perle des Antilles» est sorti le 18 avril, à l’occasion de la Journée du drapeau haïtien?

C’est un projet sur lequel j’ai pu travailler durant Les Rencontres qui chantent. C’est une chanson que j’ai écrite, dédiée à ma grand-mère, qui représente la femme haïtienne, la beauté, la résilience. C’est une célébration de la femme noire. C’est quelque chose que je voulais partager avec le pays. Je trouvais ça symbolique de sortir ma chanson le Jour du drapeau haïtien.

Le mois de mai est le mois du Patrimoine haïtien. La Perle des Antilles n’était que «le cocktail party to the party» de mon titre ICI. Celui-ci, c’est vraiment mon bébé. Mais le 28 mai en soi n’a pas vraiment de signification spécifique. Disons que ça sera quelque chose pour l’été! Un Summer Jam!

Votre carrière de chanteuse a débuté bien avant, notamment insufflée par votre mère, elle-même chanteuse d’opéra?

Si j’ai eu la chance d’explorer la chanson, c’est grâce à ma mère. Elle nous a toujours encouragés à explorer nos talents artistiques en ce qui concerne les arts, la musique, les sports. Quand j’étais petite, elle chantait de la musique classique à l’opéra et il y avait toujours de la musique à la maison.

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Elle m’emmenait à l’école avec elle où elle pratiquait et elle chantait. Je me rappelle la voir chanter Ave Maria. Depuis, c’est un de mes morceaux favoris de musique classique. Je me souviens qu’elle m’emmenait souvent au Festival de jazz à Montréal, avant que l’on ne déménage à Toronto. La musique faisait donc partie de notre vie, de notre famille, de tout notre environnement.

Personnellement, j’ai vraiment commencé à chanter à l’Église, ainsi qu’à l’école. Alors que j’étais à l’université, j’ai fait une formation avec le Conservatoire royal, et je chantais en parallèle avec un orchestre de jazz. J’ai pu ensuite participer à divers évènements, comme le Festival de jazz des Beaches. Ça m’a vraiment ouvert des portes.

La communauté haïtienne est beaucoup plus petite à Toronto qu’elle ne l’est à Montréal, alors il s’est passé un certain temps avant que je ne redécouvre réellement la culture musicale haïtienne, la musique kompa, le zouk… Quand l’opportunité s’est présentée, j’ai eu la chance de commencer à chanter le zouk, le kompa, et ça m’a vraiment donné l’opportunité de me reconnecter avec mes racines haïtiennes.

J’ai pu ouvrir la scène de plusieurs artistes, notamment un de mes groupes favoris, Kassav, que j’ai écouté en grandissant. Kassav est un groupe qui existait déjà avant que je ne sois née, mais ce sont eux qui m’ont réellement ouvert les portes en ce qui concerne le zouk et l’influence kompa. Le fait d’avoir pu ouvrir la scène pour eux, surtout à l’occasion de la fête Caribana, c’est vraiment quelque chose qui ma touchée et inspirée puisqu’on représentait notre culture.

Je veux que le monde puisse découvrir notre culture, notre musique, et j’ai hâte de le faire à travers mon nouveau single ICI.

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Comment décririez-vous le style kompa?

Pour moi, c’est vraiment un style romantique, un style qui nous fait ressentir l’émotion de la musique sans avoir besoin de comprendre les paroles, avec lequel, même si on ne comprend pas les paroles, on ressent la musique. C’est très romantique, très passionné et à la fois vraiment le fun.

Si on choisit un zouk avec un tempo un petit peu plus rapide, ça devient quelque chose de vraiment joyeux. Si on ralentit, c’est alors quelque chose de très émotionnel. Il y a une beauté dans le kompa-zouk parce qu’on peut ressentir l’émotion qu’on essaye de partager.

Même si on ne parle pas la langue, on peut ressentir la passion et l’émotion de la musique. Lorsque j’ai sorti mon titre pour la Journée du drapeau haïtien, plusieurs de mes amis anglophones ont ressenti la musique et en ont été émus sans même comprendre les paroles. Avec la musique kompa-zouk, je veux vraiment pouvoir partager l’histoire que j’ai vécue et ce que j’ai ressenti, que mon public parle français, anglais ou espagnol

Woodney Pierre chanteuse de kompa-zouk
Woodney Pierre

Vous avez déménagé assez jeune à Toronto et évolué dans un milieu plutôt anglophone. Pourquoi écrire vos chansons en français?

Ça a toujours été très important pour ma mère de nous garder dans un environnement francophone pour qu’on n’oublie pas notre français. Puis j’ai appris à parler anglais et mon milieu est devenu un peu plus anglophone que francophone.

C’est assez drôle parce que la plupart du temps, à l’école surtout, je chantais en français. Cependant, au début de ma formation je chantais en anglais. Mais comme j’ai aussi fait beaucoup de musique classique, j’ai aussi eu beaucoup l’occasion de chanter en italien, en allemand, en latin… J’ai toujours aimé m’exprimer en chantant, non seulement dans ma langue maternelle, mais aussi dans d’autres langues.

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C’est seulement quand j’ai recommencé à explorer la scène kompa-zouk que j’ai compris que je voulais me rapprocher de mes racines avec la langue française. Mais je sais en revanche que je vais certainement partager une pièce en anglais dans le futur.

«ICI» s’imprègne-t-il lui aussi du style kompa-zouk?

Ce titre-là est plus d’un style zouk un peu plus moderne, avec un peu d’influence kompa. Pour moi cette pièce est vraiment l’expression d’une relation de couple, de deux amants qui s’aiment. Il explore les sentiments que l’on ressent pour quelqu’un, d’une part par les paroles, et d’autre part par la musique. C’est vraiment un mariage entre les paroles et la musique.

C’est un titre plus zouk que La Perle des Antilles, mais je suis très excitée de le sortir parce que j’ai hâte de partager ce nouvel aspect de moi-même. Ce que j’aime dans la musique, c’est le fait de pouvoir partager des histoires, que ce soit des histoires personnelles, ou une histoire que j’ai entendue et que je veux exprimer.

La musique est un outil que je trouve très puissant, dans le sens ou ça peut encourager, ça peut motiver, ça nous fait se sentir bien. C’est quelque chose qui m’a vraiment aidé après la perte de mon frère. Cet évènement a un peu dévié ma trajectoire, mais c’est grâce à la musique que je me suis retrouvée.

Ce qui me rend le plus émue, c’est de voir quelqu’un touché par une performance que je fais. Que ce soit par une interprétation ou une composition originale, mon but c’est vraiment de pouvoir transmettre le message de façon à ce que le public puisse le ressentir.

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Et c’est quelque part une nouvelle découverte pour moi parce que, pour une grande partie de ma carrière, j’ai fait des interprétations. Alors le fait d’explorer ma propre musique me fait grandir en temps qu’artiste et écrivaine.

Vous êtes chanteuse et écrivez les paroles de vos deux titres? Composez-vous aussi la musique?

Pour la chanson que j’ai faite pour la Journée du drapeau haïtien, c’est moi qui l’ai écrite et qui ai créé la mélodie. La musique a été faite par Jos DaGreatest, un producteur d’Ottawa.

J’ai aussi collaboré avec lui pour ICI, mais cette chanson-là a été écrite pour moi par quelqu’un d’autre, même si ça reste l’histoire que je voulais exprimer. Je travaille avec une équipe avec laquelle on écrit ensemble. Parfois j’écris seule et, même si c’est assez nouveau pour moi, je cherche vraiment à explorer cet aspect de moi-même.

Woodney Pierre chanteuse de kompa-zouk
Woodney Pierre

Quelle a été votre expérience avec les Rencontres qui chantent ?

Ça a duré une semaine. Chaque jour, on avait des ateliers différents, entre autres de style d’écriture, mais aussi d’exercices physiques pour la santé mentale. Le but était de sortir une chanson à l’issue de cette semaine.

Ce fut une expérience très enrichissante pour moi, puisque j’étais accompagnée d’artistes faisant partie de l’industrie depuis 20 ans, 30 ans. D’autres étaient débutants comme moi, puisque ma carrière a surtout été composée d’interprétation. Même si j’écrivais un peu auparavant, c’est quelque chose qui restait nouveau pour moi et j’apprenais, d’autant plus que j’étais entourée d’artistes faisant ça depuis des années et capables d’écrire en 5 minutes.

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La plupart des artistes avaient leur propre instrument de musique pour s’aider avec la mélodie. Comme je n’en avais pas, j’ai été placée en binôme avec Pierre Sabourin pour qu’on puisse travailler la mélodie ensemble. C’est quelque chose que j’inviterais tout le monde à faire: participer à des activités, des ateliers entourés d’autres artistes qui encouragent la créativité.

Je pense que l’on peut apprendre de tout le monde, et mon morceau est d’ailleurs composé de toutes les influences des autres que j’ai pu retenir.

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