Retour de la menace «communiste» aux États-Unis!

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Monument à la gloire de Lénine à Saint Petersbourg. Photo: iStock.com/agustavop
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Publié 17/07/2026 par François Bergeron

En vue des élections américaines de mi-mandat en novembre, et pour tenter de relever sa cote de popularité plombée par ses guerres inutiles, ses tarifs erratiques, sa corruption et sa grossièreté, le président Donald Trump est parti à la chasse aux «communistes».

Il cible ici quelques élus ouvertement «socialistes» qui souhaiteraient faire au Parti démocrate le coup que le mouvement MAGA a fait au Parti républicain: en prendre le contrôle en marginalisant ses ténors traditionnels centristes.

Trump meilleur que Lénine

C’est notamment lors de la récente rencontre de l’OTAN à Ankara que Trump a mentionné le nouveau péril rouge menaçant les États-Unis. Venu de l’intérieur celui-là – des universités, des médias et du Parti démocrate – plutôt que de l’URSS comme dans les années 1950.

Après avoir dit qu’il aurait fait un bien meilleur chef communiste que Lénine (!), Trump a averti les Américains qui pourraient être attirés par le chant des sirènes socialistes que le communisme s’est avéré un «désastre»… «depuis des milliers d’années sous différents noms».

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On notera encore une fois son admiration pour les dictateurs, parmi lesquels il serait le «meilleur». On lui concédera que le communisme est un «désastre», et que trop de gens en sont inconscients et ne comprennent pas comment on peut en arriver là.

C’est pourtant simple: moins de libertés (le socialisme) peut facilement mener à encore moins de libertés (le communisme).

Mais «depuis des milliers d’années», alors que les bolchéviques russes ont pris le pouvoir en 1917? Admettons simplement que, depuis l’aube des civilisations humaines, on a connu des rois cruels et des gouvernements «totalitaires», avec des résultats calamiteux pour la majorité des gens. Et, inversement, des rois bienveillants et des gouvernements plus «libéraux» ont pu favoriser le progrès.

Le socialisme sans la démocratie

Le socialisme, c’est la bureaucratie tentaculaire, l’étatisation débilitante de pans entiers de l’activité industrielle et commerciale, les dépenses publiques pharaoniques, les taxes punitives.

À quoi il faut ajouter, de nos jours, les jérémiades sur les défis des minorités raciales et sexuelles, qui nécessiteraient des compensations discriminatoires.

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Le communisme, c’est le socialisme sans la démocratie. Donc les Sanders, Warren, AOC, Mamdani, tout comme Avi Lewis, le nouveau chef du NPD canadien, ou encore les animateurs de Québec solidaire, ne sont pas «communistes», ayant toujours promis de respecter le verdict des urnes.

Quoique dans ces milieux, on affirme depuis toujours que nos démocraties sont dénaturées par le grand capitalisme et la libre circulation des idées, qui inciteraient le bon peuple à voter «contre ses intérêts». Cela revient à discréditer implicitement le résultat des élections.

Trump, lui, a contesté expressément le résultat de l’élection qu’il a perdue en 2020, exposant à la vue de tous à quel point le mépris de la démocratie – aussi imparfaite soit-elle – peut être disgracieux et dangereux.

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Les logos du Parti démocrate, des Socialistes démocrates et du Parti communiste des États-Unis.

Démocratie vulnérable

Ce mépris était en évidence ce jeudi 16 juillet, dans le discours télévisé de Trump sur la «vulnérabilité» des élections américaines à la fraude et à l’ingérence chinoise et russe.

La dissonance était pénible à entendre.

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Faut-il comprendre que la fraude et l’ingérence étrangère fonctionnent quand des Démocrates sont élus, mais pas quand ce sont des Républicains?

À moins que Donald Trump prétende qu’il a été élu deux fois malgré les défaillances du système, alors que Joe Biden ou Barack Obama auraient été élus grâce à ces défaillances?

La victoire des Républicains en 2024 était méritée, mais celle des Démocrates en novembre ne le sera pas?

Trump a déclassifié des rapports d’enquête dont la teneur était déjà connue et n’a rien de sensationnel.

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Le processus électoral américain peut toujours être amélioré. Au Canada comme dans toutes les démocraties aussi. Mais les erreurs ou les fraudes ou l’ingérence étrangère n’ont toujours eu, à ce qu’on sache, qu’un impact minime.

Justement, rappelons que ce sont les Démocrates, mauvais perdants, qui ont parti le bal en menant une longue campagne pour discréditer l’élection de Trump en 2016, supposément favorisée par l’ingérence de la Russie. Trump les imite et les dépasse sur cette pente glissante.

Le discours de jeudi soir servait à mettre de la pression sur le Congrès pour adopter le Save America Act, un autre de ces projets de loi omnibus qui contiennent des bonnes et des mauvaises mesures sur trop de sujets disparates. Chaque législateur a au moins une raison de voter contre. Cela devient un test de loyauté, forçant les dissidents à rentrer dans le rang.

Une réforme plus modeste, voulue par une grande majorité d’Américains selon les sondages, à laquelle les Démocrates ne pourraient pas s’opposer, aurait pu exiger des électeurs des preuves d’identité et de citoyenneté pour s’inscrire sur les listes et voter. C’est une règle élémentaire en vigueur chez nous et dans toutes les démocraties.

Auteurs

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et numériques, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

  • l-express.ca

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