Toronto accueille la nouvelle Chambre économique Maroc-Canada

Chambre économique Maroc-Canada,
La création de la CEMC s’inscrit dans un contexte de rapprochement économique entre le Canada et le Maroc. Image: ChatGPT
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Publié 08/05/2026 par Hamza Ziad

La Chambre économique Maroc-Canada (CEMC), présidée par Faouzi Metouilli, a vu le jour le 29 avril à Toronto, soit un jour après l’annonce du gouvernement canadien exprimant son soutien au plan d’autonomie du Sahara occidental proposé par le Maroc.

«L’idée de créer cet organisme circulait déjà depuis 2017, lorsque j’étais président de l’Association marocaine de Toronto (AMDT), mais le projet a été retardé pendant plusieurs années », explique Faouzi Metouilli à l-express.ca.

«L’idée a mûri au fil des années. Selma et moi en avons ensuite discuté, et nous partagions cette même vision. Aujourd’hui, le projet est finalement lancé.»

La CEMC se définit comme un organisme à but non lucratif indépendant de toute institution gouvernementale canadienne ou marocaine.

«Il s’agit d’un organisme indépendant créé notamment pour répondre à des besoins en matière d’accompagnement des entrepreneurs des deux pays dans leurs démarches de développement et d’expansion», explique Selma Régragui, vice-présidente aux communications et aux relations internationales de la CEMC.

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Selma Régragui et Faouzi Metouilli. Photo: courtoisie

Une communauté en expansion

Selon les données du Recensement de 2021 de Statistique Canada, près de 99 000 personnes d’origine marocaine vivent aujourd’hui au Canada. La communauté est principalement concentrée au Québec, qui compte plus de 81 000 Marocains, suivi de l’Ontario avec environ 12 300 personnes.

La région torontoise connaît également une croissance soutenue, avec près de 4 000 personnes d’origine marocaine dans la ville de Toronto et plus de 7 500 dans l’ensemble du Grand Toronto.

Des communautés marocaines sont aussi présentes en Colombie-Britannique, en Alberta et au Manitoba, bien qu’en plus faible nombre.

«La forte présence marocaine au Québec s’explique notamment par la langue française, puisque les Marocains sont majoritairement francophones», souligne Selma Régragui.

«Mais nous observons également de plus en plus de Marocains qui choisissent l’Ontario en raison des belles conditions d’investissement et des nombreuses opportunités d’emploi qu’offre cette province.»

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Le Maroc et l’ancien Sahara espagnol, un territoire contesté. Carte: gouvernement du Canada

Des relations en croissance

Les relations entre le Canada et le Maroc connaissent une progression sur les plans économique, commercial et des liens humains, notamment à travers les mouvements migratoires, les échanges universitaires et la présence d’une importante diaspora marocaine au pays.

Selon le gouvernement du Canada, les échanges commerciaux bilatéraux ont dépassé 1,82 milliard $ en 2024, soit une hausse de 15% par rapport à l’année précédente. Le Maroc représente aujourd’hui le troisième partenaire commercial du Canada en Afrique.

«Le Maroc attire de plus en plus d’investisseurs et d’entreprises canadiennes, notamment en raison de sa stabilité, de son environnement sécuritaire et de son positionnement stratégique, entre autres», souligne Selma Régragui.

Faouzi Metouilli estime pour sa part que plusieurs pistes de collaboration entre le Canada et le Maroc demeurent encore sous-exploitées, d’où la création de la CEMC.

Une ambition nationale

La CEMC souhaite jouer un rôle de passerelle économique entre le Canada et le Maroc en misant sur le réseautage, l’accompagnement des entreprises et le développement des échanges commerciaux dans plusieurs secteurs, dont l’innovation, les technologies, les infrastructures et l’agroalimentaire.

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L’organisme a choisi Toronto comme siège social en raison du potentiel économique de la métropole canadienne. Des bureaux sont également ouverts à Montréal et à Casablanca afin d’assurer le suivi des dossiers au Canada et au Maroc.

Selon Faouzi Metouilli, la CEMC explore actuellement la possibilité d’avoir des représentants dans d’autres provinces canadiennes et régions marocaines.

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Faouzi Metouilli, président de la CEMC; Selma Regragui, vice-présidente aux communications et aux relations internationales; Salama Rhilam, vice-président à la stratégie et au développement; et Soraya Kettani, secrétaire générale. Photos: courtoisie

Un CA diversifié

Le conseil d’administration actuel est composé des membres fondateurs Faouzi Metouilli, Selma Régragui et Salama Rhilam, ainsi que de Soraya Kettani, secrétaire générale, qui a également occupé auparavant le poste de vice-présidente de l’AMDT.

Faouzi Metouilli est entrepreneur et impliqué au sein de plusieurs conseils d’administration d’organismes francophones torontois et ontariens.

Selma Régragui, entrepreneure établie à Montréal, est également présidente du Conseil national de l’insertion des compétences marocaines du monde (CNICMM).

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Salama Rhilam apporte pour sa part une expérience dans les secteurs financier et informatique et occupe également le poste de vice-président de l’Association des Marocains du Québec.

«Il existe un bon équilibre entre des profils plus jeunes et d’autres possédant davantage d’expérience et de recul au Canada. Cela nous permet de faire avancer les choses rapidement, d’autant plus que nous partageons les mêmes objectifs», explique Faouzi Metouilli.

marocains, Coupe d'Afrique des Nations
Des Marocains à Toronto lors d’un événement sportif. Photo: archives, l-express.ca

Un forum canado-marocain annuel

Les revenus de la CEMC proviendront principalement des frais de membriété, dont les forfaits varient actuellement entre 149 $ et 6 999 $ par année selon les catégories de membres.

L’organisme compte également s’appuyer sur des commandites et des collaborations avec différents partenaires institutionnels, économiques et communautaires, tant au Canada qu’au Maroc.

Parmi ses projets futurs, la CEMC ambitionne notamment d’organiser un forum économique canado-marocain annuel qui se tiendrait en alternance entre le Canada et le Maroc afin de favoriser les échanges d’affaires et les occasions d’investissement entre les deux pays.

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