Grenade, joyau d’Andalousie

Grenade, Andalousie, Alhambra, citadelle
La citadelle surplombant la ville de Grenade. Photos: Aurélie Resch, l-express.ca
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Publié 03/05/2026 par Aurélie Resch

Après avoir atterri à Malaga, je prends le train qui m’emmène à Grenade, dans le Sud de l’Espagne. Les paysages des montagnes de la Sierra Nevada défilent devant mes yeux tels des décors de westerns, tandis que remontent des souvenirs vieux de trente ans et plus. Mon adolescence touchait à sa fin lorsque j’abordais pour la première fois ce joyau d’Andalousie.

Albaicín et son atmosphère unique

La ville de Grenade se scinde en deux. Une partie occidentale, celle où se concentrent universités, restaurants, monuments, et une, orientale, Albaicín.

Grenade, Andalousie, Palais des Nasrides
La ville de Grenade vue de la citadelle.

C’est dans cette dernière que j’établis mes quartiers pour les prochains jours. J’en aime ses souks, ses parfums d’épices, ses ruelles pavées qui serpentent entre les maisons blanches à façades fleuries, ses fontaines qui chantent.

Il y a aussi une atmosphère bohème qui me plaît. Les enfants qui s’amusent dehors dans les escaliers en pierre. Les vendeurs qui s’interpellent d’une échoppe à l’autre. Les joueurs de cartes sur leur chaise en plastique.

Les jeunes qui écoutent de la musique ou en jouent sur les places. Ceux qui mangent du pain et du fromage qu’ils ont achetés dans une des épiceries du quartier, assis à même le sol et qui regardent le soleil se coucher en ce début de printemps sur les fortifications de l’Alhambra.

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Le soir, c’est une poésie qui s’empare des rues, quand les guitares résonnent, les gens claquent des mains et le palais sur la colline d’en face s’illumine. Folklore? Arabesques d’un autre temps?

Le plaisir de revenir dans un lieu que j’ai aimé jeune et qui se révèle par petites touches à ma mémoire. Parfois intact, parfois changé. On est sensible à la musique et aux atmosphères quand on est jeune.

Grenade, Andalousie, Souks Al Baicín
Dans les souks.
Grenade, Andalousie, Souks Al Baicín
Dans les souks.

L’Alhambra

Je profite de ce qu’Albaicín est comme un trait d’union entre l’Alhambra et la ville moderne pour visiter les deux et ainsi faire le grand écart entre Histoire et présent.

L’Alhambra (Al-Qal’atu Al-Hambra, qui veut dire le château pourpre) est perché sur la colline de Sabika dominant Grenade.

Au VIIIe siècle, les armées arabes et berbères partent à la conquête de la péninsule ibérique, alors gouvernée par le roi Rodric. Elles seront arrêtées dans leur élan au nord par les troupes de Charles Martel qui entend bien reprendre le pouvoir.

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Les guerriers arabes n’auront d’autre choix que de se replier dans le Sud de l’Espagne. Ils fonderont la province islamique d’Al-Andalous, instaurant Cordoue comme capitale, et rayonneront pendant huit siècles à travers leur ingéniosité culturelle, scientifique et économique.

Cette civilisation connaîtra son déclin face aux armées chrétiennes, et Grenade sera le dernier bastion qui finira par être cédé en 1492 aux rois catholiques.

Grenade, Andalousie, Alhambra
L’Alhambra.
Grenade, Andalousie, Palais des Nasrides
Grenade vue du Palais des Nasrides.
Palais des Nasrides
Détail.

Le château

Les palais des Nasrides sont un véritable éblouissement et valent bien l’effort cardio de la montée pour y arriver. Joyaux de l’Alhambra, ils composent un ensemble de maisons royales construit sous Mohamed V au XIVe siècle.

Chaque édifice rivalise de finesse et d’élégance, avec des salles spacieuses, des portes solides, des façades et plafonds sculptés d’arabesques légères comme de la dentelle, du marbre, des dorures, des statues et des bassins d’eau (un luxe dans ce coin aride du pays).

La beauté des palais est intacte et mes souvenirs remontent à la surface tandis que se succèdent les salles et fontaines. Je me souviens de celle aux lions et des jardins où l’eau courait le long des rampes au milieu d’arbres odorants et de fleurs éclatantes.

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Grenade, Andalousie, Palais des Nasrines
Dans le Palais des Nasrides.
Grenade, Andalousie, Palais des Nasrines
Dans le Palais des Nasrides.
Palais des Nasrines
Dans le Palais des Nasrides.

Les jardins

Car si les palais sont un must, n’oublions pas les jardins rafraîchissants, résonnant du chant des oiseaux et la promenade de la citadelle avec une vue grandiose sur Grenade. Un bonheur pur et une découverte rare qui saura vous marquer pour toujours, comme cela a été mon cas.

Prévoir du temps pour visiter tranquillement. Ne pas oublier de se munir d’une pièce d’identité (l’entrée est surveillée) et d’une grande bouteille d’eau, ainsi que de réserver son entrée bien en avance de votre voyage en Espagne. La réputation de l’Alhambra n’est plus à faire et les foules se poussent au portillon!

Je vous conseille le printemps pour y venir. Les températures sont encore douces et il n’y a pas encore les flux estivaux. À ne pas négliger.

Grenade, Andalousie, Palais des Nasrines
Dans le Palais des Nasrides, où l’eau est un luxe.
jardins Alhambra
Dans les jardins de l’Alhambra.

Grenade, une ville énergique et agréable

En descendant de la colline, je poursuis jusqu’au centre-ville de Grenade. De de taille humaine, la ville est vivante et gaie. On s’y sent immédiatement bienvenu.

Touristes, étudiants, commerçants, familles s’ébrouent joyeusement dans les rues et aux terrasses des bars à tapas. Les musiciens occupent les places pour faire vibrer les pierres de leurs accords.

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On peut en quelques heures faire des emplettes dans des boutiques locales, des enseignes internationales, écouter du flamenco, déguster un thé à la menthe et se remplir les yeux de l’opulence des églises.

Mention toute spéciale pour la basilique de San Juan de Dios. Les dorures omniprésentes à l’intérieur du sol au plafond vous feront tourner la tête.

Grenade, Andalousie, San Juan de Dios
La basilique San Juan de Dios.
Grenade, Andalousie, San Juan de Dios
Dans la basilique San Juan de Dios.
bar à tapas
Un bar à tapas.

Grenade se parcourt tranquillement, en prenant le temps de s’arrêter prendre un verre, systématiquement servi de tapas (petites portions de charcuteries, fromages et légumes). On peut s’en faire un vrai repas.

C’est une ville qui peut se visiter individuellement, dans le cadre d’un itinéraire qui comprendrait aussi Séville et Cordoue, ou encore qui se combinerait avec Malaga. Tout se fait en train très confortable et rapide que l’on prend dans le centre-ville.

Auteurs

  • Aurélie Resch

    Chroniqueuse voyages. Écrivaine, journaliste, scénariste. Collabore à diverses revues culturelles. Réalise des documentaires pour des télévisions francophones. Anime des ateliers d’écriture dans les écoles, les salons du livre et les centres culturels.

  • l-express.ca

    l-express.ca est votre destination francophone pour profiter au maximum de Toronto.

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