À Vanier, le centenaire de la Patente prend son envol

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La plaque patrimoniale sur l’ancienne église Saint-Charles-Borromée, à Vanier. Photo: Sébastien Pierroz, Le Droit
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Publié 22/10/2026 par Sébastien Pierroz

Le dévoilement d’une plaque patrimoniale le 16 octobre devant l’ancienne église Saint-Charles-Borromée, à Vanier, a donné le coup d’envoi des festivités du 100e anniversaire de l’Ordre de Jacques-Cartier, «la Patente», cette société secrète fondée en 1926 qui a profondément marqué l’histoire des francophones au Canada. Une reconnaissance attendue depuis plusieurs années, à quelques jours du centenaire officiel.

C’est ce 22 octobre, date de la fondation de l’organisation, qu’on célèbre officiellement ses 100 ans. Mais le ton était déjà donné devant une centaine de personnes rassemblées à l’endroit même où cette histoire a commencé.

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Les armoiries de l’Ordre de Jacques-Cartier. Photo: L’Encyclopédie canadienne

Plaque bilingue

«Je suis enchantée. Je suis très contente que la communauté se soit rassemblée pour célébrer cette plaque, qui était tant attendue», a confié au Droit Johanne Leroux, membre du Comité de la francophonie de l’Association communautaire de Vanier, à l’origine des démarches.

Apposée sur la façade de l’ancienne église, la plaque bilingue en bronze rappelle notamment la valeur patrimoniale du bâtiment construit en 1908 et son association avec la naissance de l’Ordre de Jacques-Cartier.

La cérémonie a également été ponctuée d’une prestation des quatre comédiennes de Patenteuses, une comédie musicale qui revisite avec humour et satire l’histoire de cette société secrète autrefois exclusivement masculine.

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«Aujourd’hui, ça marque effectivement le début des festivités de la Patente et du 100e anniversaire», a résumé le directeur général du Muséoparc Vanier, Yves Turbide.

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L’affiche du spectacle Patenteuses, de Créations In Vivo. L’affiche du film L’Ordre secret, de Phil Comeau.

Une attente de plusieurs années

Le dévoilement de cette plaque met fin à une longue attente pour les défenseurs du patrimoine francophone de Vanier.

Désignée comme bien patrimonial par la Ville d’Ottawa en 2013, l’ancienne église Saint-Charles-Borromée ne disposait toujours d’aucune plaque officielle rappelant son importance historique.

«C’était une attente de trois ans», a souligné Johanne Leroux, qui s’est mobilisée auprès des autorités municipales pour obtenir cette reconnaissance.

Une autre démarche demeure toutefois en suspens. Comme l’avait révélé Le Droit en juin, Parcs Canada étudie une demande visant à reconnaître l’importance historique nationale de l’Ordre de Jacques-Cartier.

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Cette éventuelle désignation, distincte de la reconnaissance patrimoniale municipale de l’église, pourrait donner lieu à l’installation d’une seconde plaque, cette fois fédérale.

Des historiens de Parcs Canada ont préparé un rapport destiné à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, qui devra formuler une recommandation à la ministre responsable.

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Une affiche de la série Rebelles francophones de l’Ontario, de Marc Keelan-Bishop. Jacques Cartier, découvreur du Canada pour la France, l’inspiration de La Patente, selon le Muséoparc Vanier.

«Heureux qu’on n’ait plus besoin de la Patente»

Fondé le 22 octobre 1926 dans le presbytère de l’église Saint-Charles-Borromée, sous l’impulsion du curé François-Xavier Barrette, l’Ordre de Jacques-Cartier cherchait à défendre les intérêts des Canadiens français, notamment dans la fonction publique fédérale et les institutions politiques.

L’organisation, qui comptait quelque 10 000 membres actifs en 1952, a été dissoute en 1965.

Parmi les personnalités présentes le 16 octobre figuraient Guy Cousineau, ancien maire de Vanier et membre de l’Ordre, ainsi que Jacques Poirier, ancien prêtre de l’église Saint-Charles-Borromée.

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«Grâce à la Patente, on a réussi à faire nommer des juges francophones, des sénateurs, des hauts fonctionnaires. Heureusement, leur stratégie a fonctionné, et les francophones ont réussi à prendre leur place», a rappelé le maire Mark Sutcliffe, présent lors de l’événement.

«Je suis heureux qu’on n’ait plus besoin de la Patente, même s’il faut continuer à se battre», a-t-il ajouté.

«Cette histoire mérite d’être connue par les francophones, mais aussi par toutes les personnes qui vivent à Ottawa», a conclu la conseillère municipale de Rideau-Vanier, Stéphanie Plante, à l’origine de la motion municipale réclamant l’installation de cette plaque.

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Un récent ouvrage sur la Patente.

D’autres festivités à venir

Les célébrations se poursuivent les 22 et 23 octobre avec les premières représentations de Patenteuses, présentées par Créations In Vivo au MIFO, à Orléans.

Le 29 octobre, le Muséoparc Vanier inaugurera une exposition temporaire intitulée L’Ordre de Jacques-Cartier: 100 ans de mystère et d’influence, consacrée aux réseaux, aux rituels et à l’héritage de l’organisation.

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«On va présenter le film L’Ordre secret de Phil Comeau au courant du mois de novembre et, à la Cabane à sucre, début 2027, une conférence sur l’Ordre de Jacques-Cartier», a précisé Yves Turbide.

Autant d’occasions de faire découvrir au grand public une organisation qui, pendant près de quatre décennies, a œuvré dans l’ombre pour défendre la place des francophones au Canada.

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