La décision rendue le 12 juin par la Cour suprême impose le bilinguisme aux futurs lieutenants-gouverneurs du Nouveau-Brunswick. En revanche, le jugement ne concerne pas les autres postes à responsabilité similaire, écrit le juge-en-chef Richard Wagner.
La question centrale de l’affaire amenée jusqu’en Cour suprême par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) était de savoir si la nomination d’une personne unilingue au poste de lieutenant-gouverneur général du Nouveau-Brunswick porte atteinte aux garanties constitutionnelles d’égalité linguistique de la Charte canadienne des droits et libertés, notamment celles spécifiques au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada.
Responsabilité constitutionnelle
Oui, ont tranché six juges de la Cour suprême – Wagner, Côté, Kasirer, Martin, Moreau et O’Bonsawin – contre trois. Ils donnent ainsi raison au principal demandeur, la SANB, qui a plaidé que le premier ministre du Canada avait la responsabilité constitutionnelle de nommer une personne bilingue au poste de lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick.

«La nomination d’un lieutenant-gouverneur au Nouveau-Brunswick n’ayant pas la capacité de comprendre les deux langues officielles et de communiquer dans celles-ci dans l’exercice de ses fonctions enfreint le par. 16(2) de la Charte», rédige ainsi le juge-en-chef Richard Wagner, dans la décision.
En revanche, la Cour suprême ne désavoue pas la nomination et refuse d’annuler les actes de l’ancienne gouverneure générale de la province dont la nomination a déclenché cette affaire, Brenda Murphy.




