Les Parents s’y mettent… pour prévenir le décrochage scolaire

Les Parents s’y mettent : prévenir le décrochage scolaire
Cérémonie de clôture de la troisième cohorte du programme Les Parents s’y mettent. Photo: courtoisie
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Publié 25/08/2026 par Hamza Ziad

Né de l’initiative de parents francophones établis dans le Grand Toronto, le groupe communautaire Les Parents s’y mettent accompagne les familles nouvellement arrivées pour les aider à mieux comprendre le système scolaire ontarien et à suivre de près le parcours éducatif de leurs enfants.

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Khadidiatou Ndiaye

Khadidiatou Ndiaye, travailleuse sociale et coordonnatrice des ateliers, explique que des parents ont eux-mêmes lancé l’initiative. Ils ont connu les écueils de l’établissement dans un nouveau pays.

Au cœur de leur démarche: la prévention du décrochage scolaire. «Une réalité qui peut toucher toutes les familles, mais particulièrement les familles francophones nouvellement arrivées», explique-t-elle à l-express.ca.

Le décalage culturel constitue, selon elle, un défi de taille. Dans plusieurs pays africains, l’éducation de l’enfant repose sur un cercle élargi. Famille, voisins et communauté se partagent l’encadrement.

En Ontario, ce filet ne se retrouve pas nécessairement sous la même forme. Les parents doivent donc souvent partir eux-mêmes en quête de l’information pour décoder le fonctionnement du système scolaire.

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Les Parents s’y mettent : prévenir le décrochage scolaire
À la fin de leur formation, les participant·es reçoivent un certificat et bénéficient d’un suivi individuel pour les accompagner dans leur parcours. Photo: courtoisie

Au-delà des chiffres

Selon les données du ministère de l’Éducation de l’Ontario, le taux provincial d’obtention du diplôme d’études secondaires en cinq ans s’établissait à 89,5% en 2023-2024. Le ministère suit également les taux de diplomation à quatre et cinq ans pour chacun des conseils scolaires de la province.

Du côté francophone, plusieurs conseils affichent des résultats supérieurs à cette moyenne.

Ces résultats encourageants ne signifient toutefois pas que toutes les familles disposent des mêmes repères pour déceler les difficultés susceptibles de fragiliser le parcours d’un enfant. «Une personne qui vient d’Afrique ne connaît pas forcément les causes qui peuvent déclencher le décrochage scolaire et peut rester dans son coin au lieu d’aller chercher l’information», explique Khadidiatou Ndiaye.

Selon elle, certaines difficultés apparaissent bien avant la rupture avec l’école: alimentation, tensions familiales, ou encore difficulté d’un parent à reconnaître les émotions de son enfant et à lui apporter le soutien nécessaire. «Ce sont autant de freins à la réussite scolaire dont certains parents ne sont pas conscients», souligne-t-elle.

Elle note d’ailleurs que la question de l’absence ou du désengagement de certains parents dans le parcours éducatif de leurs enfants revient de plus en plus dans les échanges avec les conseils scolaires.

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Mieux vaut prévenir que guérir. C’est tout l’enjeu, selon elle, d’intervenir en amont plutôt que d’attendre que les difficultés s’accumulent, en donnant aux parents des outils pour mieux comprendre ce qui se joue à l’école comme à la maison.

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La prévention du décrochage scolaire passe notamment par une meilleure compréhension des difficultés rencontrées par les élèves et par l’implication des parents dans leur parcours éducatif. Photo: iStock.com/Wavebreakmedia

Des ateliers pour outiller les parents

La Fondation Trillium de l’Ontario finance le programme à hauteur de 300 000 $ sur trois ans. Grâce à cet appui, Les Parents s’y mettent a permis à des familles francophones de Toronto et de la région de Durham de bénéficier d’un accompagnement axé sur le parcours scolaire de leurs enfants.

À ce jour, l’organisme a complété quatre cohortes, deux dans chacune des deux régions. Les participants suivent sept ateliers thématiques en ligne. Deux rencontres en personne s’y ajoutent, à l’ouverture et à la clôture de chaque cohorte.

Les ateliers couvrent plusieurs sujets: relations parents-enfants, fonctionnement du système scolaire ontarien, communication avec l’école, orientation scolaire et choix de carrière. Des professionnels animent les séances: travailleurs sociaux, intervenants scolaires, nutritionnistes et psychothérapeutes.

Selon Khadidiatou Ndiaye, cette diversité permet de traiter le parcours éducatif dans toutes ses dimensions, au-delà des seuls résultats scolaires.

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L’accompagnement ne s’arrête pas à la cérémonie de clôture, précise-t-elle. Un suivi auprès des familles se poursuit souvent après la fin de leur cohorte.

Le programme collabore aussi avec les deux conseils scolaires francophones de la région, Viamonde et MonAvenir, selon une logique à double sens. Les conseils font connaître les activités de Les Parents s’y mettent auprès des familles. L’organisme, en retour, relaie dans sa communauté leurs programmes et événements.

Les Parents s’y mettent : prévenir le décrochage scolaire
Des participant·es de la deuxième cohorte de Les Parents s’y mettent. Photo: courtoisie

Écoles et communauté: des rôles complémentaires

Pour Khadidiatou Ndiaye, soutenir les parents suppose aussi de bien distinguer les responsabilités des différents acteurs. «Il ne faut pas mélanger le rôle des intervenants dans les écoles avec celui de la communauté», insiste-t-elle.

Le personnel scolaire agit dans le cadre de ses responsabilités et de son champ d’expertise. Les organismes communautaires, eux, offrent un soutien différent, complémentaire.

Selon elle, les organismes ethnoculturels sont particulièrement bien placés pour saisir certaines réalités vécues par les nouveaux arrivants. Leur proximité avec les communautés leur permet de décoder des repères et des codes culturels qui échappent parfois au système scolaire canadien.

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Cette connaissance du terrain facilite le dialogue avec les parents. Elle les aide à mieux comprendre leur nouvel environnement scolaire et les oriente vers les ressources appropriées, un pont, en somme, entre les familles, la communauté et les institutions scolaires, précise-t-elle.

Et après le financement?

Le financement de trois ans prendra fin en février 2027, mais l’équipe espère bien poursuivre l’aventure. Dès novembre 2026, elle présentera un bilan des trois années du projet. Ce sera aussi l’occasion de déposer une demande de prolongation, indique Khadidiatou Ndiaye.

La coordonnatrice se dit confiante quant à la suite. Une longue liste d’attente et l’intérêt manifesté par les familles souhaitant intégrer de futures cohortes nourrissent cet optimisme.

Les Parents s’y mettent : prévenir le décrochage scolaire
Fatoumata Ouattara. Photo: courtoisie

Fatoumata, l’une des mères ayant participé au programme, témoigne des retombées concrètes. Au terme de sa cohorte, elle dit se sentir mieux outillée et plus confiante pour gérer les prochaines étapes du parcours éducatif de ses enfants. Ces connaissances lui ont déjà permis de mieux accompagner l’un de ses garçons. Elles devraient, estime-t-elle, servir aussi pour ses deux autres enfants.

Parmi les sujets abordés, elle retient particulièrement l’orientation scolaire. Ce volet lui a permis de mieux comprendre les possibilités offertes à ses enfants et la manière de les accompagner dans leurs choix, bien au-delà de sa participation au programme.

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