Vers un Canada «membre associé» de l’Union européenne

Cette semaine dans l’actualité politique canadienne

Union européenne, Mark Carney au Parlement européen.
Mark Carney au Parlement européen.
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Publié 18/09/2026 par Inès Lombardo

Rapprochement du Canada avec l’Union européenne. Lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, ce mercredi 16 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que l’Europe souhaite ouvrir la voie pour que le Canada devienne le premier «membre associé» de l’Union européenne.

Elle a invité Mark Carney à travailler avec elle pour ouvrir cette voie, soulignant que l’Europe et le Canada partagent un océan, des valeurs communes et une même vision du monde, et qu’ils allaient désormais construire ensemble leur avenir commun. Une déclaration qui a suscité une ovation dans la salle.

Au-delà des échanges commerciaux : Le lendemain, dans un discours inédit pour un premier ministre canadien devant le Parlement européen, Mark Carney a présenté aux Européens les atouts du Canada : ses minéraux critiques et ses ressources énergétiques.

Pour lui, le partenariat doit «garantir un accès sûr à l’IA, aux technologies propres, aux communications spatiales, à la santé, aux capacités industrielles de défense, aux calculs quantiques, aux paiements».

Jeunes : Le Canada adhérerait aux programmes d’étude Erasmus et de recherche Horizons, pour une circulation du savoir entre le Canada et l’UE.

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«L’objectif n’est pas l’autosuffisance, mais la résilience collective», a déclaré Mark Carney. Un nouveau bureau d’une délégation détachée de l’Union européenne ouvrira à Ottawa.

Union européenne, Mark Carney au Parlement européen.
Mark Carney au Parlement européen.

Réaction de Donald Trump : Dès mercredi 16 septembre, le président des États-Unis a menacé d’imposer des droits de douane «très lourds» et de cesser «tout commerce avec l’Europe».

Interrogé en conférence de presse sur ces nouvelles menaces, Mark Carney a affirmé que «personne ne dit quelle langue les Canadiens doivent parler [ni] faire des restrictions sur nos cultures ou sur nos partenariats à l’étranger».

Il a aussi avancé que ce partenariat était aussi positif pour les Américains, car le Canada sera plus souverain et donc, un partenaire «plus efficace».

La citation de la semaine : «Les racines d’un chêne se mêlent à celles de ses voisins en échangeant des nutriments, en créant un système résilient autosuffisant. Aujourd’hui, le Canada et les États de l’Union peuvent ancrer leurs valeurs dans le sol pour créer une canopée protectrice pour que nos citoyens puissent prospérer. […] Nous sommes ici face à une tempête féroce : elle abattra un arbre isolé, mais elle n’abattra pas la forêt.» – Mark Carney, lors de son discours devant le Parlement européen, le 17 septembre 2026.

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Premier sommet sur l’investissement

En début de semaine, toujours pour réduire la dépendance économique du Canada envers les États-Unis, Mark Carney avait réuni à Toronto des représentants de fonds d’investissement et de fonds souverains internationaux, lors du premier Sommet canadien de l’investissement.

Le but : Les convaincre de financer la réorientation de l’économie canadienne, dans l’espoir d’attirer 1000 milliards de dollars d’investissements étrangers au cours des cinq prochaines années, notamment grâce à des incitatifs fiscaux et à un allègement bureaucratique.

Parmi les invités figuraient principalement des représentants d’entreprises du golfe Persique et de Chine, et des grandes banques américaines.

Le premier ministre Carney a insisté sur les ressources minières du pays et sur son projet de nouveau pipeline dans l’Ouest canadien, destiné à acheminer au moins un million de barils de pétrole par jour vers l’Asie.

Invité surprise : L’ancien premier ministre conservateur du Canada, Stephen Harper, a affirmé que Mark Carney avait «raison» d’accélérer les grands projets énergétiques au Canada, tous deux souhaitant que le Canada devienne une «superpuissance énergétique».

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Ouverture de quatre aéroports aux investissements privés

En marge du Sommet, le premier ministre Mark Carney a annoncé vouloir confier au secteur privé les opérations des quatre plus gros aéroports du pays.

Il a fait valoir qu’il s’agissait d’une «entente» plus qu’une privatisation, où les opérateurs privés seront responsables de la gestion des aéroports pendant plusieurs décennies, mais le gouvernement restera propriétaire des actifs, via le Fonds pour un Canada fort.

«Nos régimes de pensions exploitent ces concessions partout sur la planète», a-t-il justifié en conférence de presse. Réglementation, contrôles et normes : tout sera enchâssé dans un contrat.

Les investisseurs ne seront pas nécessairement Canadiens, mais des internationaux triés après un «examen», notamment pour vérifier et exclure «les investisseurs étrangers avec lesquels nous ne sommes pas à l’aise», a avancé le premier ministre.

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Le Parti conservateur du Canada, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois se sont tous opposés à la nouvelle.

Décision répercutée sur les billets d’avion? Mark Carney s’est voulu rassurant, en affirmant que la gestion des aspects de rendement des magasins et restaurants des aéroports concernés permettra d’avoir des coûts de voyage plus bas.

Sa volonté est, selon ses dires, de «rendre le Canada souverain». «C’est plus facile à faire avec un partenaire qui partage les mêmes valeurs», a-t-il souligné, en référence implicite aux États-Unis.

Mark Carney avec le nouveau premier ministre britannique Andy Burnham.
Mark Carney a rencontré le nouveau premier ministre britannique Andy Burnham.

Traités de coproductions audiovisuelles avec le Royaume-Uni et l’Espagne

Ce lundi 14 septembre, en marge du Festival international du film de Toronto (TIFF), le Canada a signé des traités modernisés de coproduction audiovisuelle avec le gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et le Royaume d’Espagne.

Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, Marc Miller, était pour l’occasion accompagné du ministre d’État des Industries créatives du Royaume-Uni, Ian Murray, et de la directrice générale de l’Instituto de la Cinematografía y de las Artes Audiovisuales, en Espagne, Marta Serrano.

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Une fois ratifiés, ces traités devraient faciliter la collaboration entre les producteurs de ces pays. Ottawa espère renforcer la compétitivité du Canada dans l’industrie audiovisuelle mondiale, à l’ère du numérique.

Union européenne, marc miller, coproductions audiovisuelles
Le ministre Marc Miller a signé deux traités de coproductions audiovisuelles avec le Royaume-Uni et l’Espagne. Photo: X

Avec les informations de Julien Cayouette et Camille Langlade.

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