Lucks et badlucks dans Aller aux fraises d’Éric Plamondon

Éric Plamondon, Aller aux fraises
Éric Plamondon, Aller aux fraises, nouvelles, Montréal, Éditions Le Quartanier, 2021, 112 pages, 17,95 $.
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Avoir 18 ans, c’est finalement atteindre l’âge de la liberté. L’important corolaire qui l’accompagne laisse poindre des choix, des responsabilités. Voilà ce que tente de démontrer Éric Plamondon dans Aller aux fraises, un recueil de trois nouvelles.

Le narrateur masculin aura bientôt 18 ans. Ses parents étant divorcés, il fait la navette entre son père et sa mère selon un horaire qui lui convient.

La fin d’un monde d’Éric Plamondon

L’ado passe la majeure partie du temps avec ses amis de la fin du secondaire à boire, jouer au pool, se rouler par terre et se promener en voiture.

Une longue scène décrit comment deux amis sont pris dans une tempête de neige en route pour aller déposer les cendres d’un copain dans un lointain village.

L’un d’eux lance: «M’as crever tusseul icitte comme un rat pis parsonne va savoir quoi faire avec moé.» L’autre regarde l’urne sur le siège arrière et trouve une solution…

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À Saint-Basile, tout le monde se connaît

Dans ce court recueil, on assiste à la fin d’un monde. Le rideau tombe sur l’enfance-adolescence et sonne la fin d’une relation avec les parents, avec le village, avec un cocon protecteur.

À Saint-Basile, tout le monde se connaît, va à la messe le dimanche, fréquente la même école, le même resto du coin, le même bar.

L’auteur écrit qu’à Saint-Basile, il ne se passe parfois rien d’extraordinaire: «rien d’assez fascinant pour un tirer une histoire».

Longues digressions

Or, c’est précisément ce que Plamondon fait, trois fois plutôt qu’une. Il tisse trois nouvelles avec presque rien, en faisant largement appel à ses souvenirs.

Cela donne lieu à de longues digressions, à de nombreux flashbacks, voire à la description d’un match de pool qui n’en finit plus. Le lever du coude de T-Gilles est aussi précis qu’au moment «de taper la blanche pour la 7 au coin, la 3 par la bande, la 10 au side, la 6 cross-side, la 2 combine avec la 14».

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J’aime lire (et écrire) des nouvelles. Mais comme j’ai une préférence pour les textes brefs de trois à neuf pages, les nouvelles d’Éric Plamondon m’ont posé un défi, soit celui de garder l’intérêt pendant une trentaine de pages chaque fois.

Je trouve que c’est beaucoup de lignes pour en conclure que «dans la vie rien n’est jamais parfait. Les coups de luck pis les badlucks avancent ensemble».

Huitième ouvrage d’Éric Plamondon

Né à Québec en 1969, Éric Plamondon a étudié le journalisme à l’Université Laval et la littérature à l’Université du Québec à Montréal. Il vit en France depuis 1996.

L’auteur a publié huit ouvrages aux Éditions Le Quartanier. Son roman Taqawan a remporté le Prix littéraire France-Québec 2018.

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