Surfer sur de grosses vagues à Toronto, c’est possible!

De grosses vagues à surfer à Toronto.
On peut surfer du gros au spot de Scarborough Bluffs les jours de tempêtes. Photo: Lucas Murnaghan
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Publié 17/08/2026 par Soufiane Chakkouche

Si le lac Ontario, qui lèche la ville de Toronto, est connu pour la pratique de certains sports nautiques, comme le canot, le kayak, la planche volante ou la planche à rame, il l’est beaucoup moins s’agissant de surf. Et pourtant, ce sport se pratique bel et bien ici, porté par une communauté soudée qui a appris à lire les caprices du lac Ontario et l’humeur du vent.

«Quand je suis venue m’installer ici, je pensais qu’on ne pouvait pas y surfer, et puis j’ai rencontré la communauté de surfeurs de Toronto et c’est devenu le paradis pour moi», se souvient Kelly Donovan, une sexagénaire originaire de la Nouvelle-Écosse et qui pratique le surf depuis plus d’une décennie.

L'hiver est le meilleur moment pour surfer à Toronto.
Kelly Donovan s’apprêtant à surfer en plein hiver. Photo: courtoisie.

Comme elle, hormis le cercle des initiés, ils sont peu nombreux à savoir qu’on peut surfer une bonne partie de l’année à Toronto, car il y a là quelque chose de presque contre-intuitif.

«Durant des années après son installation à Toronto, notre père, Larry Cavero, a cru qu’il ne pouvait faire dans cette ville que du skate ou du snowboard. Puis, lors d’une tempête automnale, il a aperçu des vagues impressionnantes», se rappelle Keana Cavero, pour qui le surf est d’abord une histoire de famille.

«Alors, avec de nouveaux amis, ils ont formé une communauté. Nous avons progressivement découvert non seulement que les Grands Lacs sont surfables, mais aussi comment les surfer», ajoute-t-elle.

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Au gré du vent

Toutefois, tout ce petit monde, dont la majorité était habituée à glisser sur l’océan, a dû «réapprendre» à surfer. Et pour cause, contrairement au surf en mer, celui du lac dépend entièrement du vent, en l’absence d’une houle régulière venue du large.

Le vent est donc le maître du jeu, comme l’explique Kelly Donovan. «Les vagues du lac sont différentes de celles de l’océan, leur fréquence et leur vitesse peuvent être deux à trois fois plus rapides qu’en océan, et cela à cause, ou plutôt grâce au vent. Au lac, le vent décide de tout pour nous. Les jours de tempête sont les meilleurs jours pour nous. On est quelque part des chasseurs de tempêtes.»

Toronto offre des vagues à surfer pour tous les niveaux.
Au pied des falaises de Scarborough un jour de tempête. Photo: Geoff Ortiz

C’est donc quand les météorologues conseillent aux gens de rester chez eux que les surfeurs torontois montrent le bout de leur planche. D’ailleurs, c’est pour cette raison que la meilleure période pour surfer à Toronto s’étale de l’automne à l’hiver. Néanmoins, ces conditions peuvent se réunir pendant quelques jours en été également.

«Les tempêtes hivernales ou les vents violents causés par les ouragans du Sud amènent souvent des surfeurs à l’eau. Aussi, l’air plus froid facilite grandement l’action sur l’eau, qui est généralement plus chaude. C’est vraiment une science», conclut Nailani Cavero, sœur et partenaire de glisse de Keana.

Un équipement adapté

Or, qui dit surf en hiver dans l’hémisphère Nord dit équipement adapté. En effet, contrairement au surf en océan à des températures tropicales, le surf sur le lac Ontario nécessite une combinaison en néoprène de six millimètres d’épaisseur au minimum, munie d’une cagoule, de chaussons ainsi que de gants de sept ou huit millimètres d’épaisseur.

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Autre détail important, les surfeurs de la région ont l’habitude de ramener une gourde d’eau chaude avec eux pendant l’hiver, et ce afin de se réchauffer après une session.

De plus, ils conseillent de démarrer sa voiture pour faire marcher le chauffage avant de se changer dedans, car les toilettes des plages et des parcs sont généralement fermées pendant la saison hivernale.

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Larry Cavero après une séance de surf l’hiver. Photo: courtoisie

Des vagues de neuf mètres

Par ailleurs, si chaque surfeur a son endroit secret, il existe trois lieux de prédilection à Toronto qui conviennent à tous les niveaux, du débutant à l’expérimenté, en passant par l’intermédiaire.

«Il y a des endroits magnifiques à surfer à Toronto qui offrent des spots de surf intéressants le long du rivage, avec des difficultés variables selon les jours. La vue sur la ville et les falaises imposantes au loin est vraiment belle», souligne Keana Cavero.

La plage de Marie Curtis Park et celle d’Ashbridges Bay Park (A-Bay pour les intimes) offrent de bonnes conditions pour les débutants et les intermédiaires, tandis que les Scarborough Bluffs sont préférés des surfeurs expérimentés.

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Selon Kelly Donovan, on peut surfer dans ce spot des vagues pouvant atteindre une hauteur de 9 mètres durant les jours de grandes tempêtes.

Une communauté solidaire

Du reste, plus que toute autre communauté de surfeurs du grand bleu, celle de Toronto est très unie, probablement à cause aux spécificités de son sport, comme en témoigne Keana Cavero. «L’un des principaux avantages de surfer ici, c’est la communauté. Elle est très soudée tout en étant accueillante.»

On la retrouve notamment via la page Facebook The Toronto Surf Club.

«Ayant grandi au fur et à mesure que cette communauté s’est développée, je peux dire qu’elle rassemble des gens formidables, issus de tous les horizons.»

Des vagues à surfer pour tous les niveaux à Toronto.
Nailani Cavero et Keana Cavero se préparant à surfer. Photo: courtoisie

Et de poursuivre: «Nous avons travaillé dur pour éliminer cette mentalité d’exclusion que l’on peut souvent rencontrer dans d’autres communautés de surfeurs. Et je pense que cela se voit au nombre impressionnant de nouveaux venus que nous accueillons chaque année, ainsi qu’à la solidité des liens qui se tissent entre les membres de notre communauté.»

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L’activité qu’a développée Kelly Donovan illustre bien cette solidarité. «Ce que je fais pour la communauté qui me procure beaucoup de joie, c’est que je répare les combinaisons abimées en les recousant, car ces coûts étaient exorbitants, puisqu’il fallait les envoyer en Californie ou à Vancouver pour les réparer», se rappelle-t-elle.

De plus, la surfeuse, quand elle le peut, offre gracieusement aux nouveaux membres une combinaison complète qu’elle a récupérée et remise en état.

planche
Nailani Cavero bichonnant une planche de surf dans le petit commerce familial, KEANAILA. Photo: courtoisie

Le lac n’a pas de dents

Autre avantage qui devrait réjouir les galéophobes (personnes ayant la phobie des requins) réside dans l’absence des squales dans les lacs.

Selon les personnes rencontrées pour les besoins de cet article, la pratique de ce sport sur le lac Ontario peut présenter seulement deux dangers: les surfeurs débutants qui ne connaissent pas forcément les règles d’usages concernant la priorité sur la prise des vagues, ce qui peut causer des collisions; et les rochers sous l’eau en cas de chute.

Pour rappel, selon les récentes données de l’ISAF (International Shark Attack File), une vingtaine de surfeurs ou pratiquants de sports de glisse ont été mordus par un requin en 2025 dans le monde, dont quatre mortellement.

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