À Venise, on tient son panama en se régalant du panorama. Le romancier Thierry Brunello, lui, occulte les démons du passé et ausculte l’amour trouble de cette ville dans L’Adieu à Venise, ouvrage aussi poignant qu’énigmatique.
Le personnage principal est Angelo, débardeur le jour à Venise en 1938 et danseur la nuit dans un cabaret clandestin. Il est amoureux de Luca, un beau flic avec de «l’aplomb doublé d’une sensibilité déroutante». Le couple vit un amour interdit dans une Italie rongée par la montée du fascisme.
Fuir le fascisme
Le monde d’Angelo s’effondre le jour où son jeune frère revêt l’uniforme de la milice mussolinienne. L’exil devient la seule échappatoire: Angelo fuit en Amérique, où il devient cinéaste.
Trente ans plus tard, le film inspiré de sa jeunesse est sélectionné pour La Mostra. Angelo retrouve la cité de son enfance, figée dans la beauté et les silences. Mais le passé ressurgit et avec lui une vérité capable d’ébranler la paix fragile qu’il pensait acquise.
Je vous préviens que le passé et le présent s’entremêlent très facilement dans ce roman. Flashbacks et vécu actuel se croisent à qui mieux mieux. Le changement d’époque a souvent lieu sans préavis, ce qui est franchement déroutant.


